Sé­duc­tion en mode di­ver­si­fi­ca­tion

Les Affaires - - Billet | Sommaire - Jean-Fran­çois Venne re­dac­tion­le­saf­[email protected]

Il y a 10 ans que le trans­fert d’en­tre­prise est en cours chez Sé­duc­tion et la re­lève fa­mi­liale est bien en selle. L’en­tre­prise a pris de l’am­pleur en se lan­çant dans la vente en ligne, ain­si que dans le dé­ve­lop­pe­ment et la fa­bri­ca­tion de pro­duits éro­tiques.

De­puis 44 ans, Sé­duc­tion offre tout ce qu’il faut pour mettre un peu (ou beau­coup) de pi­quant dans la vie sexuelle de ses clients. Si, au dé­part, il ne s’agis­sait que d’une bou­tique, ce n’est plus le cas. L’en­tre­prise compte 150 em­ployés et s’est gran­de­ment di­ver­si­fiée, no­tam­ment sous l’im­pul­sion de la re­lève, Edith et Ju­lien Ar­se­neault. Elle a main­te­nant des com­merces de dé­tail au Qué­bec et en On­ta­rio et est de­ve­nue le plus grand dis­tri­bu­teur de pro­duits éro­tiques du Ca­na­da, avec sa di­vi­sion Land­co Im­port.

Sé­duc­tion fa­brique 150 pro­duits dif­fé­rents au Ca­na­da, aux États-Unis et en Chine. Elle mise beau­coup sur le Web pour vendre ses pro­duits. « C’est de là que pro­vient la crois­sance, ex­plique Edith Ar­se­nault. La bou­tique comme telle ne nous en pro­cure plus beau­coup. In­ter­net et la fa­bri­ca­tion sont de­ve­nus les vé­ri­tables mo­teurs de notre pro­gres­sion. »

Di­ver­si­fier l’en­tre­prise

Edith Ar­se­nault oc­cupe le poste de vice-pré­si­dente de Sé­duc­tion de­puis sept ans, et en de­vien­dra la pré­si­dente en no­vembre. Son frère Ju­lien re­pren­dra le poste de vice-pré­sident. Edith est éga­le­ment pré­si­dente de Land­co Im­port, dont Ju­lien oc­cupe la vice-pré­si­dence. Le trans­fert de la di­rec­tion de l’en­tre­prise est donc, à toutes fins utiles, ter­mi­né. Reste à fi­na­li­ser le trans­fert de la pro­prié­té, ce qui de­vrait être chose faite à la fin de l’au­tomne. Que de che­min par­cou­ru de­puis l’en­trée d’Edith et de Ju­lien dans l’en­tre­prise!

« J’ai été sur­pris quand Edith m’a an­non­cé qu’elle sou­hai­tait in­té­grer l’en­tre­prise, ad­met le fon­da­teur, Claude Per­ron, beau-père d’Edith et de Ju­lien Ar­se­nault. Au dé­but, je me de­man­dais com­ment je pour­rais l’ac­com­pa­gner dans le trans­fert. J’ai tou­jours gé­ré au fee­ling, et ça s’en­seigne dif­fi­ci­le­ment. Alors, je lui ai pro­po­sé de me suivre dans les ren­contres avec les four­nis­seurs, les clients, etc. Puis, j’ai com­men­cé à lui confier de pe­tits dos­siers, qu’elle a très bien gé­rés. »

Ju­lien, de son cô­té, a fait ses dé­buts comme ven­deur dans une suc­cur­sale. Il s’oc­cupe main­te­nant beau­coup de la fa­bri­ca­tion et des re­la­tions avec les four­nis­seurs in­ter­na­tio­naux. Amor­cé par Edith, le vi­rage vers la fa­bri­ca­tion a d’ailleurs pris de l’ex­pan­sion sous son im­pul­sion. « C’est un pro­jet que Claude en­vi­sa­geait dé­jà et que nous avons pu réa­li­ser, Ju­lien et moi, avec son ap­pui », ex­plique Edith Ar­se­nault.

Pré­ser­ver la fa­mille

Au dé­part, Claude Per­ron avait des doutes quant au bien-fon­dé de cer­tains chan­ge­ments. Par exemple, il n’était pas convain­cu de la per­ti­nence de se lan­cer dans la vente en ligne. Pour lui, ce­la exi­geait de dé­ve­lop­per une stra­té­gie et une lo­gis­tique bien dif­fé­rentes de celles du com­merce de dé­tail tra­di­tion­nel. Il n’était pas sûr que le jeu en va­lait la chan­delle.

Même chose lorsque les en­fants ont pro­po­sé de mo­di­fier le sym­bole de Sé­duc­tion, la fa­meuse pomme. Un su­jet dé­li­cat pour Claude, qui l’avait des­si­né lui-même. « Pour cette dé­marche-là comme pour beau­coup d’autres, la clé, c’est vrai­ment la com­mu­ni­ca­tion et la pa­tience, juge Edith Ar­se­nault. Pour évi­ter que les ten­sions viennent ron­ger la fa­mille, il faut faire preuve d’ou­ver­ture d’es­prit et de beau­coup d’écoute. Par­fois, ça peut vou­loir dire ra­len­tir un peu sur un pro­jet, comme nous l’avons fait pour la vente en ligne. »

Sans jouer de rôle for­mel dans l’en­tre­prise, la mère d’Edith et de Ju­lien s’avère d’une grande uti­li­té à cet égard. Elle in­ter­vient, par­fois de ma­nière très di­recte, pour s’as­su­rer que tout va bien et que tous les par­te­naires se res­pectent. « Nous l’écou­tons beau­coup, ad­met Edith Ar­se­nault. Notre prio­ri­té à tous, c’est l’har­mo­nie de la fa­mille. Ce que nous vou­lons, c’est réus­sir et cé­lé­brer nos réus­sites en­semble. »

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Claude Per­ron, fon­da­teur de Sé­duc­tion, et ses beaux-en­fants, Edith et Ju­lien Ar­se­neault. Edith Ar­se­nault oc­cupe le poste de vice-pré­si­dente de l’en­tre­prise de­puis sept ans, et en de­vien­dra la pré­si­dente en no­vembre. Son frère Ju­lien re­pren­dra le poste...

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