Un tour­nant pour Bla­ckBer­ry?

Les Affaires - - Marchés En Action - Ta­har Man­sour re­dac­tion­le­saf­[email protected]

Bla­ckBer­ry a dé­jà été une étoile ca­na­dienne dans le monde des té­lé­phones dits in­tel­li­gents, mais, tout comme No­kia, elle a per­du la guerre de­vant des géants comme Sam­sung et Apple. L’en­tre­prise a sai­gné long­temps avant que le co­fon­da­teur Mike La­za­ri­dis ne dé­cide de cé­der le pou­voir. Ar­ri­va alors John Chen, bien connu dans le monde de la haute tech­no­lo­gie. M. Chen prit une an­née pour ré­flé­chir avant de lais­ser tom­ber un ver­dict ra­di­cal et sans ap­pel : Bla­ckber­ry va quit­ter la pro­duc­tion des té­lé­phones pour se concen­trer sur les lo­gi­ciels.

Au­jourd’hui, Bla­ckBer­ry a com­plè­te­ment chan­gé de vi­sage. L’en­tre­prise est en­core très connue, mais dans des niches dif­fé­rentes: Elle a fait son en­trée dans la sé­cu­ri­té des vé­hi­cules connec­tés (à In­ter­net et au sans-fil). Son lo­gi­ciel de sé­cu­ri­té se­ra no­tam­ment ins­tal­lé sur 60 mil­lions de vé­hi­cules Ford. L’en­tente entre les deux en­tre­prises a été si­gnée en 2017. L’en­tre­prise fait aus­si de la re­cherche et des tests sur des so­lu­tions pour la voi­ture au­to­nome. L’en­tre­prise se spé­cia­lise de plus en plus dans la cy­ber­sé­cu­ri­té, d’où elle tire 81% de ses re­ve­nus. Elle offre des ser­vices de consul­ta­tions en cy­ber­sé­cu­ri­té. Elle dé­ve­loppe une nou­velle niche: l’In­ter­net des ob­jets ( In­ter­net of things ou IoT). Il s’agit tout sim­ple­ment de connec­ter des ob­jets à In­ter­net: votre ré­fri­gé­ra­teur, votre porte d’en­trée, etc. L’en­tre­prise a si­gné un par­te­na­riat avec nulle autre que Mi­cro­soft pour sé­cu­ri­ser ses pro­duits. Fi­na­le­ment, le vol et le pi­ra­tage des don­nées sont des pro­blèmes ma­jeurs pour les en­tre­prises. Bla­ckBer­ry veut ai­der dans ce do­maine. Ce se­ra une niche à très haut ren­de­ment. Le pi­ra­tage des don­nées sa­lit le nom des en­tre­prises en plus d’en­traî­ner des re­cours col­lec­tifs et des frais ju­ri­diques im­por­tants. Les en­tre­prises paient ap­pa­rem­ment très cher leurs ser­vices de sé­cu­ri­té de leurs don­nées.

Comme l’a sou­li­gné M. Chen, Bla­ckBer­ry n’est plus une en­tre­prise d’ob­jets. Elle est de­ve­nue une en­tre­prise d’idées et de cer­veaux.

Fi­nan­ciè­re­ment, elle est so­lide. La so­cié­té gé­nère un flux fi­nan­cier po­si­tif, elle est pro­fi­table en plus d’avoir 2,2 mil­liards de dol­lars d’en­caisse et 780 mil­lions de dettes. Son titre se né­go­cie au­tour de 19 fois les pro­fits et est re­la­ti­ve­ment peu vo­la­til avec un bé­ta de 1,28.

Je pense que le vi­rage de Bla­ckBer­ry n’est pas ter­mi­né, mais l’en­tre­prise est sur la bonne voie pour tout in­ves­tis­seur pa­tient. Le po­ten­tiel de crois­sance semble tout sim­ple­ment phé­no­mé­nal.

la Bla­ckBer­ry va quit­ter la pro­duc­tion des té­lé­phones pour se concen­trer sur les lo­gi­ciels. • Évo­lu­tion du titre de Bla­ckBer­ry (BB, 15,61$) L’in­dice sur trois ans 1. 15,0 Prix 12,0 9,0 6,0 Mars 2017 Jan. 2016 Août 2016 Oct. 2017 Mai 2018 2. Re­com­man­da­tions 2 2 ACHE­TER CONSER­VER 3. 1 VENDRE Cible moyenne : 16,40 $ Source : Reu­ters 4. EX­PERT IN­VI­TÉ Ta­har Man­sour

est éco­no­miste, Ph.D. et char­gé de cours à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Trois-Ri­vières.

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