Sim­co s’al­lie à une firme amé­ri­caine pour gran­dir à l’étran­ger

Les Affaires - - Stratégies - Fran­çois Nor­mand fran­cois.nor­[email protected]

L’union fait la force, dit l’adage. C’est pour­quoi Sim­co Tech­no­lo­gies, une firme d’in­gé­nie­rie de Qué­bec, s’est ré­cem­ment as­so­ciée à l’amé­ri­caine Struc­tu­ral Group pour ac­cé­lé­rer son ex­pan­sion sur les mar­chés étran­gers. Les deux en­tre­prises sont spé­cia­li­sées dans le ren­for­ce­ment des in­fra­struc­tures.

« Ce par­te­na­riat nous per­met­tra d’ac­croître notre pré­sence aux États-Unis et de nous im­plan­ter en Ara­bie saou­dite et aux Émi­rats arabes unis », dit le pré­sident de Sim­co, Jacques Mar­chand.

En avril, Struc­tu­ral a ac­quis une par­ti­ci­pa­tion « mi­no­ri­taire mais im­por­tante » dans le ca­pi­tal de la PME de Qué­bec, fon­dée en 1989. La hau­teur de la par­ti­ci­pa­tion de l’en­tre­prise amé­ri­caine dans Sim­co n’est tou­te­fois pas pu­blique.

Sim­co est pré­sente dans trois seg­ments de marché : les bâ­ti­ments, l’éner­gie et les trans­ports. Elle a no­tam­ment réa­li­sé aux États-Unis des contrats pour le corps des in­gé­nieurs de l’ar­mée amé­ri­caine (U.S. Ar­my Corps of En­gi­neers) et pour l’agran­dis­se­ment du canal de Pa­na­ma.

L’al­liance stra­té­gique avec Struc­tu­ral Group, éta­blie à Co­lum­bia au Ma­ry­land, lui ap­por­te­ra deux choses.

D’une part, Sim­co pro­fi­te­ra du ré­seau de l’en­tre­prise amé­ri­caine dans les Amé­riques et au Moyen-Orient. Aux États-Unis, ce ré­seau com­prend de grandes en­tre­prises dans les sec­teurs du nu­cléaire, du pé­trole et de la pé­tro­chi­mie, entre autres. « Ce­la nous donne ac­cès à de nou­veaux clients im­por­tants », dit M. Mar­chand. Struc­tu­ral a aus­si des clients dans la ges­tion d’im­meubles com­mer­ciaux.

D’autre part, grâce aux fonds ver­sés par Struc­tu­ral, Sim­co au­ra da­van­tage de res­sources fi­nan­cières à sa dis­po­si­tion pour fi­nan­cer sa crois­sance à l’étran­ger. Elles s’ajou­te­ront à celles dé­jà gé­né­rées par les ventes de la PME qué­bé­coise, qui to­ta­lisent quatre mil­lions de dol­lars ca­na­diens (celles de Struc­tu­ral s’élèvent à 60 M$ CA).

De l’ar­gent frais qui per­met­tra à Sim­co d’ou­vrir bien­tôt des bu­reaux à Du­baï, dans les Émi­rats arabes unis, et à Djed­dah, en Ara­bie saou­dite. Struc­tu­ral a d’ailleurs dé­jà deux bu­reaux aux Émi­rats arabes unis, à Du­baï et à Abu Dha­bi. Comme c’est le cas aux États-Unis, Sim­co pro­fi­te­ra du ré­seau de clients de son par­te­naire amé­ri­cain au Moyen-Orient, prin­ci­pa­le­ment dans le sec­teur des hy­dro­car­bures.

In­dé­pen­dante quand même

Sim­co veut tou­te­fois « gar­der son in­dé­pen­dance », pré­cise Jacques Mar­chand. C’est pour­quoi elle s’est as­su­rée de pou­voir réa­li­ser des contrats avec d’autres so­cié­tés spé­cia­li­sées dans les struc­tures, dans la me­sure où elles ne sont pas des concur­rentes di­rectes de Struc­tu­ral.

Cette stra­té­gie de di­ver­si­fi­ca­tion a d’ailleurs gui­dé Sim­co dans sa dé­ci­sion de choi­sir un par­te­naire comme Struc­tu­ral plu­tôt qu’un géant tel que Bech­tel, la plus grande firme amé­ri­caine de construc­tion et d’in­gé­nie­rie ci­vile, qui l’au­rait lit­té­ra­le­ment ava­lée, se­lon Jacques Mar­chand. « Elle n’est ni trop grosse ni trop pe­tite. »

L’ac­cé­lé­ra­tion de la crois­sance de Sim­co à l’étran­ger n’est pas sans risque, re­con­naît-il. La connais­sance des mar­chés est le nerf de la guerre, au pre­mier chef au Moyen-Orient. « Or, on s’aper­çoit que c’est plus com­pli­qué qu’on ne l’avait an­ti­ci­pé, no­tam­ment en ce qui a trait à l’en­vi­ron­ne­ment lé­gal. »

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