L’AGENT LIBRE

Portrait d’un in­ves­tis­seur et phi­lan­thrope convain­cu que, oui, l’ar­gent rend plus heu­reux.

Les Affaires - - Front Page - MITCH GARBER

Le 26 août, fi­dèle à la tra­di­tion, Ste­phen Bronf­man in­vite fa­mille et amis à un grand bar­be­cue à sa ferme de La Concep­tion, dans les Lau­ren­tides. Le clou de la jour­née: une par­tie de ba­se­ball à la­quelle pe­tits et grands peuvent par­ti­ci­per. « Les en­fants adorent ça », sou­ligne l’homme d’af­faires. Sans doute pas au­tant qu’un de ses in­vi­tés, Mitch Garber, 53 ans. À proxi­mi­té d’un ter­rain de balle, ce nos­tal­gique des Ex­pos et de la dy­nas­tie du Ca­na­dien re­tombe en en­fance.

Le plai­sir ne fait pour­tant que com­men­cer. Le soir, alors que la plu­part des in­vi­tés sont par­tis, Garber s’in­cruste chez les Bronf­man pour re­gar­der en di­rect à la té­lé l’un des évé­ne­ments spor­tifs les plus at­ten­dus des der­nières an­nées: le com­bat de boxe entre la lé­gende de la dis­ci­pline Floyd May­wea­ther et Co­nor McG­re­gor, dé­ten­teur du titre des poids lé­gers de l’UFC (arts mar­tiaux mixtes).

Quand l’an­non­ceur clai­ronne le poids of­fi­ciel de May­wea­ther, 149 livres et de­mie, le pré­sident du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du Cirque du So­leil bon­dit de son siège. « Il criait : "Floyd May­wea­ther, 149 livres et de­mie ! Mitch Garber, 149 livres et de­mie!" » ra­conte en riant son ami Ste­phen Bronf­man, pré­sident de Cla­ridge. Et quand May­wea­ther rem­porte fi­na­le­ment le com­bat au 10e round par K.-O. tech­nique, M. Garber crie de plus belle.

Ca­pi­tal de sym­pa­thie

L’anec­dote n’est pas seule­ment ré­vé­la­trice du ga­ba­rit de l’An­glo-Mont­réa­lais, qu’on com­pare à ce­lui de l’an­cien porte-cou­leurs du Ca­na­dien Da­vid De­shar­nais, un joueur éton­nam­ment pe­tit (1,70 m – 5 pi 7 po) pour la Ligue na­tio­nale. Elle met aus­si en lu­mière un homme sans com­plexes ha­bi­té par une pas­sion vis­cé­rale pour les sports.

Elle nous rap­pelle éga­le­ment le type fort sym­pa­thique que les Qué­bé­cois ont dé­cou­vert à Dans l’oeil du Dra­gon. Sous les traits d’un ange in­ves­tis­seur, ce qu’il n’est pas dans la vie, Mitch Garber a ra­pi­de­ment sé­duit le pu­blic avec son ac­cent char­mant et ses conseils avi­sés. Du­rant son pas­sage à l’émis­sion en 2015 et en 2016, l’in­ves­tis­seur a su faire preuve de com­pas­sion sans être mièvre, s’est mon­tré di­rect sans être bru­tal et, contrai­re­ment à des col­lègues sur le pla­teau, n’a ja­mais été condes­cen­dant en­vers les par­ti­ci­pants. Aux yeux du pu­blic fran­co­phone, pour le­quel il était jusque-là un par­fait in­con­nu, son fau­teuil de Dra­gon n’a ja­mais été tout à fait com­blé après son dé­part.

De­puis, Mitch Garber in­ves­tit son ca­pi­tal de sym­pa­thie et fi­nan­cier dans l’avan­ce­ment de causes qui lui sont chères: rap­pro­cher les com­mu­nau­tés juive, an­glo­phone et fran­co­phone de Mont­réal, pro­mou­voir la mé­tro­pole, par­ti­ci­per au pro­grès de la re­cherche mé­di­cale, amé­lio­rer la réus­site sco­laire, lut­ter contre la pau­vre­té. Et va­lo­ri­ser les ex­ploits des gens d’af­faires.

Il fait ce qu’il veut. En ef­fet, Mitch Garber est libre comme l’air! À la tête d’une for­tune qui se chiffre en cen­taines de mil­lions de dol­lars, le Mont­réa­lais a quit­té le 6 oc­tobre der­nier, son oc­cu­pa­tion prin­ci­pale la di­rec­tion de Cae­sars In­ter­ac­tive et de Cae­sars Ac­qui­si­tion,

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