60 se­condes avec...

— Glo­ria Le­mire, pré­si­dente du Ré­seau Fem­mes­sor et de Fem­mes­sor Centre-du-Qué­bec

Les Affaires - - Actualités - Mat­thieu Cha­rest mat­thieu.cha­[email protected]

Glo­ria Le­mire, pré­si­dente du Ré­seau Fem­mes­sor

En­tre­vue 60 se­condes — Le der­nier bud­get fé­dé­ral an­non­çait 700 mil­lions de dol­lars sur trois ans (ré­ser­vés par la BDC) aux en­tre­prises di­ri­gées par des femmes. Est-ce qu’il y a des ini­tia­tives sem­blables au Qué­bec? L’an­nonce du fé­dé­ral, c’est une très bonne nou­velle, une ex­cel­lente ini­tia­tive. Qué­bec, pour sa part, fi­nance Fem­mes­sor par l’in­ter­mé­diaire du mi­nis­tère de l’Éco­no­mie, de l’In­no­va­tion et des Ex­por­ta­tions (MEIE). Je sens une grande écoute de la part des mi­nistres Jean-De­nis Gi­rard et Jacques Daoust [res­pec­ti­ve­ment mi­nistre dé­lé­gué aux PME et mi­nistre ti­tu­laire du MEIE]. On sent qu’ils ac­cordent beau­coup d’im­por­tance à la va­lo­ri­sa­tion de l’en­tre­pre­neu­riat fé­mi­nin, ils en re­con­naissent l’im­por­tance. Et c’est fon­da­men­tal. La pros­pé­ri­té éco­no­mique du pays passe par la pré­sence des femmes en af­faires. Pour­quoi faut-il en­core, en 2015, des fonds des­ti­nés aux femmes en­tre­pre­neures? Il existe pour­tant des ou­tils dis­po­nibles à tous les en­tre­pre­neurs. C’est la ques­tion qui tue! ( Rires.) Si on laisse sim­ple­ment al­ler les femmes vers les ou­tils tra­di­tion­nels, elles vont y ar­ri­ver, mais ça pren­dra du temps. Nous vou­lons être un ac­cé­lé­ra­teur. Mal­gré les dis­cours, les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières tra­di­tion­nelles ne sont pas si adap­tées que ça aux femmes. Le cadre en­tre­pre­neu­rial est en­core orien­tés vers les hommes qui veulent se lan­cer, de­ve­nir riches. Pour les femmes, la crois­sance est par­fois plus lente. Ce n’est pas la réus­site à tout prix, mais plu­tôt: « Tant mieux si ça ar­rive ». Des fois, c’est plus fa­cile d’ob­te­nir un prêt de 50 000$ que de 5 000$... Mais je suis convain­cue que ça va chan­ger en mieux. Il y a 10 ou 15 ans, être en­tre­pre­neure, c’était sou­vent un « ac­ci­dent » de par­cours. Au­jourd’hui, c’est un choix dé­li­bé­ré. Ul­ti­me­ment, le rêve, c’est que Fem­mes­sor n’ait plus be­soin d’être là.

D’ici là, quels sont les ou­tils financiers que vous of­frez ?

Nous of­frons un fi­nan­ce­ment com­plé­men­taire afin d’ai­der les femmes à me­ner leurs pro­jets à terme, dans toutes les ré­gions du Qué­bec. Pour chaque cas, nous al­lons prê­ter de 5 000$ à 35 000$. Mais ce ne sont pas des sub­ven­tions: il faut un plan d’af­faires ro­buste. Ce sont des dé­ci­sions d’af­faires prises en fonc­tion des qua­li­tés per­son­nelles des en­tre­pre­neures et de leurs pro­jets. Nous pro­po­sons aus­si du fi­nan­ce­ment en ca­pi­ta­lac­tions, en par­te­na­riat avec Ca­pi­tal Croi­sance PME (un par­te­na­riat entre la Caisse de dé­pôt et pla­ce­ment du Qué­bec et le Mou­ve­ment Des­jar­dins), pour les en­tre­prises ren­tables et en ac­ti­vi­té de­puis au moins trois ans, dé­te­nues par des femmes. Là en­core, nous pre­nons la dé­ci­sion se­lon le po­ten­tiel du pro­jet, son mé­rite. Dans ce cas, l’ap­port en ca­pi­tal va­rie de 50 000 $ à 250 000$.

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