Bru­ny Surin, le sprin­teur in­ves­tis­seur

Bru­ny Surin a dé­jà cra­qué pour des titres bour­siers en moins de temps qu’il ne lui en fal­lait pour fran­chir la ligne d’ar­ri­vée d’une course de 100 mètres. À l’aube de ses 50 ans, l’an­cien sprin­teur gère ses pla­ce­ments beau­coup plus pru­dem­ment.

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En quoi vos pla­ce­ments sont-ils dif­fé­rents au­jourd’hui ?

Ils sont beau­coup moins spé­cu­la­tifs qu’ils ne l’étaient quand j’avais 25 ans. Au­jourd’hui, 60 % de mon ac­tif est in­ves­ti dans des fonds com­muns. Seuls 10 %, tout au plus 15 % de mon ac­tif, sont in­ves­tis dans des titres bour­siers. Dire qu’il y a 20 ans, j’in­ves­tis­sais plus de 80 % de mes re­ve­nus à la Bourse. Je sui­vais in­ten­sé­ment les mar­chés. Même un peu trop. Je re­gar­dais chaque ma­tin les pré­vi­sions des mar­chés avant mes en­traî­ne­ments et je sau­tais l’heure du lunch pour re­gar­der l’évo­lu­tion de mes titres sur les chaînes spé­cia­li­sées à la té­lé­vi­sion. C’était presque ma­la­dif.

Qu’est-ce qui a mo­ti­vé ce chan­ge­ment de stra­té­gie ?

La crise de 2001-2002, sur­ve­nue après l’écla­te­ment de la bulle In­ter­net. J’ai vu cer­tains de mes titres dé­grin­go­ler d’au moins 50 %, voire de 75 %. Par chance, j’avais ac­cu­mu­lé beau­coup de pro­fits dans les cinq an­nées pré­cé­dentes. Je n’ai donc pas per­du d’ar­gent, mais ça m’a don­né un bon si­gnal pour l’ave­nir. Et je ne le re­grette pas. De­puis trois ans, j’ai une bles­sure au ge­nou. Mon doc­teur vou­drait que je cesse de jog­ger. Veut, veut pas, c’est un autre signe que je vieillis. Ça, ça vient me cher­cher. Il faut que je pense da­van­tage à mon ave­nir, à ce­lui de la fa­mille.

Est-ce que vous vous of­frez quand même des pe­tites fo­lies, des pe­tites gâ­te­ries ?

J’adore les vê­te­ments faits sur me­sure, les belles che­mises, les chaus­sures Pra­da. Et je suis en­core plus conscient de leur va­leur au­jourd’hui, j’en prends grand soin. Re­mar­quez, il fut un temps où je dé­pen­sais une pe­tite for­tune dans les gad­gets tech­nos. Ma car­rière d’ath­lète m’em­me­nait par­tout dans le monde, et plus par­ti­cu­liè­re­ment au

Quel est votre meilleur truc pour éco­no­mi­ser ?

J’ai tou­jours eu les pieds sur terre. Quand j’étais en­fant, mon père avait trois, si­non quatre em­plois pour faire vivre la fa­mille. Mon en­fance m’a donc in­ci­té à épar­gner. De­puis plus de 20 ans, 10 % de mes re­ve­nus an­nuels sont sys­té­ma­ti­que­ment consa­crés à l’épargne.

En­fin, quel conseil fi­nan­cier don­ne­riez-vous aux fu­turs ath­lètes pro­fes­sion­nels, aux mé­daillés des Jeux de Rio ?

Avec le suc­cès, le nom d’un ath­lète de­vient ins­tan­ta­né­ment une marque de com­merce grâce à la­quelle il peut mon­nayer son ave­nir. Dans mon cas, plus des trois quarts des re­ve­nus que j’ai réa­li­sés pro­viennent de mes vic­toires en piste. Mais cette marque ne se dé­ve­loppe pas seule. Il faut y mettre du sien et sa­voir bien s’en­tou­rer. Je n’ose pas ima­gi­ner ce qui se­rait ar­ri­vé si Bia­nelle n’avait pas été là…

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