De­loitte or­chestre le dé­mé­na­ge­ment de ses 1 200 em­ployés de Mon­tréal

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La cy­ber­sé­cu­ri­té, une forte pré­oc­cu­pa­tion La cy­ber­sé­cu­ri­té fi­gure en pre­mière place par­mi les ser­vices les plus pro­met­teurs. PwC dé­ve­loppe ac­tuel­le­ment dans tout le Ca­na­da des ser­vices en stra­té­gie, gou­ver­nance et ges­tion des cy­ber-risques, ain­si que pour la mise en place d’ou­tils de sé­cu­ri­té per­met­tant de mieux gé­rer les ac­cès, les ré­seaux, les in­ci­dents, la sur­veillance des ré­seaux, les au­dits de sé­cu­ri­té et la ges­tion des me­naces et vul­né­ra­bi­li­tés, se­lon Marc Four­nier lea­der des ser­vices de cy­ber­sé­cu­ri­té pour PwC au Qué­bec. De­loitte de son cô­té a re­cru­té une di­zaine de consul­tants dans le do­maine. La firme a éga­le­ment mis en place, en jan­vier der­nier, un centre de cy­ber in­tel­li­gence char­gé d’ac­com­pa­gner les en­tre­prises dans leur ges­tion des cy­ber­risques 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. De 10 à 15 per­sonnes (spé­cia­listes en in­gé­nie­rie, don­nées scien­ti­fiques, ma­thé­ma­tiques, etc.) de­vraient être em­bau­chées dans les pro­chains mois.

« Les en­tre­prises craignent beau­coup les at­taques de pi­rates qui volent des don­nées confi­den­tielles. Ces cy­be­rat­taques peuvent mi­ner la confiance des clients et en­ta­cher la ré­pu­ta­tion des en­tre­prises. Celles-ci veulent donc être ca­pables de les dé­tec­ter ra­pi­de­ment pour pou­voir les stop­per », ex­plique Marc Per­ron, qui suc­cè­de­ra le 1er juin pro­chain à Alain Cô­té à titre de nou­vel as­so­cié di­rec­teur de De­loitte pour le Qué­bec. Il est pos­sible que des ac­qui­si­tions d’en­tre­prises tech­no­lo­giques soient réa­li­sées en 2015 en fonc­tion des oc­ca­sions du mar­ché, mais rien de pré­cis n’est en­core en cours.

RCGT dit avoir « dé­jà ga­gné beau­coup de man­dats concer­nant la cy­ber­sé­cu­ri­té avec le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral » et sou­haite main­te­nant convaincre da­van­tage d’en­tre­prises de lui confier des man­dats dans ce do­maine.

Glo­ba­le­ment, le sec­teur des tech­no­lo­gies offre de bonnes pers­pec­tives de développem­ent de l’ac­ti­vi­té de conseil des ca­bi­nets comp­tables. De­loitte cite no­tam­ment l’ana­lyse et la ges­tion des mé­ga­don­nées ( big da­ta).

Tou­te­fois, dans le mar­ché des tech­no­lo­gies, les firmes comp­tables doivent se frot­ter à de gros concur­rents bien éta­blis. « Dans les ap­pels d’offres pour ce genre de ser­vices, on ri­va­lise avec les IBM et CGI de ce monde. C’est pour ce­la qu’on a une stra­té­gie d’acquisitio­n de firmes spé­cia­li­sées afin d’avoir les bonnes res­sources pour pou­voir concur­ren­cer des en­tre­prises en TI », sou­ligne Marc Per­ron. Les ac­ti­vi­tés tra­di­tion­nelles en­core por­teuses Même si les ca­bi­nets di­ver­si­fient leurs ser­vices pour ten­ter de de­ve­nir des gui­chets uniques Dès son en­trée en fonc­tion le 1er juin, Marc Per­ron, nou­vel as­so­cié di­rec­teur de De­loitte pour le Qué­bec, de­vra pi­lo­ter un pre­mier grand dos­sier : le dé­mé­na­ge­ment des 1200 em­ployés de Mon­tréal dans les nou­veaux lo­caux de la Tour De­loitte, au dé­but juillet. Un chan­ge­ment qui est loin d’être seule­ment d’ordre ma­té­riel.

« Avec ce pro­jet, nous re­dé­fi­nis­sons la fa­çon dont nous tra­vaille­rons, dont les em­ployés in­ter­agi­ront entre eux et avec les clients », dé­crit ce­lui qui est ac­tuel­le­ment as­so­cié et chef de ca­bi­net pour le bu­reau de l’as­so­cié di­rec­teur gé­né­ral et chef de la di­rec­tion de De­loitte Ca­na­da à To­ron­to.

Des zones de tra­vail plus di­ver­si­fiées, des em­ployés moins sé­den­taires, des salles mu­nies de la­bo­ra­toires per­met­tant de ré­soudre les pro­blèmes com­plexes de clients qui né­ces­sitent des so­lu­tions tech­no­lo­giques, avec le sou­tien d’équipes mul­ti­dis­ci­pli­naires. Voi­ci ce à quoi res­sem­ble­ront les 160000pi2 de la Tour De­loitte, si­tuée au centre-ville de Mon­tréal.

« En fonc­tion de leurs be­soins du­rant la jour­née, les em­ployés pour­ront se dé­pla­cer dans les dif­fé­rents lo­caux: lire des do- cu­ments et in­ter­agir avec des col­lègues au bis­tro De­loitte, ef­fec­tuer une en­tre­vue dans une salle fer­mée ou en­core te­nir une réunion dans une salle de confé­rence do­tée de ta­bleaux dy­na­miques in­ter­ac­tifs », énu­mère Marc Per­ron.

Il est per­sua­dé que ces nou­veaux lieux gé­né­re­ront des nou­velles ma­nières de tra­vailler, ce qui « au­ra un im­pact sur la fa­çon dont on pro­cure les ser­vices à nos clients ».

L’autre pré­oc­cu­pa­tion ma­jeure du nou­veau di­rec­teur est de s’as­su­rer d’of­frir les ser­vices adé­quats dans un contexte de haute concur- rence. « Il faut tou­jours se ré­in­ven­ter pour être à l’avantgarde », dit Marc Per­ron, en sou­li­gnant le po­si­tion­ne­ment de la firme dans le cré­neau tech­no­lo­gique, dans des do­maines tels que la cy­ber­sé­cu­ri­té et l’ana­lyse de don­nées.

La force d’un ré­seau

Ce di­plô­mé en ad­mi­nis­tra­tion de l’Uni­ver­si­té de Sher­brooke juge que la so­lide pré­sence de De­loitte en ré­gion, grâce à ses 29 bu­reaux, est « une grande force ». « Il y a même des ex­per­tises dé­ve­lop­pées dans cer­tains bu­reaux ré­gio­naux qui sont sol­li­ci­tées par nos clients de Mon­tréal, comme pour les pro­grammes d’in­ves­tis­se­ments ré­gio­naux, les cré­dits ré­gio­naux de re­cherche, etc. », ex­plique ce­lui qui a pré­si­dé la Jeune chambre de com­merce de Mon­tréal au dé­but des an­nées 2000.

De nou­velles ac­qui­si­tions en ré­gion pour­raient avoir lieu si l’oc­ca­sion se pré­sen­tait, car la stra­té­gie de rayon­ne­ment lo­cale est loin d’être remise en cause par le nou­veau di­rec­teur. Au contraire: « On a dé­jà pro­cé­dé à des études qui nous ont prou­vé que c’était ren­table », in­dique Marc Per­ron. – ANNE GAI­GNAIRE

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