HY­PO­THÈQUE: DES IN­TÉ­RÊTS DÉ­DUC­TIBLES, C’EST POS­SIBLE

Cer­taines ma­noeuvres peuvent vous per­mettre de dé­duire de vos re­ve­nus im­po­sables les in­té­rêts sur votre prêt hy­po­thé­caire. Mais il y a cer­taines condi­tions.

Les Affaires Plus - - La Une - PAR AN­NIE BOI­VIN | FISCALISTE ET PLANIFICATRICE FI­NAN­CIÈRE

Em­prun­ter pour ac­qué­rir un bien est mon­naie cou­rante. Il ne faut tou­te­fois pas sous- es­ti­mer à quel point l’in­té­rêt sur l’em­prunt vient gonf ler le coût d’achat de notre bien. Une hy­po­thèque de 100 000 dol­lars amor­tie sur 25 ans à un taux de 5% au­ra coû­té en in­té­rêt près de 23 500 dol­lars après cinq ans, et la dette res­tante se­ra de 88 500 dol­lars. Si les in­té­rêts sur l’em­prunt étaient dé­duc­tibles d’im­pôt, le coût de l’em­prunt se­rait ré­duit de 11 700 dol­lars en consi­dé­rant le taux mar­gi­nal maxi­mum d’im­po­si­tion. De quoi faire rê­ver !

Un rêve réa­li­sable pour les tra­vailleurs au­to­nomes, les pro­fes­sion­nels non in­cor­po­rés, les pro­prié­taires d’im­meubles lo­ca­tifs et les as­so­ciés de so­cié­tés en nom col­lec­tif. Lorsque ces per­sonnes em­pruntent dans le cours nor­mal de leurs af­faires et que l’ar­gent em­prun­té les aide à ga­gner, soit un re­ve­nu d’en­tre­prise, soit un re­ve­nu net de lo­ca­tion, les in­té­rêts de l’em­prunt sont alors dé­duc­tibles d’im­pôt.

Ce­ci dit, le simple fait de struc­tu­rer adé­qua­te­ment leurs em­prunts ren­dra les in­té­rêts de tous leurs em­prunts, y com­pris ceux de leur hy­po­thèque ré­si­den­tielle per­son­nelle, dé­duc­tibles d’im­pôt, ce qui n’est pas permis nor­ma­le­ment.

La tech­nique de la mise à part de l’ar­gent

Cette tech­nique de re­struc­tu­ra­tion des dettes s’ap­pelle la « mise à part de l’ar­gent ». Pour y ar­ri­ver, il faut être mé­tho­dique et dis­ci­pli­né. La pre­mière étape est d’ou­vrir un nou­veau compte ban­caire. En­suite, il faut ou­vrir une marge de cré­dit qui ser­vi­ra à payer toutes les dé­penses d’af­faires ou les dé­penses de l’im­meuble lo­ca­tif. Ain­si, l’uti­li­sa­tion des fonds em­prun­tés sur la marge de cré­dit se­ra faite à des fins ad­mis­sibles à la dé­duc­ti­bi­li­té, et les in­té­rêts payés sur la marge de cré­dit se­ront dé­duc­tibles d’im­pôt. De l’autre cô­té, on dé­po­se­ra à part, dans le nou­veau compte ban­caire, tous les re­ve­nus d’af­faires ou de lo­ca­tion. L’ar­gent ac­cu­mu­lé dans ce compte doit ser­vir à payer les prêts exis­tants qui n’étaient pas ad­mis­sibles à la dé­duc­ti­bi­li­té.

Au­tre­ment dit, les re­ve­nus servent à payer plus ra­pi­de­ment les em­prunts exis­tants et la nou­velle marge est uti­li­sée pour payer toutes les dé­penses d’af­faires ou les dé­penses re­la­tives à l’im­meuble. C’est sim­ple­ment en met­tant à part les re­ve­nus des dé­penses d’af­faires qu’au fil des ans, les em­prunts pour les­quels les in­té­rêts n’étaient pas dé­duc­tibles le de­viennent. La ma­noeuvre se­ra ter­mi­née lorsque les in­té­rêts de tous les em­prunts se­ront dé­duc­tibles d’im­pôt.

Mal­heu­reu­se­ment, les sa­la­riés ou les re­trai­tés ne peuvent pas se pré­va­loir de cette stra­té­gie. Tou­te­fois, si vous avez des pla­ce­ments et des dettes, pour rendre vos in­té­rêts dé­duc­tibles (même ceux de votre hy­po­thèque ré­si­den­tielle), vous pou­vez payer vos prêts exis­tants en ra­che­tant vos pla­ce­ments et en em­prun­tant de nou­veau pour in­ves­tir. Cette ma­ni­pu­la­tion de votre ac­tif et de vos dettes ren­dra au fil des ans les in­té­rêts de vos em­prunts dé­duc­tibles d’im­pôt.

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