Mar­ché du tra­vail : le Qué­bec a fait des pas de géants, mais le tra­vail est loin d’être ter­mi­né

Les Affaires - - Billet | Sommaire - Mia Hom­sy re­dac­tion­le­saf­[email protected]

Le su­jet de la pé­nu­rie de main-d’oeuvre est main­te­nant sur toutes les lèvres. C’est nor­mal, avec un taux de chô­mage in­fé­rieur à 6% et une po­pu­la­tion vieillis­sante, le Qué­bec est en ter­ri­toire in­con­nu. Et le phé­no­mène va se pour­suivre au cours de la pro­chaine dé­cen­nie. Il est urgent d’adap­ter nos fa­çons de faire à cette nou­velle réa­li­té dé­mo­gra­phique. Les im­por­tantes trans­for­ma­tions du mar­ché du tra­vail qué­bé­cois de la der­nière dé­cen­nie in­diquent tou­te­fois que nous sommes ca­pables de faire bou­ger l’ai­guille dans la bonne di­rec­tion.

Les femmes qué­bé­coises pré­sentent un taux d’ac­ti­vi­té et un taux d’em­ploi par­mi les plus éle­vés au Ca­na­da et même au monde. Alors que le Qué­bec était à la traîne en 2000, il est main­te­nant loin de­vant les autres pro­vinces ca­na­diennes, af­fi­chant un taux d’ac­ti­vi­té des femmes de 25 à 54 ans de plus de 85%.

Tan­dis que le Qué­bec ac­cu­sait un im­por­tant re­tard quant au taux d’ac­ti­vi­té des tra­vailleurs de 55 ans et plus, il a rat­tra­pé l’On­ta­rio en ce qui a trait aux tra­vailleurs de 50 à 59 ans et a ré­duit l’écart chez les 60 ans et plus. D’im­por­tants gains peuvent tou­te­fois en­core être réa­li­sés pour ces groupes.

In­té­gra­tion dif­fi­cile des im­mi­grants et des per­sonnes han­di­ca­pées

La si­tua­tion est moins re­lui­sante du cô­té de l’in­té­gra­tion des im­mi­grants et des per­sonnes han­di­ca­pées. Se­lon les don­nées de 2012 de Sta­tis­tique Ca­na­da, le taux d’ac­ti­vi­té des per­sonnes han­di­ca­pées de 15 à 64 ans est de 44,6% au Qué­bec alors qu’il est de 52,7% en On­ta­rio – ce taux ap­proche plu­tôt les 80% chez les per­sonnes non han­di­ca­pées dans les deux pro­vinces.

Autre dé­fi de taille pour le Qué­bec et sa mé­tro­pole: l’in­té­gra­tion des nou­veaux ar­ri­vants, qui semble plus ar­due qu’à To­ron­to et à Van­cou­ver. La si­tua­tion semble sur le point de chan­ger: en 2017, l’écart du taux de chô­mage entre les im­mi­grants ar­ri­vés à Mon­tréal de­puis plus de cinq ans et ce­lui des na­tifs s’est ré­tré­ci, de telle sorte qu’il n’était plus que de deux points de pour­cen­tage. Pour les im­mi­grants ar­ri­vés au Qué­bec de­puis moins de cinq ans, le pro­blème reste ce­pen­dant en­tier.

Il fau­dra de l’au­dace

Le gou­ver­ne­ment a dé­po­sé une Stra­té­gie na­tio­nale de la main-d’oeuvre qui cible les bons en­jeux. Le dé­fi ré­side tou­te­fois dans l’au­dace et la flexi- bi­li­té de la mise en oeuvre. Les ac­teurs au coeur de l’ac­tion comme la Commission des par­te­naires du mar­ché du tra­vail, le Con­seil em­ploi mé­tro­pole et Em­ploi-Qué­bec au­ront une ex­cel­lente oc­ca­sion de dé­mon­trer leur ca­pa­ci­té à faire bou­ger l’ai­guille quant à la for­ma­tion des em­ployés. Com­ment vont-ils s’y prendre pour convaincre les en­tre­prises de for­mer leurs em­ployés de fa­çon conti­nue? Vont-ils réus­sir à bri­ser les si­los entre mar­ché du tra­vail et mi­lieu sco­laire pour per­mettre des for­ma­tions per­ti­nentes et ac­ces­sibles plus ra­pi­de­ment?

Le dé­fi est de taille, mais nous avons dé­mon­tré dans le pas­sé que nous sommes ca­pables de nous adap­ter.

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Mia Hom­sy est di­rec­trice gé­né­rale de l’Ins­ti­tut du Qué­bec (IdQ) de­puis sa fon­da­tion en fé­vrier 2014.

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