« C’est le mo­ment de s’éloi­gner du mar­ché amé­ri­cain »

– Sté­phane Mar­ti­neau, vice-pré­sident et ges­tion­naire de por­te­feuille chez Va­leurs mo­bi­lières Des­jar­dins

Les Affaires - - Courrier du lecteur - Sté­phane Rol­land ste­phane.rol­[email protected] srol­land_­la

Vous ana­ly­sez les pers­pec­tives ma­cro-éco­no­miques pour choi­sir des fonds né­go­ciés en Bourse (FNB). Quelle tendance guide vos choix d’in­ves­tis­se­ment? C’est le mo­ment de s’éloi­gner des mar­chés amé­ri­cains, à l’ex­cep­tion du sec­teur des tech­no­lo­gies. Dans le contexte ac­tuel, le mar­ché amé­ri­cain offre moins de pers­pec­tives de crois­sance à long terme lors­qu’on re­garde les éva­lua­tions et les prévisions de bé­né­fices. Une autre chose qui est aga­çante aux États-Unis, c’est que les marges brutes sont à un som­met his­to­rique. Ça va être dif­fi­cile de ré­duire les coûts pour de­ve­nir plus ef­fi­cace, com­pa­ra­ti­ve­ment aux so­cié­tés en Eu­rope où il reste en­core du rat­tra­page à faire pour at­teindre les som­mets his­to­riques.

Même si vous sous-pon­dé­rez la ré­gion, vous de­vez tout de même conser­ver une ex­po­si­tion aux États-Unis. Comment ajus­tez-vous vos choix? Comme je vous l’ai dit, nous ai­mons le sec­teur des tech­no­lo­gies et nous nous y ex­po­sons avec le FNB Po­werS­hares QQQ (QQQ), qui re­pro­duit l’in­dice Nasdaq 100. De plus, comme nous pen­sons qu’il n’y au­ra pas beau­coup d’ap­pré­cia­tion des ac­tions amé­ri­caines, nous vou­lons mi­ser sur les di­vi­dendes. Nous ai­mons le FNB BMO vente d’op­tions d’achat cou­vertes de di­vi­dendes éle­vés de so­cié­tés amé­ri­caines (ZWH). Ses ges­tion­naires achètent des titres amé­ri­cains à di­vi­dende éle­vé. En­suite, ils vendent des op­tions d’achat sur la moi­tié du por­te­feuille. Ça leur per­met d’ob­te­nir une meilleure dis­tri­bu­tion. Le ren­de­ment de la dis­tri­bu­tion est de 5,6%.

Lors­qu’on uti­lise des op­tions, la di­rec­tion des mar­chés a un grand im­pact sur les ren­de­ments? Comment ce­la se ma­ni­feste-t-il sur ZWH? Lorsque le FNB vend une op­tion d’achat, il ob­tient une prime, contre la pro­messe de vendre le titre si le prix d’exer­cice de­vient in­fé­rieur au cours du mar­ché. La prime est d’en­vi­ron 3% à 6% au sein du por­te­feuille, se­lon les titres. Lorsque l’op­tion est exer­cée, les dé­ten­teurs du FNB laissent ain­si pas­ser l’ap­pré­cia­tion de l’ac­tion en ques­tion. Par contre, la prime de 3% à 6% com­pense une éven­tuelle baisse du sous-ja­cent. C’est une forme de pro­tec­tion. J’aime que seule­ment la moi­tié du por­te­feuille soit liée à des op­tions, ça per­met de par­ti­ci­per en­tiè­re­ment à la moi­tié des gains bour­siers.

Vous êtes plus op­ti­miste pour les mar­chés émer­gents. Don­nez-nous un exemple de FNB que vous ai­mez dans cette ré­gion? Le Po­werS­hares FTSE RAFI Emer­ging Mar­kets Port­fo­lio (PXH) éta­blit la pon­dé­ra­tion de son por­te­feuille se­lon quatre cri­tères, plu­tôt que de le faire se­lon la ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière. Ces quatre cri­tères sont: les flux de tré­so­re­rie, le di­vi­dende, la va­leur comp­table et les ventes. L’in­dice dont les fon­da­men­taux sont les plus forts au­ra le plus grand poids. Fil­trer se­lon les fon­da­men­taux plu­tôt que se­lon la ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière per­met d’évi­ter les bulles.

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