«Il y au­rait pu avoir des bles­sés et même des morts»

Le Reflet du Lac - - ACTUALITÉS - PIERRE-OLI­VIER GI­RARD p-ogi­rard@le­re­flet­du­lac.com

MÉSA­VEN­TURE. Quelques jours après que le pla­fond de leur salle à man­ger se soit com­plè­te­ment af­fais­sé, les pro­prié­taires du res­tau­rant St-Hu­bert de Ma­gog sont en­core sous le choc. Ils se disent sur­tout ex­trê­me­ment chan­ceux que les pertes se li­mitent à des biens ma­té­riels.

Ca­ro­line Proulx ve­nait à peine de quit­ter son éta­blis­se­ment en fin de jour­née, le 2 mai der­nier, lorsque l’in­ci­dent s’est pro­duit. Il était en­vi­ron 16 h, un mo­ment de la jour­née où les clients sont dé­jà ar­ri­vés pour l’heure du sou­per. Pour­tant, sans doute en rai­son du beau temps, une seule per­sonne était dé­jà at­ta­blée, exac­te­ment là où le pla­fond sus­pen­du et les plaques de plâtre se sont ef­fon­drés.

UNE DRAME ÉVI­TÉ DE PEU

Pour­tant, per­sonne n’a été bles­sé, ni même les nom­breux em­ployés. «C’est fou comment les choses se sont pas­sées, ra­conte Mme Proulx. Lorsque ça s’est pro­duit, tous les em­ployés étaient sor­tis de la salle, tan­dis que le client ve­nait tout juste de se le­ver pour re­gar­der par la fe­nêtre de quoi avait l’air la ter­rasse ex­té­rieure. Cinq se­condes plus tard, le pla­fond tom­bait. Je n’ose pas m’ima­gi­ner si la struc­ture avait te­nu une se­maine de plus, et que ça s’était pro­duit en pleine fête des Mères. Il y au­rait pu avoir des bles­sés et même des morts. »

Une deuxième sec­tion du pla­fond a cé­dé le len­de­main ma­tin. Ré­sul­tat, la salle à man­ger avait des al­lures d’un champ de ba­taille. Plu­sieurs mo­bi­liers ont été en­dom­ma­gés, de même que la ven­ti­la­tion. Bref, des dom­mages qui s’élè­ve­ront à plu­sieurs mil­liers de dol­lars. Chose cer­taine, se­lon Mme Proulx, per­sonne n’au­rait pu pré­voir un tel scé­na­rio. « Le pla­fond est là de­puis exac­te­ment 1998 et il n’y avait au­cun signe de dé­té­rio­ra­tion. Il y a même eu une ins­pec­tion du bâ­ti­ment en juin 2017. Hon­nê­te­ment, c’était im­pos­sible de pré­voir que ça al­lait se pro­duire. Avant de rou­vrir l’en­droit, on va re­faire tout ce qui est né­ces­saire, même les sec­tions qui sont de­meu­rées in­tactes. Ce n’est pas vrai que l’on va mettre en dan­ger la sé­cu­ri­té de nos clients et de notre per­son­nel une deuxième fois », as­sure la femme d’af­faires.

QUAND LE MAU­VAIS SORT S’ACHARNE

Pour le mo­ment, l’échéan­cier des tra­vaux et la cause sont en­core sous ana­lyse. Dans le «pire des scé­na­rios», la salle à man­ger pour­rait être fer­mée pen­dant un mois et de­mi. Il se pour­rait que le comp­toir à em­por­ter et le ser­vice de li­vrai­son soit fonc­tion­nels plus ra­pi­de­ment, tout dé­pen­dam­ment des dé­ve­lop­pe­ments à ve­nir.

Pour les pro­prios, il s’agit d’un autre coup dur en peu de temps. « Au dé­part, on était très dé­cou­ra­gé, confie la pa­tronne. On a ache­té le res­to en juin 2017 et dès le dé­but, on a per­du 300 000 $ en seule­ment quatre mois en rai­son de la fer­me­ture du via­duc. Et voi­là main­te­nant une autre épreuve qui s’ajoute. Une chance que la chaîne St-Hu­bert nous sup­porte, car si on avait été un pe­tit res­to in­dé­pen­dant, on n’au­rait pas pas­sé au tra­vers. »

Pour les em­ployés, qui su­bissent éga­le­ment les contre­coups de cette nou­velle mésa­ven­ture, les émo­tions ont été in­tenses. Cer­tains ont même su­bi un choc ner­veux. Par contre, la dé­so­la­tion a vite lais­sé place à l’op­ti­misme. Une at­ti­tude qui mo­tive main­te­nant toute l’équipe. « On a en­ten­du dire plein de choses de­puis l’ac­ci­dent. Une per­sonne m’a même de­man­dé si les gens ose­raient re­ve­nir après tout ça. Mais ça ne m’a ja­mais ef­fleu­ré l’es­prit. Je vis dans ce res­to de­puis l’âge de 10 ans. Ma vie est ici de­puis 30 ans, comme celle de mon conjoint qui a chan­gé de car­rière pour ve­nir en res­tau­ra­tion. On est des pas­sion­nés qui tra­vaillent des 12 à 15 h par jour. On s’est bâ­ti une clien­tèle fidèle, en plus de s’en­tou­rer d’em­ployés ex­cep­tion­nels. S’il y a une équipe qui peut se re­le­ver et sur­mon­ter cette épreuve, c’est bien la nôtre », conclut Mme Proulx.

Le res­tau­rant pour­rait res­ter fer­mer quelques se­maines avant d’ac­cueillir ses clients dans la salle à man­ger. Ce­pen­dant, la li­vrai­son et le ser­vice au comp­toir pour­raient bien­tôt re­prendre, si ce n’est pas dé­jà fait.

L’en­quête se pour­suit pour connaître les causes de l’ef­fon­dre­ment.

Le pla­fond de salle à man­ger s’est ef­fon­dré une pre­mière fois dans l’après-mi­di du 2 mai der­nier.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

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