Cham­pions du bon­heur

Les Affaires - - Événement Les Affaires - Oli­vier Sch­mou­ker oli­vier.sch­mou­[email protected] Chro­ni­queur | @OSch­mou­ker C Chro­nique

S alut, comment ça va ? » Cette ques­tion, nous nous la po­sons les uns les autres tous les jours, car elle nous sert de prin­ci­pal in­di­ca­teur du ni­veau de sa­tis­fac­tion de ceux qui nous sont proches. Les éco­no­mistes ont fi­ni par le réa­li­ser, si bien que les études sur cet in­di­ca­teur se mul­ti­plient. C’est ain­si que Sta­tis­tique Ca­na­da s’est ré­cem­ment pen­ché sur les dis­pa­ri­tés du de­gré de sa­tis­fac­tion dans la vie à l’échelle du pays.

Ré­sul­tat? Le Qué­bec ar­rive en tête puis­qu’il oc­cupe trois places du top 5 des ré­gions ca­na­diennes où il fait bon vivre, les heu­reuses élues étant Sa­gue­nay, Trois-Ri­vières et Qué­bec.

Quand on re­garde les don­nées avec pré­ci­sion, on note que la ré­gion de Qué­bec sort du lot: par exemple, c’est l’un des rares en­droits du Ca­na­da où il ya à la fois très peu de gens in­sa­tis­faits et beau­coup de gens sa­tis­faits dans la vie; c’est éga­le­ment l’un des en­droits où le taux de chô­mage (une nui­sance au bon­heur glo­bal) est au plus bas.

Main­te­nant, y a-t-il des gens plus heu­reux que d’autres dans la ré­gion de Qué­bec? C’est ce que j’ai te­nu à sa­voir. Pour m’en faire une idée, j’ai com­men­cé par re­gar­der ce qui fai­sait, en gé­né­ral, le bon­heur des gens...

Plu­sieurs fac­teurs semblent dé­ter­mi­nants à ce su­jet, se­lon Sta­tis­tique Ca­na­da. À com­men­cer par le fait de ré­si­der dans une pe­tite col­lec­ti­vi­té, où l’on jouit d’un bon an­crage so­cial et où l’on évo­lue en har­mo­nie avec les autres. Ce qui re­joint une autre étude, si­gnée par le ca­bi­net-conseil Gal­lup, qui a mis au jour six in­di­ca­teurs du bon­heur dans la vie. Deux sont pu­re­ment éco­no­miques : le pro­duit in­té­rieur brut par ha­bi­tant et l’es­pé­rance de vie saine. Les quatre autres sont liés au ré­seau de connexions dans le­quel cha­cun évo­lue : le fait d’avoir des proches sur qui comp­ter ; d’être en me­sure d’ex­pri­mer son libre ar­bitre ; de pou­voir ex­pri­mer sa gé­né­ro­si­té en­vers les autres ; et d’être confiant en l’ave­nir. Bref, il convient de vivre dans un « vil­lage ur­bain ».

J’ai en­suite re­gar­dé si un tel joyau exis­tait bel et bien dans la ré­gion de Qué­bec. Et je suis tom­bé sur dif­fé­rentes études de l’Ins­ti­tut de la sta­tis­tique du Qué­bec (ISQ) por­tant sur la vi­ta­li­té éco­no­mique de la pro­vince qui poin­taient toutes dans une di­rec­tion très pré­cise, vers un point qui brillait de mille feux :

> Une po­pu­la­tion en plein boom, avec la plus forte pro­gres­sion du­rant la der­nière dé­cen­nie à l’échelle du Qué­bec (+ 61,4 ‰) ;

> Une po­pu­la­tion ac­tive, avec le deuxième taux de tra­vailleurs de 25-64 ans le plus éle­vé de la pro­vince (85,4 %) ;

> Une po­pu­la­tion jeune, avec la deuxième moyenne d’âge la plus basse du Qué­bec (33,7 ans). Ce point s’ap­pelle... Sainte-Bri­gitte-de-La­val. Ne fai­sant ni une ni deux, j’ai fi­lé vers SBDL, si­tué à une de­mi-heure au nord-est de Qué­bec. Le vil­lage de 7 500 âmes est ni­ché dans un écrin de mon­tagnes ver­doyantes.

Le boom im­mo­bi­lier est vi­sible d’em­blée, à l’image du do­maine en chan­tier Es­pace Pur, com­po­sé de 36 mi­ni­mai­sons à l’em­preinte éco­lo­gique mi­ni­male. Des pe­tites fa­milles, des re­trai­tés, des cé­li­ba­taires ori­gi­naires de Mont­calm, de Val-Bé­lair et même de Trois-Ri­vières s’ap­prêtent à en faire leur ré­si­dence prin­ci­pale, his­toire de vivre dans la na­ture. « Le do­maine jouxte une mon­tagne pri­vée où on va no­tam­ment amé­na­ger une pis­cine et des sen­tiers », ex­plique, ra­dieuse, Ma­non Cha­bot, char­gée de pro­jet de Cha­bot Construc­tion, res­pon­sable d’Es­pace Pur.

Un peu plus loin, tout au bout d’une route en terre, je dé­couvre une mai­son blot­tie au coeur des bois, digne des ma­ga­zines de dé­co: une struc­ture en poutres équar­ries, des baies vi­trées de tous les cô­tés, une grande che­mi­née cen­trale et un plan­cher fait de larges planches de pin. C’est là le pe­tit coin de pa­ra­dis d’An­co­lie Sé­guin, de son conjoint Si­mon Pa­quet et de leurs trois en­fants de 5, 10 et 11 ans.

Le couple de tren­te­naires a ache­té le ter­rain de deux mil­lions de pieds car­rés au dé­but de la ving­taine et y a bâ­ti de ses mains la mai­son, en plus d’une ca­bane à sucre juste pour eux, dans la fo­rêt. Avec le frère d’An­co­lie, Saule, ils sont à la tête d’une PME spé­cia­li­sée dans l’amé­na­ge­ment pay­sa­ger haut de gamme, Les Jar­dins de vos Rêves, qui a rem­por­té l’an der­nier le pre­mier prix du Concours d’amé­na­ge­ment pay­sa­ger de l’As­so­cia­tion des pay­sa­gistes pro­fes­sion­nels du Qué­bec (APPQ).

« Je ne vi­vrais pour rien au monde ailleurs qu’à SBDL, dit An­co­lie, tout sou­rire. On a tout pour être heu­reux, ici : la na­ture, l’air pur, la vie de vil­lage. Nos amis sont tous de jeunes pa­rents, on se re­trouve chez les uns et chez les autres, n’im­porte quand, pour un bar­be­cue ou pour une bai­gnade dans la Mont­mo­ren­cy. Pour l’ali­men­ta­tion, je m’ap­pro­vi­sionne en grande par­tie à un groupe d’achat de pro­duits bio, que je ré­cu­père chaque se­maine à l’église. »

L’hi­ver, les ac­ti­vi­tés de la PME en amé­na­ge­ment pay­sa­ger tournent au ra­len­ti. Alors, la pe­tite fa­mille joue les globe-trot­ters : « En jan­vier et en fé­vrier, nous avons été au Cam­bodge et au Laos », me confie-t-elle avant de mur­mu­rer : « En en par­lant, je réa­lise que, sur l’échelle du bon­heur, on ne doit pas être loin du 100 %. »

Voi­là. Le bon­heur existe, je l’ai ren­con­tré. Il ré­side à SBDL, même si, sû­re­ment, tout ne doit pas tou­jours y être par­fait. Et il se tra­duit peut-être par – qui sait ? – le couple le plus heu­reux du Ca­na­da...

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sup­plé­men­taire pour le zinc, l’ar­gent et le plomb. De 2014 à 2016, des tra­vaux exé­cu­tés par Mines Vir­gi­nia (de­ve­nue par la suite Ex­plo­ra­tion Osis­ko Baie-James) ont me­né à la dé­cou­verte de nou­velles mi­né­ra­li­sa­tions au­ri­fères aux te­neurs va­riant de 2,13 à 10,7 grammes d’or par tonne de mi­ne­rai. Dans le cadre de l’ac­cord entre les deux so­cié­tés, Bar­rick Gold de­vra en­ga­ger une somme de 15 mil­lions de dol­lars (M$) pour des tra­vaux d’ex­plo­ra­tion d’ici le 31 dé­cembre 2020, en échange de quoi elle pour­ra ac­qué­rir un in­té­rêt de 70 % dans la pro­prié­té Kan.

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