« Evercore pro­fi­te­ra des se­cousses dans le sec­teur éner­gé­tique »

– Jean-Fran­çois Gi­rard,

Les Affaires - - Investir - 1

— Quel type d’en­tre­prises cher­chez-vous? Nous cher­chons des en­tre­prises qui ont en­core de bonnes pers­pec­tives de crois­sance. Nous évi­tons les titres « va­leur » en ce mo­ment, car, dans un contexte où les ac­tions sont plus chères, ces titres com­portent trop de risque. De plus, nous avons li­qui­dé une par­tie de nos ac­tions amé­ri­caines der­niè­re­ment. Nous avons près du tiers de notre por­te­feuille en li­qui­di­tés. Ce n’est pas fou d’avoir des li­qui­di­tés en ce mo­ment. Une grande par­tie du gain qui pou­vait être fait sur la de­vise a dé­jà été réa­li­sé. Quelle so­cié­té est sur votre écran ra­dar? J’en ai deux. Evercore (NY, EVR) est une banque d’in­ves­tis­se­ment dont près du quart du chiffre d’af­faires vient de clients dans le sec­teur éner­gé­tique. En rai­son des se­cousses que su­bit l’in­dus­trie pé­tro­lière, la banque d’in­ves­tis­se­ment se­ra là pour pro­cé­der aux fu­sions-ac­qui­si­tions, aux me­sures de re­dres­se­ment ou à la vente d’ac­tifs. Les ana­lystes sont éga­le­ment op­ti­mistes. La pré­vi­sion de bé­né­fice par ac­tion dans deux ans est pas­sée de 3,21$ à 3,72$ US. Le mar­ché voit ain­si qu’il y a des oc­ca­sions in­té­res­santes dans ce sec­teur-là. Mon deuxième choix est To­tal Sys­tem Ser­vices (NY, TSS). Elle fait le trai­te­ment des paie­ments élec­tro­niques. Les consommate­urs ont de plus en plus d’ar­gent dans leur poche grâce à la di­mi­nu­tion du prix du pé­trole. Plus les consommate­urs ont de li­qui­di­tés dis­po­nibles, plus il y au­ra de tran­sac­tions. L’amé­lio­ra­tion de l’em­ploi aux États-Unis contri­bue­ra aus­si à cette hausse. En­core cette fois, les ana­lystes ont bo­ni­fié leurs pré­vi­sions de bé­né­fices. Quelles don­nées éco­no­miques sur­veillez-vous? Nous re­gar­dons les dé­penses dis­cré­tion­naires. Au­tre­ment dit, nous ob­ser­vons l’ar­gent que les consommate­urs ont dans leur poche. La baisse du prix du car­bu­rant a une consé­quence di­recte sur les fi­nances des consommate­urs. De plus, l’in­fla­tion reste mo­dé­rée. C’est positif.

Des ob­ser­va­tions qui re­montent au dé­but des an­nées 1970 ont mon­tré que les ac­tions moins sen­sibles aux fluc­tua­tions des mar­chés af­fi­chaient des ré­sul­tats si­mi­laires à celles qui sont très sen­sibles à ces fluc­tua­tions. C’est ce qu’on ap­pelle « l’ano­ma­lie » de la faible vo­la­ti­li­té (FV).

Les cher­cheurs se tournent vers la « fi­nance com­por­te­men­tale » pour ten­ter une ex­pli­ca­tion de l’at­trait des titres vo­la­tils. Cer­tains in­ves­tis­seurs pré­fé­re­raient des titres de « crois­sance » plus ris­qués avec un plus fort po­ten­tiel de hausse, un peu comme les ache­teurs de billets de lo­te­rie. Les in­ves­tis­seurs évi­te­raient les titres im­po­pu­laires et paie­raient trop cher pour la crois­sance po­ten­tielle de l’en­tre­prise. Quand on paie trop cher, les ren­de­ments sont plus bas que pré­vu.

Au Ca­na­da, il y a main­te­nant 17 fonds né­go­ciés en Bourse (FNB) à FV, dont la va­leur bour­sière at­tei­gnait 1,5 G$ au 30 avril. Le fonds mon­dial à faible vo­la­ti­li­té TD, un fonds com­mun non co­té en Bourse, est ce­pen­dant le fonds le plus im­por­tant du Ca­na­da, avec un ac­tif de 5,4 G$.

Sous le ca­pot

Les fonds à FV n’uti­lisent pas les mêmes mé­thodes de sé­lec­tion de titres, ce qui ex­plique la forte dif­fé­rence de ren­de­ment entre fonds de la même ca­té­go­rie. Ain­si, le FNB BMO d’ac­tions ca­na­diennes à faible vo­la-

ni­veaux trop éle­vés et qu’ils ne consti­tuent plus des pla­ce­ments at­trayants, pré­vient Dan Hal­lett, vice-pré­sident et di­rec­teur, ges­tion d’ac­tifs, chez High­view Fi­nan­cial Group.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.