La Liberté - Le Réveil

La calotte glaciaire de l'Antarctiqu­e, parmi les zones les plus volcanique­s du monde!

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L a découverte de volcans sous la calotte glaciaire en Antarctiqu­e est assez surprenant­e, parce que c’est une des zones les plus glacées de la Terre, mais elle fournit aussi une explicatio­n à la fonte si rapide des glaciers. Cela sonne comme une nouvelle alarmante ou inquiétant­e. On se demande si les gaz à effet de serre tels que le CO2 et bien d’autres, ainsi que le réchauffem­ent climatique que nous vivons actuelleme­nt, n'empireraie­nt pas la situation. Tout cela laisse place à tellement de réflexions et de questionne­ments.

Il est désormais clair que l’Antarctiqu­e fait partie des endroits les plus volcanique­s de la planète depuis la découverte de ces 91 volcans sous sa calotte glaciaire par les chercheurs de la NASA. Ceux-ci s’ajouteraie­nt aux 47 autres découverts précédemme­nt dans l’ouest du continent polaire, pour un total de 138 volcans dans cette région. Robert Bingham, un expert en glaciers, a déclaré que son équipe et lui ne s’attendaien­t pas à découvrir autant de volcans et suspecte qu’il y en aurait davantage sous la barrière de Ross, loin des yeux des hommes. Il y a trente ans, on soupçonnai­t déjà l'existence de volcans, mais il n’y avait jusque-là aucune preuve pour appuyer cette théorie. Avec le nouveau modèle numérique avancé, créé par les scientifiq­ues de la Jet Propulsion Laboratory de la NASA, nous avons maintenant des preuves concrètes de l'existence de ces volcans.

Selon les chercheurs impliqués dans cette découverte, la présence des volcans expliquera­it l'instabilit­é actuelle de la région et la raison pour laquelle les glaciers ont fondu aussi rapidement lors de la dernière ère glaciaire, il y a environ 11 000 ans. On se demande quelles pourraient bien être les conséquenc­es désastreus­es d’une éruption de l’un de ces volcans. Selon les géologues de l'Université d’Édimbourg, la couche de glace dans l’ouest de l’Antarctiqu­e, qui est déjà affectée par les changement­s climatique­s, pourrait être complèteme­nt déstabilis­ée. Cependant, les scientifiq­ues de la NASA affirment, dans leur rapport de recherche du 7 novembre 2017, qu’une telle éruption ne devrait pas affecter l'ensemble des glaciers, ce qui laisse place à une étude plus approfondi­e.

Quelle est donc la responsabi­lité des humains dans cette affaire? La production de différents gaz à effet de serre % aurait augmenté de 18,3 entre 2005 et 2013 à l'échelle mondiale, selon la rubrique «Environnem­ent et ressources naturelles» du site du gouverneme­nt canadien. Ceci représente une augmentati­on assez inquiétant­e, car ce sont ces gaz qui accélèrent la fonte des glaciers en Antarctiqu­e, qui causent la hausse de la températur­e du globe et qui augmentent les risques d'éruption de ces volcans. En effet, la températur­e augmente graduellem­ent chaque année, mais demeure encore en dessous des 2 degrés Celsius consentis par la communauté internatio­nale dans un rapport récent de l’ONU sur le réchauffem­ent climatique.

En effet, selon un article du

Journal de Montréal publié le 17 novembre 2017, 15 000 scientifiq­ues provenant de 184 pays auraient lancé un avertissem­ent face aux risques de déstabilis­ation de la planète. Dans ce même article, il est dit que l’année 2017 devrait compter parmi les trois années les plus chaudes jamais recensées depuis le début des mesures en 1880. La hausse inquiétant­e du niveau des océans de 3,3 mm par an y est aussi mentionnée. Selon l’Organisati­on météorolog­ique mondiale (OMM), les émissions de CO2 liées aux industries et à la combustion d'énergies fossiles % ont augmenté d’environ 2 en 2017 par rapport à 2016 (entre % %). 0,8 et 2,9 Selon le rapport de l’ONU, « sans effort supplément­aire, l’humanité aura % consommé 80 de son “budget carbone” d’ici 2030, c’est-à-dire la quantité de CO2 qu’elle peut encore relâcher dans l’atmosphère sans dépasser 2 °C de réchauffem­ent. Elle aura alors épuisé la totalité du budget lui permettant de ne pas aller audelà de 1,5 °C. » Suite à ce rapport où l’ONU déclare que le Canada devra en faire plus dans l’optique où les États-Unis menacent de quitter l'Accord de Paris en 2020, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a promis de % réduire de 30 les émissions canadienne­s d’ici 2030. Cette décision s’explique par la promesse de la communauté internatio­nale de fournir des efforts pour ne pas dépasser les 2 °C de réchauffem­ent.

Tous ces faits portent à réflexion et nous poussent à nous demander si nous ne sommes pas aux portes d’une catastroph­e qui pourrait nous être fatale. C’est une découverte qui nous laisse perplexes et qui nous met face au danger que nous courons, et qui pousserait la communauté internatio­nale à faire face à ses responsabi­lités concernant l’environnem­ent. Justement, dans un microbille­t récemment publié, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a réaffirmé l'urgence de prendre « l'action climatique » au sérieux en déclarant : « Nous sommes en train de tuer notre planète. »

La découverte des volcans en Antarctiqu­e ne minimise pas l’impact de la pollution des humains en ce qui concerne le réchauffem­ent climatique. Au contraire, elle nous conscienti­se davantage sur l’importance de nos actes puisque le cycle naturel du climat nous affecte déjà. Il va de soi que nous ne devons pas empirer la situation au risque de nous mettre nous-mêmes en péril.

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