La cré­di­bi­li­té de la Fon­da­tion de La Ruche mise à mal

Le Reflet du Lac - - TRIBUNE LIBRE -

Le jour même où l’Ins­ti­tut du Qué­bec pu­bliait un rap­port in­ti­tu­lé «Dé­cro­chage scolaire au Qué­bec : dix ans de sur­place, mal­gré les ef­forts de fi­nan­ce­ment », je vais sur le site in­ter­net du Re­flet du lac et trouve un ar­ticle in­ti­tu­lé «Il y au­ra un «bier­gar­ten» au centre-ville de Ma­gog le temps d’un week-end ». (éga­le­ment pu­blié dans l’édi­tion du 2 mai)

En ap­pa­rence, il n’y a au­cun lien entre les deux. Ce­pen­dant, en ac­com­pa­gne­ment du texte de cet ar­ticle, je dé­couvre deux pho­tos qui me laissent une très bi­zarre d’im­pres­sion.

Lorsque je re­çois le jour­nal, je le feuillette comme j’en ai l’ha­bi­tude. À l’ar­ticle en ques­tion, je constate qu’une seule photo l’ac­com­pagne.

Je re­tourne alors dans le site in­ter­net pour consta­ter que la deuxième photo n’a pas été re­ti­rée et qu’elle ac­com­pagne tou­jours l’ar­ticle.

De fa­çon gé­né­rale, je trouve qu’une telle photo n’est dé­jà pas très ap­pro­priée alors que les mes­sages se mul­ti­plient par­tout pour in­ci­ter les ci­toyens, et en par­ti­cu­lier les jeunes, à une consom­ma­tion rai­son­nable et res­pon­sable.

Elle est d’au­tant moins ap­pro­priée que, dans l’ar­ticle, on écrit qu’avec cette « ex­pé­rience » (et comme le di­saient les pro­mo­teurs du Lo­ve­ring), il y au­ra des ac­ti­vi­tés « pour toute la fa­mille ». Per­son­nel­le­ment, si je de­vais cô­toyer dans un «bier­gar­ten» des adultes dans l’état où se trouve M. Pou­liot sur la photo en ques­tion, je ne sou­hai­te­rais pas le faire en fa­mille avec de jeunes en­fants. C’est un contre-mes­sage.

Ce qui m’a tou­te­fois le plus cho­qué à la lec­ture de l’ar­ticle et en voyant la fa­meuse photo pa­rue dans le site in­ter­net du Re­flet, c’est d’ap­prendre que M. Pou­liot n’écha­faude pas ce pro­jet à titre de simple en­tre­pre­neur, mais bien à titre de pré­sident de la Fon­da­tion de La Ruche.

Ce­la est bien dif­fé­rent d’une simple ini­tia­tive pri­vée.

La Fon­da­tion de La Ruche, même avec l’in­ten­tion louable d’amas­ser des fonds pour des in­ves­tis­se­ments fu­turs à l’école, n’a rien à faire avec le plan B de son pré­sident et n’a pas à ve­nir je­ter de l’huile sur le feu d’un dos­sier qui a été pé­ni­ble­ment clos par la Ville il y a quelques se­maines, prin­ci­pa­le­ment à cause de l’en­droit où les pro­mo­teurs vou­laient l’ins­tal­ler.

La Fon­da­tion de La Ruche, par son pré­sident Todd Pou­liot, n’a pas à se faire le pro­pa­gan­diste du pro­prié­taire de ce ter­rain qui a échoué dans sa ten­ta­tive de le louer aux pro­mo­teurs du Lo­ve­ring.

En­fin, la Fon­da­tion de La Ruche n’a pas à cau­tion­ner une photo d’un homme don­nant l’im­pres­sion d’être dans un état d’ébrié­té avan­cée dans un ar­ticle en ap­pui à une ac­ti­vi­té vi­sant à amas­ser des fonds pour sa mis­sion d’ai­der La Ruche et ses étu­diants même si cette photo n’ap­pa­raît que dans le site in­ter­net du jour­nal lo­cal.

J’ose es­pé­rer que la Fon­da­tion fe­ra preuve de ju­ge­ment et qu’elle rec­ti­fie­ra le tir en pré­sen­tant au­tre­ment au pu­blic cette ac­ti­vi­té qui se vou­drait fa­mi­liale et en ac­cord avec les va­leurs d’éducation qui sont les siennes. Au­tre­ment, je de­vrai as­so­cier son si­lence au dé­cro­chage pa­ren­tal dont par­lait le mi­nistre de l’Éducation dans cer­tains de ses com­men­taires à la suite de la pa­ru­tion du rap­port de l’Ins­ti­tut du Qué­bec la se­maine dernière.

Ré­ac­tions de Todd Pou­liot en page 4. Da­niel Fau­cher

East­man

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.