OnRègle ré­vo­lu­tionne l’ac­cès à la jus­tice

Les Affaires - - Grands Du Droit - Anne Gai­gnaire re­dac­tion­le­saf­[email protected]

Des mises en de­meure et des né­go­cia­tions pour une ré­so­lu­tion de conflit en ligne. OnRègle, pe­tite start-up en ac­ti­vi­té de­puis quelques mois, veut ré­vo­lu­tion­ner l’ac­cès à la jus­tice.

Faibles coûts, pro­ces­sus simple, lan­gage clair. « On veut prendre le droit à l’en­vers pour le dé­mo­cra­ti­ser le plus pos­sible », lance Alexandre Dé­sy, avocat et co­fon­da­teur de OnRègle. La pla­te­forme per­met d’en­voyer à un com­mer­çant ou à un voi­sin une mise en de­meure et de né­go­cier une en­tente à l’amiable pour ré­gler le conflit. Dans le pre­mier cas, le client doit payer 50 $ à OnRègle. Dans le se­cond, l’en­tre­prise prend une com­mis­sion de 2,5 % sur le mon­tant né­go­cié en cas de suc­cès de la dé­marche de ré­so­lu­tion.

La pla­te­forme est adap­tée à des conflits de voi­si­nage, ain­si qu’à des conflits entre ache­teur et ven­deur d’un bien en cas de vice ca­ché, de fac­ture im­payée, etc. Elle s’adresse aux par­ti­cu­liers et aux pe­tites en­tre­prises, « qui ne pourraient pas for­cé­ment payer des frais d’avocat et qui ne se­raient donc peut-être ja­mais en me­sure de ré­gler leurs pro­blèmes ou iraient aux pe­tites créances pour le faire, ce qui re­pré­sente un coût pour la so­cié­té et prend beau­coup de temps », ex­plique Alexandre Dé­sy.

Les co­fon­da­teurs – par­mi les­quels on compte deux avo­cats, l’un spé­cia­liste de la ges­tion d’en­tre­prise et l’autre ex­pert des tech­no­lo­gies – sont par­tis de plu­sieurs constats. D’abord, « 88,3 % des gens ne veulent plus de ser­vices d’avocat, car c’est trop long, ça coûte trop cher et c’est trop com­plexe », af­firme M. Dé­sy. En­suite, « 90 % du tra­vail d’un avocat est au­to­ma­ti­sable », avance-t-il. Ré­sul­tat : « La tech­no­lo­gie re­pré­sente un po­ten­tiel énorme. Les avo­cats coûtent cher, car ce sont des ar­ti­sans qui font en­core beau­coup de choses à la main. Avec la tech­no­lo­gie, on peut ré­duire l’im­por­tance de l’avocat dans le pro­ces­sus. Il in­ter­vient alors seule­ment comme sou­tien, et on ré­duit les coûts », pour­suit Alexandre Dé­sy, qui com­pare les so­lu­tions de OnRègle à du prêt-à-por­ter. Il as­sure que la mise en de­meure, dans un ca­bi­net d’avocat clas­sique, coûte de 500 $ à 1 000 $ « parce que c’est fait sur me­sure. Or, dans de nom­breux cas, c’est stan­dar­di­sable. »

Ces­ser de par­ler comme un avocat

La start-up a dé­jà un cer­tain suc­cès puisque, peu de temps après sa mise en ligne en jan­vier, plus de 600 per­sonnes s’étaient ins­crites sur le site pour bé­né­fi­cier des ser­vices of­ferts. Ce­pen­dant, le dé­fi est de « faire ve­nir les gens sur In­ter­net pour ré­gler ce genre de pro­blème alors qu’ils n’en ont pas l’ha­bi­tude », re­con­naît pour sa part Phi­lippe La­cour­sière, avocat et co­fon­da­teur, per­sua­dé qu’il faut « faire beau­coup d’éducation ».

D’ailleurs, les deux avo­cats ont dû « se dé­cons­truire », ra­content-ils. « Dans notre pre­mière ver­sion de la pla­te­forme, on par­lait en­core comme des avo­cats. Il a fal­lu uti­li­ser un lan­gage plus clair. Grâce aux don­nées, on peut sa­voir où les gens bloquent sur le site, sur quels mots ils ac­crochent. On fait constam­ment évo­luer le site en fonc­tion de ces ob­ser­va­tions », in­dique Alexandre Dé­sy.

Les fon­da­teurs, qui ont su s’en­tou­rer de spé­cia­listes des tech­no­lo­gies pour me­ner à bien leur pro­jet, veulent main­te­nant ex­por­ter leur pla­te­forme dans le reste du Ca­na­da. La France et la Bel­gique sont éga­le­ment in­té­res­sées. « L’équipe va gran­dir dans les six pro­chains mois », as­sure Phi­lippe La­cour­sière.

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