Axium veut doubler de taille d’ici trois ans

Les Affaires - - Stratégies - De­nis Lalonde de­[email protected]

En­tre­prendre — D’ici la fin de 2016, Axium compte doubler à la fois son chiffre d’af­faires, qui pas­se­ra à 35 mil­lions de dol­lars (M$), et son ef­fec­tif, à 300 em­ployés.

Pour y par­ve­nir, la so­cié­té mont­réa­laise spé­cia­li­sée dans la ro­bo­tique et l’au­to­ma­ti­sa­tion d’en­tre­pôts mise sur l’en­tente de 35 M$ sur cinq ans qu’elle a si­gnée l’au­tomne der­nier avec l’amé­ri­caine Sym­bio­tic.

« Ce client avait des be­soins spé­ci­fiques pour l’au­to­ma­ti­sa­tion de ses en­tre­pôts. Il faut com­prendre que cer­tains éta­blis­se­ments sont par­mi les plus grands du monde et qu’ils peuvent conte­nir de 10 000 à 15 000 pro­duits et jus­qu’à 300 000 caisses de dif­fé­rents for­mats. Les sys­tèmes doivent donc être conçus pour ma­ni­pu­ler tous ces for­mats de caisses », ex­plique le pré­sident d’Axium, Ro­bert Jo­doin.

Ce der­nier ajoute que les em­ployés sont de moins en moins en me­sure de trans­por­ter plu­sieurs cen­taines de ki­lo­grammes de caisses à l’heure, un travail souvent ris­qué. Mal­gré tout, il af­firme que les équi­pe­ments dis­po­nibles sur le mar­ché ne per­met­taient pas jus­qu’à ré­cem­ment de ma­ni­pu­ler et de mon­ter des pa­lettes de boîtes de tailles et de formes dif­fé­rentes. « C’est là que nos so­lu­tions ro­bo­ti­sées do­tées de sys­tèmes de vi­sion ar­ti­fi­cielle in­ter­viennent. À ce stade, c’est trop com­plexe pour des hu­mains. Seuls des ro­bots ont la flexi­bi­li­té né­ces­saire pour in­ter­agir avec le sys­tème de ges­tion de l’en­tre­pôt et pour ef­fec­tuer de telles tâches », dit-il.

Sym­bio­tic ap­par­tient au géant amé­ri­cain de la dis­tri­bu­tion C&S Who­le­sale Gro­cers (CSWG), une en­tre­prise dont le chiffre d’af­faires a at­teint 21,5 milliards de dol­lars amé­ri­cains du­rant son exer­cice 2013. La so­cié­té mère dis­tri­bue des pro­duits à 5 000 mar­chés d’ali­men­ta­tion par­tout aux ÉtatsU­nis, en plus d’of­frir des ser­vices lo­gis­tiques à de grands pro­duc­teurs de l’agroa­li­men­taire et de dé­ve­lop­per des tech­no­lo­gies d’au­to­ma­ti­sa­tion des en­tre­pôts. L’en­tente avec Sym­bio­tic ga­ran­tit une di­zaine de sys­tèmes par an pour la du­rée du contrat.

Le dé­fi de la vi­sion ar­ti­fi­cielle

Do­ter les ro­bots d’une vi­sion ar­ti­fi­cielle re­pré­sente un dé­fi très com­plexe, se­lon M. Jo­doin. Ces ro­bots doivent en ef­fet prendre les caisses, les trans­fé­rer d’un convoyeur à une pa­lette et re­ve­nir à la caisse sui­vante en moins de trois se­condes. « Pour­quoi si ra­pi­de­ment ? Parce que les sys­tèmes de sto­ckage de caisses peuvent le faire à cette vi­tesse. Je ne veux pas que l’étape de la pa­let­ti­sa­tion de­vienne un gou­lot d’étran­gle­ment », dit-il.

À l’in­verse, le di­ri­geant d’Axium ex­plique que les sys­tèmes de dé­pa­let­ti­sa­tion ro­bo­ti­sés offrent un moyen ef­fi­cace d’ache­mi­ner des caisses grâce à un ré­seau de convoyeurs in­tel­li­gents vers un sys­tème d’en­tre­po­sage très au­to­ma­ti­sé.

Une niche dans l’in­dus­trie de l’au­to­mo­bile

Axium, qui réa­lise 70 % de ses re­ve­nus à l’ex­té­rieur du Qué­bec, met aus­si ses ro­bots au ser­vice de l’in­dus­trie au­to­mo­bile.

« Nous conce­vons des sys­tèmes qui per­mettent l’as­sem­blage de com­po­sants sur des ré­ser­voirs d’es­sence en plas­tique. Il s’agit de cel­lules très com­plexes. Il faut par­fois jus­qu’à 16 ro­bots pour ef­fec­tuer toutes les opé­ra­tions re­quises par les clients », ex­plique Ro­bert Jo­doin.

À son avis, la com­plexi­té dé­coule du fait que l’es­thé­tique du ré­ser­voir d’es­sence est la der­nière chose dont les in­gé­nieurs se sou­cient au mo­ment de la concep­tion d’un vé­hi­cule : « Il a par­fois l’ap­pa­rence d’une gomme à mâ­cher mal chi­quée », illustre-t-il.

Axium doit no­tam­ment ins­tal­ler des sys­tèmes de ven­ti­la­tion qui per­mettent d’évi­ter la for­ma­tion de poches d’air ou d’es­sence dans les ré­ser­voirs, ain­si que des valves de sé­cu­ri­té pour pré­ve­nir les fuites en cas d’ac­ci­dent.

Afin de se tailler une place dans le mar­ché de l’au­to­mo­bile eu­ro­péen, Axium a ou­vert il y a cinq ans une fi­liale en Croa­tie. « L’au­to­mo­bile est un mar­ché consi­dé­rable en Al­le­magne, en France et en Ita­lie. Nos so­lu­tions haut de gamme ne s’ex­portent pas comme des ta­blettes. Il faut des équipes sur place pour optimiser les équi­pe­ments en cas de be­soin », sou­tient Ro­bert Jo­doin, ajou­tant que l’en­tre­prise a aus­si des vi­sées sur le mar­ché asia­tique.

Axium, qui réa­lise 70 % de ses re­ve­nus à l’ex­té­rieur du Qué­bec, met aus­si ses ro­bots au ser­vice de l’in­dus­trie au­to­mo­bile, dit le pré­sident d’Axium, Ro­bert Jo­doin.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.