Des nou­veaux parcs pas seule­ment in­dus­triels

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Les Affaires - - Les Évévements - EX­PLO­RA­TION AMÉ­RIQUE DU SUD OR Si­mon Lord re­dac­tion­le­saf­[email protected] Les Évé­ve­ments

La so­cié­té an­nonce l’ac­qui­si­tion de l’es­sen­tiel des claims de l’an­cienne mi­nière Per­shim­co et de la Fa­mille Bu­reau, réunis­sant ain­si la to­ta­li­té des seg­ments au­ri­fères Jo­lin, Thi­bo­deau et Es­te­ville. Le « Pro­jet Cour­ville » est consti­tué d’un bloc de 341 claims qui couvrent une su­per­fi­cie de 13 238 hec­tares. – FRÉ­DÉ­RIC DU­MAIS La com­pa­gnie mi­nière rus­so-ca­na­dienne, opé­ra­teur d’un pro­jet in­dus­triel d’ex­trac­tion d’or dans l’ouest de la Guyane, en Amé­rique du Sud, a an­non­cé la no­mi­na­tion de Pierre Pa­ris, un in­gé­nieur qui a au­pa­ra­vant tra­vaillé au sein des groupes mi­niers Rio Tin­to, Vale et BHP Billi­ton. – AGENCE FRANCE-PRESSE La Cor­po­ra­tion au­ri­fère Mo­narques a conclu un contrat d’usi­nage à for­fait avec El­do­ra­do Gold pour le trai­te­ment du mi­ne­rai de la mine d’or La­maque, à l’est de Val-d’Or. – LES AF­FAIRES PRO Pour conti­nuer d’at­ti­rer des en­tre­prises et leurs em­ployés, les parcs et es­paces in­dus­triels se ré­in­ventent et laissent de cô­té les grands quar­tiers bé­ton­nés par­se­més de bâ­ti­ments iso­lés. À quoi res­semble le parc in­dus­triel de de­main?

Les zones in­dus­trielles savent qu’elles doivent se ré­in­ven­ter. Elles le font en se trou­vant un mar­ché de niche par­ti­cu­lier. À To­ron­to, le MaRS Dis­co­ve­ry Dis­trict est un centre d’in­no­va­tion qui sert le cré­neau des in­cu­ba­teurs et du dé­ve­lop­pe­ment d’en­tre­prises. Aux États-Unis, Apple a plu­tôt vou­lu re­créer une am­biance de cam­pus avec son im­po­sant siège so­cial, en plus de mi­ser gros sur l’as­pect vi­suel et ar­chi­tec­tu­ral.

Ici même au Qué­bec, les parcs in­dus­triels de Vic­to­ria­ville et de Deux-Mon­tagnes, en cours d’amé­na­ge­ment, ont plu­tôt mi­sé sur le dé­ve­lop­pe­ment du­rable en met­tant en avant un vo­let en­vi­ron­ne­men­tal. Pa­reil pour l’ÉcoCam­pus Hu­bert-Reeves, qui tente d’at­ti­rer des en­tre­prises dans les do­maines des tech­no­lo­gies propres, des na­no­tech­no­lo­gies et des sciences de la vie.

Syl­vain Ouel­lette, di­rec­teur de l’Éco-Cam­pus et du dé­ve­lop­pe­ment des af­faires chez Tech­no­parc Montréal, dit ain­si prio­ri­ser la pro­tec­tion des lieux phy­siques. « On a par exemple construit un sen­tier qui par­court un mi­lieu hu­mide que l’on pro­tège et qui per­met­tra aux gens de s’y pro­me­ner. On de­mande aus­si aux en­tre­prises qui s’ins­tallent de res­pec­ter les normes LEED si elles construise­nt un bâ­ti­ment », dit M. Ouel­lette. Ce der­nier se­ra confé­ren­cier le 21 no­vembre à l’évé­ne­ment Tech­no­poles et parcs in­dus­triels, or­ga­ni­sé par le Groupe Les Af­faires.

Les en­tre­prises ont consta­té que leurs em­ployés res­tent chez elles plus long­temps si elles leur offrent un mi­lieux de tra­vail phy­sique plus at­trayant. Les tra­vailleurs sentent aus­si de plus en plus qu’ils ont une res­pon­sa­bi­li­té vis-à-vis de l’en­vi­ron­ne­ment, ce qui pousse les en­tre­prises à ra­me­ner un cô­té plus vert en ville.

Chan­ge­ments dans l’amé­na­ge­ment

L’amé­na­ge­ment des em­pla­ce­ments in­dus­triels est aus­si en pleine mé­ta­mor­phose par­tout dans le monde en rai­son de l’évo­lu­tion des men­ta­li­tés et des fa­çons de tra­vailler. Le parc in­dus­triel d’hier, par exemple, vi­sait plu­tôt à iso­ler les bâ­ti­ments et les en­tre­prises parce que l’ac­cent était mis sur la pro­tec­tion du se­cret in­dus­triel. Au­jourd’hui, les en­tre­prises et les re­grou­pe­ments d’af­faires ont plu­tôt ten­dance à ré­flé­chir en termes de col­la­bo­ra­tions, de par­te­na­riats et de groupes de tra­vail. Et pour en­cou­ra­ger ce type de co­opé­ra­tion, l’idéal est de fa­vo­ri­ser la proxi­mi­té en rap­pro­chant les en­tre­prises les unes des autres.

« On est vrai­ment dans le pa­ra­digme du live-work-and-play. Dans notre cas, on es­saie par exemple d’en­cou­ra­ger la vie com­mu­nau­taire », dit Syl­vain Ouel­lette. Il vise donc à ju­me­ler non seule­ment des en­tre­prises, mais aus­si des com­merces – équi­tables ou prio­ri­sant le lo­cal, de pré­fé­rence –, avec des ha­bi­ta­tions.

Les tra­vailleurs veulent de plus en plus vivre près de leur lieu de tra­vail. Dans ce contexte, que l’Éco-Cam­pus se trouve à 15 mi­nutes du centre-ville en train, grâce au fu­tur Ré­seau élec­trique mé­tro­po­li­tain, s’avère une grande oc­ca­sion. Syl­vain Ouel­lette dit par exemple ré­flé­chir à l’éta­blis­se­ment d’une aire TOD, ou tran­sit-orien­ted de­ve­lop­ment. « Au Tech­no­parc, on pour­rait pro­po­ser de dé­ve­lop­per autre chose que de la sur­face in­dus­trielle. On pour­rait par exemple de­man­der des chan­ge­ments au zo­nage et al­ler cher­cher de l’ha­bi­ta­tion de courte et de longue du­rée », dit le di­ri­geant.

Le rôle des gou­ver­ne­ments

Si on veut conce­voir de tels es­paces in­dus­triels, le gou­ver­ne­ment doit s’ac­ti­ver pour mettre en place du fi­nan­ce­ment et des stra­té­gies, es­time M. Ouel­lette. Si le mi­lieu des af­faires et les dif­fé­rents pro­fes­sion­nels ap­portent les briques, l’État doit four­nir le mor­tier.

Jacques Roy, pro­fes­seur en ges­tion des opé­ra­tions à HEC Montréal et di­rec­teur du Car­re­four lo­gis­tique, es­time lui aus­si que les ques­tions de gou­ver­nance sont cru­ciales pour le dé­ve­lop­pe­ment des es­paces in­dus­triels comme les pôles lo­gis­tiques. « À ce cha­pitre-là, on a en­core quelques pro­blèmes au Qué­bec, dit-il. On se de­mande qui fait quoi, et ce n’est pas tou­jours clair. Qui doit in­ves­tir? Quelle est la struc­ture de gou­ver­nance qui pour­rait mettre une stra­té­gie en ap­pli­ca­tion? Il y a un flou. »

Et la res­pon­sa­bi­li­té ne re­tombe pas seule­ment sur les épaules de Qué­bec. Les gou­ver­ne­ments ré­gio­naux et mu­ni­ci­paux doivent aus­si prendre part à la ré­flexion. Avec la den­si­fi­ca­tion de la po­pu­la­tion et l’éta­le­ment des zones ur­baines, ces ques­tions vien­dront na­tu­rel­le­ment oc­cu­per l’avant-plan à un mo­ment ou à un autre, no­tam­ment en rai­son de la cir­cu­la­tion de ca­mions de trans­port de mar­chan­dises.

« Il faut une pla­ni­fi­ca­tion à long terme, dit Jacques Roy. On doit se de­man­der com­ment di­vi­ser le ter­ri­toire et com­ment ac­cé­der aux zones in­dus­trielles. Quand on tarde à le faire, les dé­ve­lop­pe­ments ré­si­den­tiels ap­pa­raissent et la den­si­té aug­mente. Il de­vient alors beau­coup plus dif­fi­cile de faire co­ha­bi­ter les parcs in­dus­triels avec les zones ur­baines connexes. »

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