NT ME E S RE ED R

Les Affaires - - Les Affaires Investir - La pa­tience s’im­pose

L’ac­tion de Reit­mans est sur­tout at­trayante pour les ama­teurs de titres sous-éva­lués prêts à pa­tien­ter pour un éven­tuel ré­ta­blis­se­ment de sa pro­duc­ti­vi­té, grâce à un di­vi­dende de 3 % et à son en­caisse de 121,7 M$ ou 1,86 $ par ac­tion.

Fran­çois Pa­ren­teau, ges­tion­naire du Fonds De­fiance, de la firme Olos Ca­pi­tal, est l’un de ces ama­teurs d’au­baines pa­tients.

« Le dé­taillant n’est plus aus­si pros­père, mais il a réus­si à sta­bi­li­ser ses af­faires. Or, son titre est éva­lué comme s’il était voué à dis­pa­raître », dit-il. Reit­mans a ra­che­té ses pre­mières ac­tions en juin, en ver­tu du pro­gramme an­nuel de ra­chat de 10 % des ac­tions dé­voi­lé en dé­cembre. « Ça confirme que le pré­sident Je­re­my Reit­man a confiance de voir ses bé­né­fices re­bon­dir da­van­tage cette an­née », fait va­loir le ges­tion­naire. — D. BEAU­CHAMP Avec huit re­com­man­da­tions d’achat et un gain es­pé­ré de 50 % en fonc­tion du cours cible moyen de 11,42 $ des ana­lystes, il n’y a pas de doute que le re­dres­se­ment du voya­giste Tran­sat re­cèle un énorme po­ten­tiel.

Après tout, la com­pres­sion des dé­penses du voya­giste mont­réa­lais au­ra at­teint un to­tal de 155 mil­lions de dol­lars, de 2012 à 2017, une fois ses deux plans de re­struc­tu­ra­tion ache­vés.

Le nou­veau re­cul de 21 % de son ac­tion de­puis dé­cembre 2014 en dit long tou­te­fois con­cer­nant le scep­ti­cisme que sus­cite en­core le re­vi­re­ment de la so­cié­té.

La moins bonne con­jonc­ture éco­no­mique au pays et la dé­pré­cia­tion ra­pide du huard dé­jouent en par­tie les ef­forts que dé­ploie Tran­sat pour se re­dres­ser de­puis 2012.

Outre ces fac­teurs qu’elle ne contrôle pas, Tran­sat doit aus­si com­po­ser avec la concur­rence ac­crue que lui livrent les trans­por­teurs Air Ca­na­da Rouge, West­Jet et son tra­di­tion­nel ri­val Sun­wing.

« La so­cié­té se re­trouve dans la po­si­tion peu en­viable d’avoir à dé­fendre sa part de marché contre Air Ca­na­da et West­Jet, en même temps qu’elle mène une nou­velle ra­tio­na­li­sa­tion », dé­plore Ke­vin Chiang, de Mar­chés mon­diaux CIBC.

L’ana­lyste doute en­core que ses re­struc­tu­ra­tions suc­ces­sives soient suf­fi­santes pour ré­ta­blir une tra­jec­toire de ren­ta­bi­li­té durable et pour re­ga­gner ses avan­tages concur­ren­tiels.

« Tran­sat agit sur ce qu’elle peut, ses coûts in­ternes, mais elle ne peut pas com­pen­ser en­tiè­re­ment les autres fac­teurs. Mal­gré tout, son titre reste une au­baine », ex­plique Neil Fors­ter, ana­lyste de Frank­lin Tem­ple­ton.

Son ac­tion se né­go­cie en ef­fet à un mul­tiple dé­pri­mé de trois fois son bé­né­fice d’ex­ploi­ta­tion, par rap­port à une moyenne his­to­rique de cinq fois.

Un titre qui pour­rait tri­pler à long terme

Benoit Poi­rier, de Des­jar­dins Marché des ca­pi­taux, est net­te­ment plus convain­cu que le voya­giste mont­réa­lais sau­ra dé­jouer les tur­bu­lences, grâce à la plus grande flexi­bi­li­té que lui pro­curent la nou­velle conven­tion col­lec­tive d’Air Tran­sat, l’uti­li­sa­tion des plus pe­tits Boeing 737 et son nou­veau sys­tème de ges­tion.

Ses coûts di­mi­nuent plus ra­pi­de­ment que ses ta­rifs et ses re­ve­nus, avance M. Poi­rier. À court terme, l’ap­pré­cia­tion de l’eu­ro et de la livre ster­ling aide ses re­ve­nus et ses marges sur les vols trans­at­lan­tiques de la sai­son es­ti­vale.

Le re­cul de 24 % du prix du car­bu­rant de­puis le 30 avril est aus­si un baume pour le transporte­ur.

Ces deux fac­teurs, aux­quels s’ajoutent les ré­duc­tions de dé­penses de 20 M$ pré­vues en 2015, fe­ront bon­dir son bé­né­fice de 68 % à 1,87 $ par ac­tion, de 2015 à 2016, es­time-t-il.

Dans la me­sure où Tran­sat conti­nue à re­le­ver ses marges, ses flux de tré­so­re­rie pour­raient at­teindre 100 M$ en 2017, pour un ren­de­ment de 30 %. Son bé­né­fice pour­rait aus­si s’en­vo­ler jus­qu’à 2 $ par ac­tion.

À son avis, le titre a donc le po­ten­tiel de tri­pler à long terme. Et si son éva­lua­tion reste au ni­veau dé­pri­mé ac­tuel, le voya­giste pour­rait de­ve­nir une cible de choix pour des ac­qué­reurs stra­té­giques ou des fonds d’in­ves­tis­se­ment.

« Sa va­leur bour­sière équi­vaut presque à la seule va­leur de son en­caisse et de sa co­en­tre­prise hô­te­lière, ce qui n’a au­cun sens », avance l’ana­lyste de Des­jar­dins.

M. Poi­rier table aus­si sur une concur­rence moins in­tense que pré­vu de la part de ses ri­vaux, mal­gré la hausse du nombre de vols et de sièges. Ses concur­rents veulent aus­si pro­té­ger leurs marges dans la con­jonc­ture.

Son cours cible de 13 $ ne tient pas compte de la pos­si­bi­li­té que Tran­sat re­de­vienne ren­table pen­dant l’hi­ver. Si c’était le cas, M. Poi­rier ajou­te­rait 3,70 $ de plus à son cours cible.

La so­cié­té dis­pose aus­si d’un cous­sin de li­qui­di­tés ex­cé­den­taires de plus de 100 M$ qu’elle peut par­ta­ger avec ses ac­tion­naires, no­tam­ment en ra­che­tant ac­ti­ve­ment ses ac­tions. — D. BEAU­CHAMP

Trois ans après avoir presque som­bré sous le poids d’une dette de 1,7 mil­liard de dol­lars, Pages Jaunes se re­dresse suf­fi­sam­ment pour que la so­cié­té as­pire à rem­bour­ser toutes ses dettes d’ici quelques an­nées.

À la barre de­puis jan­vier 2014, le pré­sident Julien Billot s’est en­ga­gé à ré­ta­blir la ren­ta­bi­li­té et la crois­sance de Pages Jaunes d’ici 2018.

Pour l’ins­tant, le fournisseu­r de so­lu­tions mar­ke­ting aux PME a réus­si à frei­ner la chute des re­ve­nus que lui pro­curent ses bot­tins té­lé­pho­niques, tout en pré­ser­vant ses marges d’ex­ploi­ta­tion. Et ce, mal­gré d’im­por­tantes dé­penses en pu­bli­ci­té, qui visent à sti­mu­ler la force « lo­cale » de sa marque na­tio­nale, et en tech­no­lo­gie, afin d’amé­lio­rer ses sys­tèmes.

Ce­la lui per­met de bou­cler des ac­qui­si­tions afin de bo­ni­fier son offre de pro­duits nu­mé­riques et de mul­ti­plier ses points de contact avec les consom­ma­teurs, tel l’achat, en juillet, de ComF­ree/Du­Pro­prio, le qua­trième ré­seau nu­mé­rique immobilier le plus vi­si­té du Ca­na­da, pour 50 mil­lions de dol­lars. Au Qué­bec, Du­Pro­prio ob­tient 17% des ins­crip­tions.ComF­ree/ Du­Pro­prio pro­cure aus­si de la crois­sance à Pages Jaunes, puisque ses re­ve­nus ont crû à un rythme an­nuel de 20% au cours des trois der­nières an­nées.

Même si Pages Jaunes af­fronte des géants du Web tels que Google ou Fa­ce­book, les ana­lystes ont bon es­poir que le plan de relance de M. Billot fonc­tion­ne­ra et re­va­lo­ri­se­ra la so­cié­té en Bourse.

Ha­ran Posner, de RBC Mar­chés des Ca­pi­taux, se dit en­cou­ra­gé par le re­cru­te­ment de 24 800 nou­veaux clients de­puis 12 mois, l’aug­men­ta­tion de 5,6% du nombre de vi­sites sur ses dif­fé­rents sites Web et l’amé­lio­ra­tion de la pé­né­tra­tion de sa so­lu­tion YP 360 au­près de ses clients, qui dé­pensent aus­si un peu plus dans les dif­fé­rents pro­duits de Pages Jaunes.

Un nou­veau plan de com­pres­sion des dé­penses de 25 M$, qui s’éten­dra jus­qu’en 2016, de­vrait aus­si com­pen­ser les marges plus faibles de ComF­ree/ Du­Pro­prio, se­lon M. Posner.

« Bien que la réa­li­sa­tion du “plan de retour à la crois­sance” com­porte des risques et que la ren­ta­bi­li­té res­te­ra sous pres­sion à court terme, son éva­lua­tion bour­sière mo­deste offre une bonne com­pen­sa­tion », écrit-il.

M. Posner éta­blit son cours cible à 25$.

Ara­vin­da Ga­lap­pat­thige, de Ca­nac­cord Ge­nui­ty, est per­sua­dé que l’of­fen­sive de Pages Jaunes ac­cé­lé­re­ra le taux de crois­sance de ses re­ve­nus nu­mé­riques de 5 à 7%. Il fixe son cours cible à 28$. — D. BEAU­CHAMP Dans une in­dus­trie dé­jà im­pi­toyable, une con­jonc­ture moins bonne que pré­vu em­pêche en­core une fois le ca­mion­neur mont­réa­lais Trans­Force de pro­fi­ter de la stra­té­gie de conso­li­da­tion de son grand pa­tron, Alain Bédard. Ré­sul­tat: son ac­tion a per­du 27% de sa va­leur de­puis son som­met an­nuel en mars.

Pour faire pa­tien­ter ses ac­tion­naires et leur don­ner du ren­de­ment, Trans­Force ra­chète ac­ti­ve­ment ses ac­tions, verse un di­vi­dende de 3% et rem­bourse sa dette, gon­flée par ses nom­breuses ac­qui­si­tions.

Une ma­jo­ri­té d’ana­lystes croient tou­jours à l’éven­tuel re­vi­re­ment du chef de file du trans­port et de la lo­gis­tique, mais ceux-ci tem­pèrent leurs at­tentes.

« Le re­cul du pé­trole fait souf­frir sa di­vi­sion de ca­mion­nage de l’Ouest ca­na­dien et celle du trans­port d’ap­pa­reils de fo­rage aux États-Unis. Or, Trans­Force se re­tire du fo­rage et de­vrait éven­tuel­le­ment bé­né­fi­cier de la meilleure te­nue de l’éco­no­mie amé­ri­caine et de l’ef­fet de la chute du huard sur les ex­por­ta­tions ca­na­diennes », dit l’ana­lyste Ca­me­ron Doers­ken, de la Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, qui a ré­duit son cours cible de 32 à 30$ en juillet.

Il faut dire que la so­cié­té mul­ti­plie les tac­tiques pour re­le­ver ses marges et son ren­de­ment du ca­pi­tal in­ves­ti dans l’es­poir d’être re­va­lo­ri­sée en Bourse.

Trans­Force se di­ver­si­fie, éli­mine des concur­rents, vend des ac­ti­vi­tés moins ren­tables et ré­duit sans cesse ses coûts.

La so­cié­té pour­suit aus­si ses ac­qui­si­tions en série avec l’achat en juin du fournisseu­r amé­ri­cain de ser­vices de li­vrai­son du der­nier ki­lo­mètre, Ha­zen Fi­nal Mile, qu’elle in­té­gre­ra à sa di­vi­sion Dy­na­mex.

Ca­me­ron Doers­ken s’at­tend aus­si à ce que la so­cié­té vende sa di­vi­sion de ges­tion de dé­chets d’ici la fin de l’an­née et à ce qu’elle es­saime celle du trans­port par ca­mion de lots par­tiels, en 2016, afin de mettre leur va­leur en re­lief.

« Ses flux de tré­so­re­rie four­nissent un bon point d’ap­pui au titre, en at­ten­dant que les condi­tions éco­no­miques s’amé­liorent et que ses ac­ti­vi­tés pé­tro­lières perdent de leur in­fluence sur ses ré­sul­tats. En prime, la vente de la di­vi­sion des dé­chets et de celle du trans­port de lots par­tiels offre un po­ten­tiel sup­plé­men­taire », croit Maxim Syt­chev, de Mar­chés des ca­pi­taux Dun­dee.

Fa­di Cha­moun, de BMO Mar­chés des ca­pi­taux, est moins in­dul­gent que ses col­lègues en émet­tant un cours cible de 26$. Il doute que son ac­tion soit re­va­lo­ri­sée étant don­né la con­jonc­ture et son en­det­te­ment éle­vé. — D. BEAU­CHAMP

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.