BER­NARD MOO­NEY : LES SIX FAC­TEURS QUI EN­RI­CHISSENT RÉEL­LE­MENT LES IN­VES­TIS­SEURS

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Est-ce que la Bourse su­bi­ra une cor­rec­tion? L’éco­no­mie glis­se­ra-t-elle en ré­ces­sion? Qu’ar­rive-t-il au dol­lar ca­na­dien? Les taux d’in­té­rêt grim­pe­ront-ils?

Voi­là des ques­tions qui tra­cassent plu­sieurs in­ves­tis­seurs. Pour­tant, elles n’ont rien à voir avec votre en­ri­chis­se­ment!

Pour­quoi ces ques­tions do­minent-elles l’ac­tua­li­té fi­nan­cière? Il y a plu­sieurs rai­sons, la pre­mière étant qu’elles sont re­la­ti­ve­ment fa­ciles à trai­ter, les don­nées éco­no­miques pu­bliées presque quo­ti­dien­ne­ment ser­vant de car­bu­rant. L’autre rai­son, c’est qu’elles sont im­por­tantes pour la plu­part des financiers.

En ef­fet, ceux-ci suivent à la trace et à la se­conde près l’évo­lu­tion des mar­chés, non seule­ment parce qu’ils croient que ce­la fait par­tie de leur tra­vail, mais parce qu’ils n’ont pas les mêmes ob­jec­tifs que vous et moi. Je vais me ci­ter en exemple, mais je suis convain­cu que la plu­part des lec­teurs se re­con­naî­tront. Je n’ai rien à foutre du fait que l’éco­no­mie progresse de 3% par an­née ou de 2%, ou en­core, que le prix de l’or fait ce­ci ou ce­la. Je veux sim­ple­ment que mon por­te­feuille me pro­cure un bon ren­de­ment à long terme.

Je me fiche de faire un ren­de­ment de zé­ro en 2015. Ce qui m’im­porte, c’est mon ren­de­ment à long terme. Je ne gagne rien, bien au contraire, à spé­cu­ler pen­dant le troi­sième tri­mestre dans le but de ter­mi­ner l’an­née avec une per­for­mance lé­gè­re­ment su­pé­rieure aux prin­ci­paux in­dices. Des ques­tions cru­ciales C’est très dif­fé­rent de ce que vivent les pro­fes­sion­nels de l’in­ves­tis­se­ment. Leur per­for­mance est scru­tée tri­mestre après tri­mestre. Chaque dé­fi­cit par rap­port à leur in­dice de com­pa­rai­son doit être ex­pli­qué. Si en scru­tant la pa­no­plie d’in­di­ca­teurs ils « de­vinent » com­ment per­for­me­ra la Bourse, ils peuvent donc sur­per­for­mer à court terme. Ain­si, ils mé­ritent de plus de gé­né­reux bo­nis et peuvent conser­ver leur tra­vail.

C’est là une dif­fé­rence im­mense: vous n’êtes pas à leur place, et in­ves­tir n’est pas votre tra­vail. Votre mis­sion est ain­si fort dif­fé­rente.

Votre but est de vous en­ri­chir au sens large et plus pré­ci­sé­ment d’in­ves­tir votre pa­tri­moine de la meilleure fa­çon pour at­teindre vos ob­jec­tifs. C’est pour­quoi je crois que vous faites une erreur lorsque vous por­tez trop at­ten­tion aux ques­tions men­tion­nées au dé­but. Pour vous en­ri­chir, les six ques­tions sui­vantes sont cru­ciales:

1Com­bien

épar­gner? Votre taux d’épargne est dé­ci­sif. Plus vous épar­gnez, plus vous met­tez du ca­pi­tal de cô­té à in­ves­tir. C’est le car­bu­rant es­sen­tiel à votre en­ri­chis­se­ment à long terme.

2Comment

ré­par­tir mon ac­tif? Il s’agit d’une autre ques­tion fon­da­men­tale. Par exemple, si vous épar­gnez 20 000$ par an­née et que vous in­ves­tis­sez 100% de ce ca­pi­tal dans des titres à re­ve­nu fixe, je vous pré­dis un en­ri­chis­se­ment lent et pé­nible, quelles que soient vos prouesses!

Par contre, si vous pla­cez 75% de cet ar­gent en ac­tions, vos pro­ba­bi­li­tés de faire fruc­ti­fier ce ca­pi­tal aug­mentent consi­dé­ra­ble­ment.

Le ren­de­ment n’est pas votre seul élé­ment à prendre en consi­dé­ra­tion. Il faut que votre ré­par­ti­tion tienne compte de votre to­lé­rance au risque, de votre si­tua­tion per­son­nelle, du nombre d’an­nées qu’il vous reste avant d’en­vi­sa­ger le dé­but du dé­cais­se­ment, etc.

3Com­bien

ça me coûte? On accorde trop peu d’at­ten­tion à ce fac­teur. Chaque dol­lar « per­du » en frais de com­mis­sion, de ges­tion ou d’ad­mi­nis­tra­tion est un dol­lar de moins pour vous en­ri­chir. Sur une pé­riode de 20 à 30 ans, ces dol­lars re­pré­sentent une for­tune qu’il vaut mieux avoir dans ses poches, tout en étant réa­liste. Car on ne peut pas et on ne doit pas cher­cher l’illu­soire « au­cuns frais », mais plu­tôt les mi­ni­mi­ser au­tant que pos­sible.

La meilleure fa­çon est sou­vent la plus fa­cile, c’est-à-dire gé­rer soi-même son por­te­feuille et né­go­cier le moins pos­sible.

4Com­bien

en im­pôts? Les im­pôts sont un can­cer qui peut vous ap­pau­vrir consi­dé­ra­ble­ment à long terme. Les comptes en­re­gis­trés comme le REER et le CELI sont deux ou­tils pré­cieux pour di­mi­nuer votre fac­ture fis­cale. Dans les comptes im­po­sables, échan­ger le moins pos­sible est le meilleur moyen d’ar­ri­ver à maxi­mi­ser son ren­de­ment après im­pôts. L’in­ves­tis­seur doit évi­ter de prendre des dé­ci­sions de pla­ce­ment gui­dées uni­que­ment par le sou­ci de ne pas payer d’im­pôts sur le gain en ca­pi­tal.

5Quels

titres choi­sir? Plus vous choi­si­rez de bons titres, sur­tout des ac­tions, mais aus­si des obli­ga­tions et des titres à re­ve­nu fixe, plus vous vous en­ri­chi­rez. C’est l’élé­ment au­quel vous de­vrez consa­crer la plus grande par­tie de votre temps.

6Com­bien

de temps ai-je? Plus vous avez de temps de­vant vous, plus votre ca­pi­tal au­ra d’an­nées pour s’ac­croître et pro­fi­ter de la puis­sance ex­tra­or­di­naire des in­té­rêts com­po­sés. Cet élé­ment peut sem­bler sim­pliste, mais la vé­ri­té est que ce fac­teur est le dé­no­mi­na­teur com­mun de toutes les grandes for­tunes.

Ces six élé­ments, sur les­quels vous avez au moins un cer­tain contrôle, sont ceux qui vous en­ri­chi­ront à long terme et au su­jet des­quels vous de­vriez vous pré­oc­cu­per. Le reste n’est que bruit et pol­lu­tion fi­nan­cière!

Ber­nard Moo­ney ber­nard.moo­[email protected] Chro­ni­queur

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