Des nou­velles des grands ca­bi­nets d’avo­cats

Nor­ton Rose Ful­bright Fas­ken La­ve­ry BCF Avo­cats d’af­faires Cain La­marre

Les Affaires - - Grands du droit - Grands du droit Jean-Fran­çois Venne re­dac­tion­le­saf­[email protected]

Il n’y a ja­mais d’an­née tran­quille dans un grand ca­bi­net d’avo­cats. Voi­ci quelques nou­velles qui ont mar­qué l’ac­tua­li­té ré­cente des bu­reaux au Qué­bec. Le pré­sident ca­na­dien Me Wa­lied So­li­man est le seul avo­cat dans la liste 2017 des 50 per­sonnes les plus in­fluentes du monde des af­faires ca­na­dien de Re­port on Bu­si­ness. Le ca­bi­net garde l’oeil sur l’évo­lu­tion du mar­ché. « Les clients veulent tou­jours plus de va­leur, note Me So­lo­mon Sa­nones, as­so­cié di­rec­teur du bu­reau de Mon­tréal. Leurs conten­tieux sont de plus en plus so­phis­ti­qués, donc l’ex­per­tise qu’ils re­cherchent au­près de nous de­vient très poin­tue. » Nor­ton Rose mise sur des ou­tils tech­no­lo­giques, no­tam­ment en confor­mi­té, en pro­duc­tion au­to­ma­ti­sée de do­cu­ments et en vé­ri­fi­ca­tion di­li­gente. « Être un groupe in­ter­na­tio­nal aide à sou­te­nir les coûts im­por­tants de ces ou­tils », note M. Sa­nones. Fas­ken est l’un des pre­miers membres fon­da­teurs du Glo­bal Le­gal Blo­ck­chain Con­sor­tium, dont l’ob­jec­tif est de fa­vo­ri­ser l’adop­tion de la tech­no­lo­gie des chaînes de blocs ( blo­ck­chain) dans le mi­lieu ju­ri­dique. « Nous bo­ni­fions l’offre de tech­no­lo­gies aux clients, sou­ligne Me Éric Bé­dard, as­so­cié di­rec­teur pour le Qué­bec. Nous avons no­tam­ment ajou­té Ki­ra, un lo­gi­ciel d’exa­men de contrat ba­sé sur l’ap­pren­tis­sage pro­fond et la ver­sion 2 de notre por­tail Via Fas­ken, dé­dié aux re­la­tions in­ter­ac­tives avec nos clients. » Fas­ken sou­tient aus­si les start-up tech­no­lo­giques. « Ces pe­tites en­tre­prises ont une offre mon­diale, pré­cise Me Bé­dard. Elles ont be­soin de ser­vices plu­ri­disc­pli­naires comme la pro­prié­té in­tel­lec­tuelle, le tran­sac­tion­nel, etc. » « La fonc­tion des res­sources hu­maines n’est plus sim­ple­ment opé­ra­tion­nelle, mais stra­té­gique, confie Anik Tru­del, chef de la di­rec­tion chez La­ve­ry. C’est pour­quoi nous avons nom­mé Amé­lie Jour­net comme chef, Res­sources hu­maines et trans­for­ma­tion or­ga­ni­sa­tion­nelle. » Celle-ci a oc­cu­pé des fonc­tions si­mi­laires chez Keu­rig Ca­na­da et au Cirque du So­leil.

La­ve­ry pour­suit son vi­rage tech­no par la créa­tion du La­bo­ra­toire ju­ri­dique La­ve­ry sur l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle (L3IA), en 2017, di­ri­gé par Me Éric La­val­lée. Son ob­jec­tif est d’an­ti­ci­per les be­soins des clients de­vant l’émer­gence de ces tech­no­lo­gies et d’y adap­ter les pra­tiques ju­ri­diques. le fonds d’in­ves­tis­se­ment BCF Ven­tures, do­té de cinq mil­lions de dol­lars sur dix ans, pour fi­nan­cer des start-up dans les phases de pré­amor­çage et d’amor­çage. La di­rec­tion du fonds re­vient à l’en­tre­pre­neur tech­no­lo­gique Ser­gio A. Es­co­bar. « Nous sommes fiers d’être le pre­mier ca­bi­net d’avo­cats du Qué­bec à of­frir ce sou­tien aux start-up », in­dique l’as­so­cié di­rec­teur, Me Ma­rio Char­pen­tier.

Le ca­bi­net ou­vri­ra un bu­reau à l’étran­ger cet été. « Nous avons aus­si re­nou­ve­lé pour 15 ans le bail de nos 100 000 pi2 au centre-ville », rap­pelle l’as­so­ciée Ju­lie Do­ré. En cinq ans, BCF a in­ves­ti 10 mil­lions de dol­lars en tech­no­lo­gie et le même mon­tant en deux ans dans des amé­lio­ra­tions lo­ca­tives. Cain La­marre a ra­pa­trié Me An­dré Trem­blay, l’ex-PDG du Con­seil de l’in­dus­trie

fo­res­tière, qui a tra­vaillé au ca­bi­net de 1978 à 2004. Me Da­vid Na­ch­fol­ger, ex­pert de la mo­bi­li­té de la main-d’oeuvre, se joint aus­si à la firme. « Nous avions des gens qui tra­vaillaient en im­mi­gra­tion de la main-d’oeuvre, mais l’ar­ri­vée de Da­vid [Na­ch­fol­ger] per­met d’avoir une équipe struc­tu­rée pour ré­pondre aux sou­cis de main-d’oeuvre des en­tre­prises », se ré­jouit Me Gi­na Dou­cet, as­so­ciée di­rec­trice. Le ca­bi­net doit agran­dir ses bu­reaux de Mon­tréal et de Qué­bec. Le ca­bi­net a em­mé­na­gé dans de nou­veaux lo­caux l’an der­nier, à Qué­bec, mais la crois­sance a dé­pas­sé les pré­vi­sions. Sti­ke­man s’en­gage au­près des start-up tech­no­lo­giques au Qué­bec. « Mon­tréal de­vient un centre im­por­tant de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle et ce­la crée des be­soins pour nos ser­vices », sou­tient l’as­so­cié di­rec­teur du bu­reau de Mon­tréal, Me An­dré Roy. Le ca­bi­net compte plu­sieurs pro­jets pour ac­com­pa­gner leur dé­ve­lop­pe­ment, no­tam­ment dans les fin­techs et les green­techs. Les jeunes avo­cats du ca­bi­net sont mis à contri­bu­tion. « Nous leur per­met­tons d’in­ves­tir du temps dans ces sec­teurs, afin qu’ils soient en­ga­gés au­près de ces so­cié­tés ap­pe­lées à gran­dir ra­pi­de­ment », ex­plique Me Jo­ce­lyn Poi­rier, di­rec­teur exé­cu­tif du bu­reau mon­tréa­lais. Sti­ke­man a loué de l’es­pace de bu­reau chez WeWork, où se re­trouvent plu­sieurs en­tre­pre­neurs. De jeunes avo­cats et avo­cates baignent dans ces mi­lieux, ren­contrent les en­tre­pre­neurs et par­ti­cipent à leurs ac­ti­vi­tés au quo­ti­dien. Le nou­veau plan stra­té­gique de McCar­thy met l’ac­cent sur les sec­teurs d’ac­ti­vi­té des en­tre­prises, plu­tôt que sur les groupes de pra­tique. « Nous pré­sen­tons cha­cun de nos avo­cats non seule­ment comme un spé­cia­liste du droit, mais comme un ex­pert d’une in­dus­trie », ex­plique Me Karl Tab­bach, as­so­cié di­rec­teur pour le Qué­bec. Il donne l’exemple de la contri­bu­tion du ca­bi­net à l’exer­cice d’émis­sions de titres de dettes avec la tech­no­lo­gie des chaînes de blocs de la Banque Na­tio­nale en avril der­nier. « Nous n’avons pas été re­te­nus à cause de notre maî­trise des dé­ben­tures, mais plu­tôt de notre connais­sance de l’in­dus­trie des chaînes de blocs », illustre-t-il. « Nous avons adap­té notre struc­ture opé­ra­tion­nelle pour sou­te­nir notre crois­sance », sou­ligne MeJean-Fran­çois Ga­gnon, chef de la di­rec­tion du ca­bi­net. Des postes de chef de la di­rec­tion fi­nan­cière, chef des opé­ra­tions et chef de l’in­no­va­tion ont vu le jour. Le ca­bi­net veut bien­tôt comp­ter en­vi­ron 175 avo­cats et sou­haite que sa struc­ture soit adap­tée à cette taille. L’en­semble des pro­ces­sus du ca­bi­net a été re­vu, avec l’ob­jec­tif de de­ve­nir plus agiles. « Il faut pré­voir les en­jeux que po­se­ra la crois­sance, ajoute Me Ga­gnon. Cette der­nière doit être in­tel­li­gente et ren­table. » Le nou­vel as­so­cié di­rec­teur na­tio­nal et chef de la di­rec­tion ca­na­dienne de BLG, John G. Mur­phy, pro­vient de Mon­tréal. « C’est rare qu’un pa­tron pan­ca­na­dien vienne de Mon­tréal, donc nous en sommes fiers », lance Me An­dré Du­four, as­so­cié di­rec­teur du bu­reau mon­tréa­lais.

Le ca­bi­net compte moins d’em­ployés au to­tal, mais plus d’avo­cats. Les gains en ef­fi­ca­ci­té, no­tam­ment la ré­or­ga­ni­sa­tion du tra­vail des as­sis­tants, ex­pliquent cette si­tua­tion. Au­pa­ra­vant, chaque avo­cat avait son as­sis­tant, le­quel fai­sait un peu de tout. Main­te­nant, ces as­sis­tants sont par­ta­gés entre plu­sieurs avo­cats et sont spé­cia­li­sés dans des fonc­tions telles la fac­tu­ra­tion, la pro­duc­tion de do­cu­ments ou autres. L’au­to­ma­ti­sa­tion contri­bue à aug­men­ter l’ef­fi­ca­ci­té du ca­bi­net. Après 17 an­nées pas­sées à la tête du ca­bi­net mon­tréa­lais de Da­vies, Me Pierre-An­dré The­mens a pas­sé le flam­beau à Me Phi­lippe John­son en 2017. Ce der­nier compte so­li­di­fier la po­si­tion de Da­vies dans un mar­ché très com­pé­ti­tif. L’in­té­gra­tion de la tech­no­lo­gie dans la pra­tique des avo­cats de­vrait ame­ner des gains en ef­fi­ca­ci­té. L’an­née 2017 a été l’une des meilleures de l’his­toire du ca­bi­net. « Cette crois­sance s’est re­flé­tée dans la plu­part des sec­teurs, se ré­jouit Me John­son. Il y a eu plu­sieurs li­tiges d’im­por­tance, de grandes tran­sac­tions im­mo­bi­lières et des fu­sions et ac­qui­si­tions ma­jeures. »

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.