La force de la na­ture

Les Affaires Plus - - Content - Da­niel Ger­main Chef de pu­bli­ca­tion da­niel.ger­main@tc.tc

Ça fait quelques an­nées. Le conseil fi­gu­rait dans un ar­ticle sur l’épargne qu’avait écrit un col­la­bo­ra­teur. Un pla­ni­fi­ca­teur fi­nan­cier sug­gé­rait à nos jeunes lec­teurs d’at­tendre avant de fon­der une fa­mille s’ils n’y étaient pas prêts fi­nan­ciè­re­ment. Ça m’avait fait un peu ti­quer, mais j’avais lais­sé pas­ser. C’était un ex­pert qui par­lait après tout, et son « sage » conseil a fait son che­min jus­qu’à l’im­pri­me­rie pour abou­tir fi­na­le­ment chez vous. Di­sons que ce­la a sus­ci­té quelques ré­ac­tions. Pas une ava­lanche de cour­riels ni des pro­pos agres­sifs, mais juste ce qu’il fal­lait pour me faire com­prendre mon er­reur de ne pas avoir au moins pris le té­lé­phone pour ar­gu­men­ter avec l’ex­pert.

S’il fal­lait at­tendre d’être prêt fi­nan­ciè­re­ment, le taux de na­ta­li­té se­rait en chute libre, les pa­rents se­raient plus âgés et la pa­ren­ta­li­té de­vien­drait une sorte de pri­vi­lège. Même si c’est par­fois à la dure, sou­vent avec l’aide de leur en­tou­rage, les jeunes pa­rents par­viennent le plus sou­vent à se dé­brouiller et à ré­pondre aux be­soins de leur bam­bin.

L’âge de la pa­ren­ta­li­té n’est pas ce­lui où on est le plus à l’aise fi­nan­ciè­re­ment. Les pa­rents ne sont pas au som­met de leur car­rière, les re­ve­nus, dé­jà pas très éle­vés, sont di­mi­nués par les congés pa­ren­taux. À ce­la s’ajoute sou­vent l’obli­ga­tion de trou­ver un lo­ge­ment plus grand et d’ache­ter une voi­ture. Il y a aus­si l’achat de la pous­sette, des couches, des vê­te­ments et de la nour­ri­ture. Et puis, ces nou­veaux frais de garde aux­quels viennent de goû­ter bien des pa­rents !

De l’autre cô­té, il y a une pa­no­plie de me­sures de sou­tien pour al­lé­ger le far­deau des fa­milles. Si Ot­ta­wa a pré­vu de bo­ni­fier et de sim­pli­fier son aide, les ré­gimes de sou­tien à la fa­mille, y com­pris ce­lui de Qué­bec, res­tent quand même com­pli­qués. Beau­coup de jeunes pa­rents s’y perdent ou ne les connaissent pas du tout. Cer­tains se disent même éton­nés de re­ce­voir un chèque pour avoir des en­fants.

Si on ne pla­ni­fie pas fi­nan­ciè­re­ment l’ar­ri­vée d’un en­fant comme on le fait pour un voyage, c’est quand même une bonne idée de sa­voir à quoi s’at­tendre. À cet égard, notre dos­sier est es­sen­tiel.

S’il fal­lait at­tendre d’être prêt fi­nan­ciè­re­ment, le taux de na­ta­li­té se­rait en chute libre, les pa­rents se­raient plus âgés et la pa­ren­ta­li­té de­vien­drait une sorte de pri­vi­lège.

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