In­fra­struc­tures : at­ten­tion, la hâte est mau­vaise conseillèr­e

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Les Affaires - - Actualités - Jean-Paul Ga­gné [email protected] Chro­ni­queur | ga­gne­jp

Le con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de la Ga­ran­tie de construc­tion ré­si­den­tielle (GCR) est heu­reux d’an­non­cer la nomination de M. Da­niel La­plante à titre de pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral. Ti­tu­laire d’un bac­ca­lau­réat en sciences éco­no­miques, M. La­plante a pour­sui­vi ses études au deuxième cycle en fi­nances. Il a tra­vaillé, au cours des 25 der­nières an­nées, dans le sec­teur pu­blic et dans le mi­lieu as­so­cia­tif, no­tam­ment à titre de di­rec­teur gé­né­ral. Au cours de sa car­rière, il a ac­quis une so­lide ex­pé­rience en pla­ni­fi­ca­tion stra­té­gique, en ges­tion opé­ra­tion­nelle ain­si qu’en dé­ve­lop­pe­ment et po­si­tion­ne­ment d’or­ga­ni­sa­tions. De­puis 2010, il oc­cu­pait le poste de pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral de l’As­so­cia­tion de l’in­dus­trie élec­trique du Qué­bec. Au­to­ri­sée of­fi­ciel­le­ment par la Ré­gie du bâ­ti­ment du Qué­bec (RBQ), la GCR est un or­ga­nisme à but non lu­cra­tif et in­dé­pen­dant qui a pour mis­sion d’ad­mi­nis­trer le plan de ga­ran­tie des bâ­ti­ments ré­si­den­tiels neufs pour l’en­semble du ter­ri­toire qué­bé­cois et d’as­su­rer la pro­tec­tion des ache­teurs. Elle contri­bue à l’amé­lio­ra­tion de la qua­li­té de construc­tion des bâ­ti­ments ré­si­den­tiels et pro­cède à une saine ges­tion des risques as­so­ciés aux cou­ver­tures of­fertes. Son con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion est com­po­sé ma­jo­ri­tai­re­ment de pro­fes­sion­nels du bâ­ti­ment, du droit et des mi­lieux fi­nan­cier et gou­ver­ne­men­tal nom­més par la RBQ. Il re­groupe éga­le­ment des per­sonnes iden­ti­fiées par les as­so­cia­tions de consom­ma­teurs et d’en­tre­pre­neurs. e nom­breux Ca­na­diens semblent en proie à un sen­ti­ment de pa­nique. La Bourse va mal, le prix du pé­trole est en chute, l’Al­ber­ta et la Sas­kat­che­wan s’im­pa­tientent de­vant l’op­po­si­tion aux pro­jets d’oléo­ducs qui leur per­met­traient d’ex­por­ter leur pé­trole.

Plu­sieurs Ca­na­diens ne com­prennent pas la vo­lon­té du Par­ti li­bé­ral du Ca­na­da et du gou­ver­ne­ment Tru­deau de re­ti­rer les CF-18 dans la guerre contre l’État is­la­mique en Sy­rie et en Iraq. La tra­gé­die sur­ve­nue au Bur­ki­na Fa­so a fait mon­ter l’émo­tion d’un cran. Le fait que le ma­ri d’une vic­time a rac­cro­ché le té­lé­phone au nez de Jus­tin Tru­deau (un geste théâ­tral ex­ces­sif) a fait les manchettes dans tout le pays.

Cer­tains ont vu du mé­pris dans la dé­cla­ra­tion du pre­mier mi­nistre, à Da­vos, lors­qu’il a af­fir­mé en sub­stance que le Ca­na­da n’était pas seule­ment un pays de res­sources et que sa crois­sance et sa pros­pé­ri­té re­po­saient aus­si sur sa ma­tière grise. N’est-ce pas ce que nous sommes et sur­tout ce que nous vou­lons être, soit un pays qui compte sur l’éco­no­mie du sa­voir, la science et les nou­velles tech­no­lo­gies pour as­su­rer sa pros­pé­ri­té? Ri­di­cu­li­ser une telle dé­cla­ra­tion, c’est à la fois man­quer de vi­sion et pa­ni­quer de­vant la perte d’im­por­tance des ma­tières pre­mières.

Après l’eu­pho­rie de la vic­toire élec­to­rale, le vent de fraî­cheur qui a souf­flé sur le pays et la lune de miel qui a sui­vi, le gou­ver­ne­ment Tru­deau est main­te­nant plon­gé dans la real­po­li­tik. Il y a des en­jeux com­plexes à cla­ri­fier (le rôle du Ca­na­da dans la lutte au ter­ro­risme, le pro­jet d’oléo­duc Éner­gie Est, la de­mande d’aide de 1,3 mil­liard de dol­lars de Bom­bar­dier, l’amé­lio­ra­tion de l’as­su­rance em­ploi, la ré­forme du mode de scru­tin, la loi à ve­nir sur l’aide mé­di­cale à mou­rir), des en­ga­ge­ments élec­to­raux à ou­blier et des dé­cep­tions à gé­rer pour des clien­tèles qui ont cru aux pro­messes ir­réa­listes faites pen­dant la cam­pagne élec­to­rale.

Certes, le Par­ti li­bé­ral a été élu en bonne par­tie en rai­son de sa pla­te­forme, mais les Ca­na­diens vou­laient sur­tout se dé­bar­ras­ser du gou­ver­ne­ment Har­per. Ils ont choi­si le par­ti et le chef qui re­pré­sen­taient le mieux le chan­ge­ment. Ils doivent main­te­nant as­su­mer leur choix et ac­cep­ter que le gou­ver­ne­ment re­nonce à cer­tains en­ga­ge­ments. À la dé­fense de ce­lui-ci, re­con­nais­sons que le contexte a beau­coup chan­gé de­puis l’élec­tion: in­ten­si­fi­ca­tion du ter­ro­risme, im­pact ma­jeur de l’ef­fon­dre­ment du prix du pé­trole sur les fi­nances pu­bliques, dé­con­fi­ture du dollar ca­na­dien et vo­la­ti­li­té des mar­chés fi­nan­ciers. Ne pa­ni­quons pas La pa­nique qui a ga­gné l’Al­ber­ta et la Sas­kat­che­wan a ame­né cer­tains de leurs lea­ders po­li­tiques à ré­cla­mer d’ur­gence que des in­ves­tis­se­ments de 1G$ en in­fra­struc­tures soient ra­pi­de­ment au­to­ri­sés dans leurs pro­vinces, ce à quoi le gou­ver­ne­ment Tru­deau au­rait ra­pi­de­ment ac­quies­cé.

Pour­tant, rien ne jus­ti­fie cette pré­ci­pi­ta­tion. La Sas­kat­che­wan et l’Al­ber­ta ont per­du des em­plois, mais leur taux de chô­mage était de 5,5% et de 7% res­pec­ti­ve­ment en dé­cembre der­nier, com­pa­ra­ti­ve­ment à 7,1% dans l’en­semble du pays (7,8 % au Qué­bec). ll est vrai que les in­ves­tis­se­ments sont en forte baisse dans les pro­vinces pro­duc­trices de pé­trole, mais ils le sont tout au­tant dans l’in­dus­trie mi­nière au Qué­bec. Pru­dence dans les in­fra­struc­tures Le Par­ti li­bé­ral a pro­mis d’ajou­ter 60 G$ aux 65 G$ d’in­ves­tis­se­ments dans les in­fra­struc­tures que le gou­ver­ne­ment Har­per avait pro­mis pour les 10 pro­chaines an­nées.

Plu­sieurs faits mi­litent en fa­veur de cet ef­fort: le taux de crois­sance éco­no­mique est faible (+ 1,4% en termes réels en 2016 et +2,4% en 2017, se­lon la Banque du Ca­na­da); le loyer de l’ar­gent est très bas; nos in­fra­struc­tures sont vieilles; ces inves- tis­se­ments pro­duisent des re­tom­bées à court terme (1$ d’in­ves­tis­se­ment équi­vaut à 1$ de crois­sance du PIB) à cause des sa­laires et des in­trants qui pro­fitent en grande par­tie à l’éco­no­mie lo­cale.

Le gou­ver­ne­ment pour­rait aus­si se per­mettre des dé­fi­cits de 10, 15 ou même 20G$ pen­dant quelques an­nées sans mo­di­fier vrai­ment le ra­tio de la dette fé­dé­rale sur le PIB (31 % ac­tuel­le­ment). Il de­vra tou­te­fois se mon­ter très pru­dent, puisque Ot­ta­wa su­bi­ra l’im­pact de la baisse des pro­fits des so­cié­tés ex­ploi­tant des res­sources.

Par contre, il n’y a pas lieu de se pré­ci­pi­ter. Il y a tou­jours de la crois­sance éco­no­mique au Ca­na­da. Les États-Unis, notre prin­ci­pal par­te­naire com­mer­cial, sont aus­si en crois­sance. Le dollar ca­na­dien, qui est à 0,70$ US, fa­vo­ri­se­ra les exportatio­ns et le tou­risme en pro­ve­nance de l’étran­ger, mais il dé­cou­ra­ge­ra les voyages des Ca­na­diens à l’ex­té­rieur, ce qui ai­de­ra notre éco­no­mie.

Oui aux dé­penses d’in­fra­struc­tures, mais les­quelles? Par exemple, des in­ves­tis­se­ments qui ac­cé­lé­re­raient le trans­port des per­sonnes et des mar­chan­dises, et qui ain­si ac­croî­traient la pro­duc­ti­vi­té, au­raient un im­pact à moyen et à long terme sur l’éco­no­mie. Construire un am­phi­théâtre pour une équipe de ho­ckey n’au­rait pas les mêmes re­tom­bées.

Ot­ta­wa de­vra éva­luer très sé­rieu­se­ment les coûts et les bé­né­fices des pro­jets d’in­fra­struc­tures que lui pré­sen­te­ront les pro­vinces, sé­lec­tion­ner les pro­jets les plus struc­tu­rants pour l’éco­no­mie. Il de­vra no­tam­ment ré­sis­ter aux lob­bies plus ou moins par­ti­sans qui s’abat­tront sur ses mi­nistres comme des oi­seaux ra­paces sur des proies sans dé­fense.

La ges­tion des pièces de re­change est un en­jeu cru­cial pour les en­tre­prises. Pour­tant, plu­sieurs d’entre elles sous-es­timent en­core le risque as­so­cié à la dé­faillance d’une pièce in­dis­pen­sable et à son im­pact sur la chaîne de pro­duc­tion.

C’est ce qu’ont ex­pli­qué Louis Sou­cy et Louis Rochefort, res­pec­ti­ve­ment pré­sident et conseiller prin­ci­pal en ges­tion d’ac­tifs chez Systemex In­dus­tries Conseils, lors d’une confé­rence or­ga­ni­sée ré­cem­ment par le Groupe Les Af­faires.

Systemex, de Mont-Royal, est spé­cia­li­sée en main­te­nance, en fia­bi­li­té, en ges­tion du risque et en mise en per­for­mance des équi­pe­ments. Ses di­ri­geants af­firment que les en­tre­prises peuvent faire des gains de pro­duc­ti­vi­té im­por­tants en gé­rant mieux leurs pièces de re­change. « Ce­la per­met d’op­ti­mi­ser leur in­ven­taire et de ré­duire leurs coûts », in­dique Louis Rochefort.

Une meilleure ges­tion évite des im­pacts po­ten­tiel­le­ment ca­tas­tro­phiques pour les en­tre­prises. Ces ef­fets vont du risque à la san­té et à la sé­cu­ri­té des em­ployés jus­qu’à l’ar­rêt to­tal de la pro­duc­tion, en pas­sant par la perte d’un client.

Quatre cri­tères à suivre

Systemex pro­pose une ap­proche fon­dée sur la ges­tion du com­pro­mis risque/ coût. « Les en­tre­prises de­vraient suivre quatre cri­tères », pré­cise Louis Sou­cy.

Il s’agit : de la consé­quence d’une dé­faillance ; de la cri­ti­ci­té d’une pièce ; de la ca­dence de la pro­duc­tion et du cycle d’ap­pro­vi­sion­ne­ment.

Pre­nons l’exemple d’une pièce d’équi­pe­ment qui fait dé­faillance dans une en­tre­prise.

Dans le cas où cette dé­faillance n’a au­cune consé­quence sur la pro­duc­tion, parce que la so­cié­té compte sur un sys­tème pa­ral­lèle pou­vant prendre le re­lais, il n’y a au­cun in­té­rêt ra­tion­nel à gar­der cette pièce d’équi­pe­ment en stock.

À l’op­po­sé, les dé­faillances ca­chées re­pré­sentent une me­nace ma­jeure pour les en­tre­prises. Il s’agit par exemple d’une valve de sé­cu­ri­té qui ne fonc­tionne pas de­puis cinq ans, mais dont per­sonne ne sait qu’elle est bri­sée, car au­cune si­tua­tion d’ur­gence n’a été dé­clen­chée du fait de cette dé­faillance. On peut aus­si ima­gi­ner un cous­sin gon­flable dé­fec­tueux dans une voi­ture : im­pos­sible de dé­ce­ler sa dé­faillance avant qu’un ac­ci­dent ne se pro­duise.

« Une en­tre­prise doit connaître toutes ses dé­faillances ca­chées po­ten­tielles afin de sa­voir si elle stocke ou non une pièce, dit Louis Sou­cy. Si vous ne le sa­vez pas, vous êtes une bombe à re­tar­de­ment ! »

Oli­vier Cuille­ret, de Fauve & As­so­ciés, pour­suit : « Le CV est mort et en­ter­ré ! Plus per­sonne, ou presque, ne s’en sert au­jourd’hui. Tout le monde uti­lise Lin­kedIn pour trou­ver la crème de la crème », lance-t-il, en pré­ci­sant que « Lin­kedIn est beau­coup plus qu’un ser­vice de CV en ligne, c’est un puis­sant mo­teur de re­cherche pour les em­ployeurs comme pour les per­sonnes à la re­cherche de nou­velles op­por­tu­ni­tés pro­fes­sion­nelles ».

Ce­la étant, le son­dage met au jour une ten­dance émer­gente, à sa­voir les ten­ta­tives crois­santes de trou­ver la perle rare... sans pas­ser par le Web!

Quelques en­tre­prises pion­nières (1 sur 10 par­mis celles son­dées) semblent en ef­fet mi­ser fran­che­ment sur le ré­seau de re­la­tions de leurs em­ployés pour dé­ce­ler les can­di­dats po­ten­tiels les plus in­té­res­sants. « Cette don­née est in­té­res­sante, en ce sens qu’on n’en est qu’au dé­but d’une vague ap­pe­lée, je crois, à ga­gner en im­por­tance dans les pro­chaines an­nées. En ef­fet, des études ré­centes sur les nou­velles gé­né­ra­tions – Y et Z – montrent que la re­lève s’ap­puie beau­coup plus que les autres sur leur ré­seau pour sur­mon­ter une dif­fi­cul­té ou pour trou­ver un em­ploi. À suivre, donc... », es­time Fran­cine Sa­bou­rin, de l’Ordre des CRHA.

Un signe ne trompe pas pour ce qui est de l’im­por­tance à ve­nir de cette ten­dance émer- gente: les com­pé­tences les plus pri­sées ac­tuel­le­ment par les em­ployeurs ont toutes trait à la fa­cul­té de la re­crue de gran­dir en har­mo­nie au sein de l’éco­sys­tème qu’est l’en­tre­prise. Au­tre­ment dit, à sa ca­pa­ci­té à s’in­té­grer et à évo­luer au sein de son nou­veau ré­seau de re­la­tions – les membres de sa nou­velle équipe, son nou­veau pa­tron, ses nou­veaux clients, etc.

De fait, 62% des en­tre­prises consi­dèrent que la prin­ci­pale com­pé­tence que doit avoir un

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