Pour­rai-je lais­ser un hé­ri­tage à ma fille han­di­ca­pée?

Les Affaires - - Investir - CLI­NIQUE REER

Êtes-vous en voie d’at­teindre l’in­dé­pen­dance fi­nan­cière à votre re­traite? Chaque se­maine, nous vous pré­sen­tons la si­tua­tion de lec­teurs qui se sont po­sé la ques­tion. Un pla­ni­fi­ca­teur fi­nan­cier a étu­dié leur dos­sier et rend ju­ge­ment.

n des pires dé­buts d’an­née de l’his­toire pour les Bourses nor­da­mé­ri­caines a pro­ba­ble­ment ébran­lé cer­taines de vos convic­tions en tant qu’in­ves­tis­seur mi­sant sur le long terme. Ce­la vous a peut-être pous­sé à prendre des dé­ci­sions sur le coup de l’émo­tion.

Ache­ter en pro­fi­tant d’au­baines pen­dant que les in­dices plongent? Ou­bliez ça, M. Clé­rouin !

Si les Bourses du monde baissent au­tant, c’est qu’une nou­velle crise de l’am­pleur de celle de 2008-2009 est à nos portes. Les in­ves­tis­seurs re­niflent la ré­ces­sion qui au­ra lieu dans six ou neuf mois, vous êtes-vous peut-être dit.

Il est ex­cu­sable d’avoir le ré­flexe de s’in­quié­ter quand les manchettes an­noncent le pro­chain Ar­ma­ged­don fi­nan­cier. C’est d’au­tant plus ex­cu­sable quand le prix du ba­ril de pé­trole s’étiole chaque jour et glisse sous les 28$ US, alors que de grands ex­perts pré­di­saient, il y a quelques an­nées à peine, que le prix du ba­ril ne des­cen­drait plus sous les 150$ US.

Mais, vous êtes-vous de­man­dé, si le mar­ché avait tort, c’est-à-dire si l’opi­nion gé­né­rale des in­ves­tis­seurs était er­ro­née ? in­ves­tis­seurs n’est pas plus éle­vé que le QI­moyen de chaque in­ves­tis­seur pris in­di­vi­duel­le­ment. Et en Bourse, chaque par­ti­ci­pant a un poids équi­valent, la va­leur du vote de l’in­ves­tis­seur brillant étant égale à celle du néo­phyte.

Ce­la fait naître des mou­ve­ments de trou­peau qui re­lèvent par­fois de l’hys­té­rie. Et pousse des in­ves­tis­seurs pa­ni­qués à vendre des ac­tions en jus­ti­fiant leur dé­ci­sion par une don­née éco­no­mique plus faible que pré­vu en Chine, même si l’ef­fet du ra­len­tis­se­ment du géant asia­tique sur l’éco­no­mie amé­ri­caine est li­mi­té.

Pro­fi­ter des mo­ments d’éga­re­ment

Le mar­ché est peut-être juste, mais il n’y a pas de rai­sons suf­fi­santes d’af­fir­mer qu’il en­tre­voit le fu­tur avec exac­ti­tude.

C’est dans ces mo­ments d’éga­re­ment du mar­ché que l’in­ves­tis­seur in­tel­li­gent, qui veut ob­te­nir des ren­de­ments su­pé­rieurs à la moyenne, peut pro­fi­ter des oc­ca­sions qui se pré­sentent.

N’est-ce pas ce qui est le plus lo­gique de faire, ache­ter des en­tre­prises de qua­li­té à des prix dé­pri­més qui ne re­flètent pas leur réelle va­leur in­trin­sèque ? Quand le prix d’un bien de grande va­leur baisse, on veut en ache­ter da­van­tage, et non l’in­verse.

Si les élé­ments fon­da­men­taux des en­tre­prises que vous sui­vez ne se sont pas dé­gra­dés, mais que le cours de l’ac­tion chute, ce­la de­vrait ré­veiller le chas­seur d’au­baines en vous.

Il est im­pos­sible de pré­voir le mo­ment idéal pour faire le plein du titre convoité, car son cours peut bais­ser après votre achat. C’est ce qui freine beau­coup d’in­ves­tis­seurs : la peur d’ache­ter trop tôt.

Comme le ré­su­mait un ta­len­tueux ami in­ves­tis­seur ré­cem­ment, « je peux avoir l’air con à court terme en ache­tant, mais je pense qu’en fonc­tion du prix que je paie au­jourd’hui cer­tains titres, je de­vrais réa­li­ser un rendement dé­cent sur un ho­ri­zon de trois à cinq ans ». Cet ami me don­nait l’exemple des titres des banques ca­na-

com­prend non seule­ment des fi­du­cies, mais aus­si des so­cié­tés im­mo­bi­lières. Ces der­nières ont mieux fait en 2013 et 2014, no­tam­ment Brook­field Of­fice Pro­per­ties qui, jus­qu’à son re­trait en juin 2014, à la suite d’une re­struc­tu­ra­tion de l’en­tre­prise, comp­tait pour 14% de l’in­dice.

Com­bi­ner des FNB d’ac­tions de dif­fé­rents four­nis­seurs sans vé­ri­fier ce qui manque ou se che­vauche

L’offre éten­due de FNB vous per­met de bâ­tir un por­te­feuille en y in­té­grant toutes les ca­té­go­ries et sous-ca­té­go­ries d’ac­tifs ima­gi­nables, voire par­fois in­ima­gi­nables… Pour­tant, une di­ver­si­fi­ca­tion ef­fi­cace sur­classe l’agré­gat de pro­duits de dif­fé­rents four­nis­seurs.

Par exemple, si vous com­bi­nez le SPDR S&P 500 ( SPY), le FNB le plus échan­gé du monde, et le Van­guard Mid-Cap ( VO), vous dé­tien­drez des so­cié­tés amé­ri­caines de grande et de moyenne ca­pi­ta­li­sa­tion par l’in­ter­mé­diaire de deux in­dices dont la mé­tho­do­lo­gie dif­fère. En re­gar­dant de plus près leur conte­nu, on constate que le Van­guard Mid-Cap dé­tient en­vi­ron un tiers de grandes ca­pi­ta­li­sa­tions, mal­gré son nom… Quant au SPY, il se com­pose à près de 10% de titres de taille moyenne. De tels che­vau­che­ments vous ex­posent peut-être da­van­tage à un seg­ment de mar­ché que vous ne le sou­hai­te­riez.

Les risques de tom­ber in­va­lide au point de ne plus pou­voir ga­gner sa vie du­rant une pé­riode pro­lon­gée fluc­tuent pas­sa­ble­ment d’un in­di­vi­du à l’autre. Plu­sieurs per­sonnes se de­mandent ain­si s’il vaut la peine de se pro­té­ger contre ce risque.

Afin d’avoir une idée des pro­ba­bi­li­tés que re­pré­sente le risque d’in­va­li­di­té, on fait gé­né­ra­le­ment ré­fé­rence à des tables « de mor­bi­di­té », dé­ve­lop­pées par la So­cie­ty of ac­tua­ries et connues sous le nom de Com­mis­sio­ners’ Di­sa­bi­li­ty Tables.

Les pro­ba­bi­li­tés va­rient de 10 % à 70 % se­lon les ha­bi­tudes de vie de la per­sonne et son état de san­té. Mais at­ten­tion : en moyenne, lors­qu’une per­sonne est in­ca­pable de tra­vailler pen­dant au moins trois mois, elle l’est pen­dant… trois ans ! Ce­la si­gni­fie donc qu’elle su­bi­ra une perte de re­ve­nu pen­dant tout ce temps. Il y a de quoi chan­ger le por­trait fi­nan­cier de la fa­mille. Les femmes ont des pro­ba­bi­li­tés plus éle­vées à cause des risques liés à la ma­ter­ni­té.

On com­prend que le vé­ri­table risque d’une in­va­li­di­té est ce­lui de ne plus pou­voir faire face à ses obli­ga­tions fi­nan­cières, faute de re­ve­nu ré­gu­lier : payer le prêt hy­po­thé­caire, le prêt-au­to, les études des en­fants... Sans comp­ter qu’une in­va­li­di­té peut aus­si en­gen­drer des frais, par exemple pour de l’aide à do­mi­cile ou un ré­amé­na­ge­ment de la ré­si­dence.

Un scé­na­rio pes­si­miste Por­teur du scé­na­rio pes­si­miste, M. Cher­niavs­ky re­con­naît que les bé­né­fices d’Air Ca­na­da ont beau­coup pro­gres­sé au cours des trois der­niers tri­mestres. Il at­tri­bue ce­pen­dant cette si­tua­tion es­sen­tiel­le­ment à la baisse du prix du pé­trole. Cette chute a fait fondre la note de car­bu­rant et a gon­flé les marges du trans­por­teur.

Or, nous ar­ri­vons (si nous n’y sommes pas dé­jà) à un creux pé­tro­lier. Ce qui veut dire que nous ap­pro­chons aus­si de la fin du ca­ta­ly­seur.

Comme si ce n’était pas as­sez, ren­ché­rissent les pes­si­mistes, l’in­dus­trie aé­rienne aug­mente sa ca­pa­ci­té. Celle d’Air Ca­na­da de­vrait grim­per de plus de 9% en 2016, tan­dis que celle de WestJet pour­rait bon­dir de 8 à 11%. Ce ne se­rait pas né­ces­sai­re­ment une mau­vaise chose dans un mar­ché en crois­sance, mais les si­gnaux émis par l’éco­no­mie ca­na­dienne sont in­cer­tains, et il y a fort à pa­rier qu’on se di­rige vers une si­tua­tion de sur­ca­pa­ci­té. Qui dit sur­ca­pa­ci­té dit fonte des prix. Et comme cette sur­ca­pa­ci­té s’ex­plique par un ajout, il faut aus­si dire hausse des coûts.

Dans un tel contexte, où le ni­veau ac­tuel du bé­né­fice est me­na­cé, pour­quoi les mul­tiples ap­pli­qués aux bé­né­fices aug­men­te­raient-ils ? de­mande M. Cher­niavs­ky.

Il est vrai qu’ils sont faibles, mais, lors des som­mets cy­cliques, les titres de so­cié­tés aé­riennes semblent tou­jours peu chers. Il est éga­le­ment vrai qu’ils sont plus faibles qu’aux États-Unis (Air Ca­na­da est à 3,2 fois le bé­né­fice avant in­té­rêts, im­pôts, amor­tis­se­ment et lo­ca­tion pré­vu pour 2015 alors que la moyenne des grands trans­por­teurs amé­ri­cains est à 4,7 fois). Mais l’écart est jus­ti­fié parce que les Amé­ri­cains n’ajou­te­ront pas au­tant de ca­pa­ci­té qu’au Ca­na­da en 2016, disent les pes­si­mistes.

Ver­dict

Au fi­nal, la ques­tion en est une d’ap­pré­cia­tion du risque et du po­ten­tiel, étant don­né le ni­veau ac­tuel d’éva­lua­tion du titre du trans­por­teur aé­rien mont­réa­lais

M. Doerk­sen in­dique qu’his­to­ri­que­ment, l’ac­tion d’Air Ca­na­da s’est né­go­ciée à un ra­tio de 4 à 5 fois le bé­né­fice avant in­té­rêts, im­pôts, amor­tis­se­ment et lo­ca­tion (BAIIAL).

Il se né­go­cie ac­tuel­le­ment à 3,1 fois le bé­né­fice pré­vu pour 2015.

Ne re­te­nons pas ce re­père. Il est tein­té par un faible prix du car­bu­rant, à 0,63 $ CA le litre (même si le prix ac­tuel, au dé­but de 2016, est en­core plus bas, à 0,44 $).

Pre­nons plu­tôt l’an­née 2014, alors que le prix du car­bu­rant était en moyenne de 0,90 $ CA le litre (avec un ba­ril pen­dant 10 mois au-des­sus des 80 $ US). Sur le bé­né­fice de cette an­née 2014, le titre est à 4,5 fois le BAIIAL. C’est-à-dire, en plein au mi­lieu de la four­chette d’éva­lua­tion his­to­rique.

Comme le prix du car­bu­rant ne de­vrait pas re­mon­ter à un tel ni­veau et qu’Air Ca­na­da est dans une si­tua­tion fi­nan­cière et concur­ren­tielle plus so­lide qu’his­to­ri­que­ment, quelque chose nous dit que le titre de­vrait va­loir plus de 8 $.

À ce ni­veau, le risque de re­cul n’est pas ab­sent, mais l’am­pleur de ce re­cul semble li­mi­tée.

Il se­rait éton­nant que le titre du trans­por­teur double dans la pro­chaine an­née, mais il pour­rait bien y avoir ici un rap­port risque/rendement in­té­res­sant.

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