LA BÉ­NÉ­FIQUE PO­SI­TION DU LO­TUS

Les Affaires - - Stratégies -

« J’ai ap­pris à dé­cro­cher (ou à faire le vide) en fai­sant du yo­ga. Quand j’avais moins de 30 ans, il m’était fa­cile de bos­ser 20 heures par jour, de faire la fête, de prendre l’avion, de man­ger tard. Mais à la tren­taine, mon corps a com­men­cé à avoir du mal à se re­char­ger. Bâ­tir une en­tre­prise, être constam­ment sol­li­ci­té pour li­vrer ra­pi­de­ment des idées et des so­lu­tions, tout ce­la aug­mente le stress. Voi­là une dou­zaine d’an­nées, à la suite d’une bles­sure su­bie en fai­sant de l’al­pi­nisme, on m’a sug­gé­ré d’es­sayer le yo­ga. À cette époque, j’avais peur d’avoir l’air un peu ma­tante. Mais ce­la m’a pro­cu­ré un état de bien-être pro­fond, pas seule­ment phy­sique, mais men­tal. Mon es­prit agi­té – que les boud­dhistes com­parent à un singe qui saute de branche en branche – se calme dès que je dé­roule mon ta­pis de yo­ga dans la classe. Le yo­ga re­centre et per­met de mieux ali­gner les pen­sées. Il m’arrive souvent d’en­trer dans la salle avec un pro­blème, et d’en res­sor­tir avec une so­lu­tion. Parce que j’ai réus­si à faire le vide, et que les choses me sont ap­pa­rues en­suite comme une évi­dence. Dans notre so­cié­té de per­for­mance, les gens voient d’un mau­vais oeil l’idée qu’on prenne une pause quand on est dans le jus. Il est in­ter­dit de s’ar­rê­ter. Mais c’est souvent là que les choses nous ap­pa­raissent clai­re­ment. » — S. DAN­SE­REAU

Phi­lippe Meu­nier, chef de la créa­tion, Sid Lee

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