Vic­to­ria­ville aide les en­tre­prises à de­ve­nir plus vertes

Les Affaires - - Dossiers - Étienne Pla­mon­don Émond re­dac­tion­le­saf­[email protected]

Vic­to­ria­ville se dé­signe comme le ber­ceau du dé­ve­lop­pe­ment durable au Qué­bec. La mu­ni­ci­pa­li­té a inau­gu­ré en 2013 le parc Fi­dèle-ÉdouardA­lain, un parc in­dus­triel qu’elle veut à son image.

Près de 100 000 mètres car­rés de mi­lieux hu­mides sont pro­té­gés, soit le quart du ter­ri­toire du parc in­dus­triel. Deux cor­ri­dors fau­niques amé­na­gés au­tour des ruis­seaux per­mettent aux cerfs, re­nards et gre­nouilles de pour­suivre leur course en évi­tant le mi­lieu ur­bain.

Dans cet es­prit, la Cor­po­ra­tion de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique de Vic­to­ria­ville et sa ré­gion (CDEVR) a mis au point une mé­thode d’ac­com­pa­gne­ment des en­tre­prises afin de s’as­su­rer de l’éco­res­pon­sa­bi­li­té des bâ­ti­ments et des pra­tiques d’af­faires. Une fois l’en­tre­prise éta­blie et en ac­ti­vi­té, la CDEVR four­nit un ser­vice d’ac­com­pa­gne­ment dans les pra­tiques d’af­faires, nom­mé « Dé­marche D2 ».

« De plus en plus de grands don­neurs d’ordres et de clients ont des exi­gences en dé­ve­lop­pe­ment durable. On offre donc aux en­tre­prises un ac­com­pa­gne­ment clés en main pour qu’elles puissent ré­pondre à ces exi­gences », dit Richard Croteau, com­mis­saire in­dus­triel à la CDEVR.

Ce che­mi­ne­ment – obli­ga­toire pour les en­tre­prises du parc – s’ins­pire de la norme qué­bé­coise BNQ 21000, ins­ti­tuée par le Bu­reau de nor­ma­li­sa­tion du Qué­bec. Il a été mo­di­fié et sim­pli­fié afin qu’une PME puisse at­teindre des ob­jec­tifs si­mi­laires sans tra­ver­ser un pro­ces­sus lourd et com­plexe. Le conseiller en dé­ve­lop­pe­ment durable éta­blit un diag­nos­tic sur une dou­zaine d’en­jeux, dont l’achat et l’ap­pro­vi­sion­ne­ment res­pon­sable, les condi­tions de tra­vail des em­ployés et la ges­tion des ma­tières ré­si­duelles.

Il éta­blit en­suite un plan d’ac­tion avec l’en­tre­pre­neur pour dé­ter­mi­ner com­ment il peut amé­lio­rer ses pra­tiques sur ces ques­tions, puis il le sou­tient dans ses ana­lyses.

« C’est la ma­nière de s’as­su­rer qu’il n’y a pas seule­ment un beau bâ­ti­ment peu éner­gi­vore, mais que l’en­tre­pre­neur fait aus­si preuve d’in­no­va­tion », ex­plique Fran­cis Gau­thier, conseiller en dé­ve­lop­pe­ment durable à la CDEVR.

Pas un far­deau

Hubert Blier, pré­sident de Plan­chers HB, la pre­mière en­tre­prise à s’être ins­tal­lée sur le site en sep­tembre 2014, a bé­né­fi­cié de cette in­ter­ven­tion. L’ac­com­pa­gne­ment l’a pous­sée à aug­men­ter la hau­teur du bâ­ti­ment à 18 pieds, afin qu’il soit plus fa­cile à réuti­li­ser et à re­vendre dans le cas où l’en­tre­prise quit­te­rait les lieux.

Loin de per­ce­voir la dé­marche comme un far­deau, M. Blier l’a trou­vée ras­su­rante. « Ce­la nous per­met de sa­voir où on s’en va et d’avoir une cer­taine uni­for­mi­té sur le site. »

Plan­chers HB est en voie d’ache­ver sa Dé­marche D2. Mais la PME de quatre em­ployés a dé­jà mis en oeuvre cer­taines ini­tia­tives : des me­sures de conci­lia­tion tra­vail­fa­mille ont été éta­blies pour les em­ployés. Elle les a consul­tés pour connaître leur avis sur l’amé­na­ge­ment du bâ­ti­ment avant sa construc­tion. C’est d’ailleurs l’une des ac­tions sou­li­gnées sur un pan­neau d’in­ter­pré­ta­tion ins­tal­lé de­vant l’en­tre­prise. L’in­té­gra­tion d’un mur so­laire à l’im­meuble et l’amé­na­ge­ment d’une tran­chée drai­nante pour la ré­ten­tion de l’eau de pluie y sont aus­si ins­crits. Toute en­tre­prise qui s’éta­bli­ra sur le site au­ra un pan­neau sem­blable dé­voi­lant ses bons coups.

Cinq autres or­ga­ni­sa­tions ont fait ap­pel à ce ser­vi­ce­con­seil, qui est of­fert de fa­çon vo­lon­taire à l’en­semble des 274 en­tre­prises et 350 com­merces de Vic­to­ria­ville et de sa ré­gion. « C’est notre la­bo­ra­toire, sou­ligne Richard Croteau, en par­lant du nou­veau parc. On ap­prend à adap­ter les so­lu­tions trou­vées à tout notre tis­su in­dus­triel. »

La mu­ni­ci­pa­li­té a in­ves­ti 1,5 mil­lion de dol­lars dans la phase 1 de cette zone d’ac­ti­vi­té éco­no­mique nou­veau genre qui s’étale ac­tuel­le­ment sur 200 000 m2. Un bud­get de 3,3 M$ a été pré­vu pour l’en­semble du parc qui, à terme, cou­vri­ra 400 000 m2.

5.Créer un mi­lieu de vie. Pa­trice Ga­gnon consi­dère qu’il faut « conce­voir le parc in­dus­triel comme un mi­lieu de vie pour ses tra­vailleurs ». L’amé­na­ge­ment de parcs et d’es­paces pour les em­ployés est un élé­ment at­trac­tif. « Si les em­ployés sont heu­reux, ce se­ra plus fa­cile de les fi­dé­li­ser », dit Louis Gre­nier. Des normes sur la construc­tion des bâ­ti­ments peuvent aus­si per­mettre à un parc de se dé­mar­quer, d’« avoir un look in­té­res­sant », ajoute-t-il. — ÉTIENNE PLA­MON­DON-

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