Des nou­velles salles qui car­tonnent

Les Affaires - - Réunions Et Congrès - Des ca­siers à louer – Clau­dine Hé­bert

L’ef­fet nou­veau­té at­tire le monde. Voi­ci trois nou­velles salles qui font fu­reur. Réunion D Sens Ou­vert il y a tout juste un an, l’es­pace Réunion D Sens, à Mon­tréal, fait un ta­bac au­près de nom­breuses or­ga­ni­sa­tions. Construit au coût de 500 000 $, cet es­pace dis­pose de deux salles in­té­rieures qui pro­posent un dé­cor de bibliothèque (jus­qu’à 25 convives en for­mule cock­tail) et un dé­cor de cour ar­rière pou­vant ac­cueillir jus­qu’à 120 per­sonnes de­bout. Les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières, les en­tre­prises tech­no­lo­giques, les agences de mar­ke­ting et les ca­bi­nets ju­ri­diques ont ra­pi­de­ment adop­té ces lieux amé­na­gés au 7e étage du pa­villon des sciences bio­lo­giques de l’UQAM pour y or­ga­ni­ser leurs évé­ne­ments. Ce sont prin­ci­pa­le­ment des réunions stra­té­giques, de créa­tion et des 5 à 7, sans ou­blier les fêtes de Noël. « Nos salles sont ré­ser­vées plus de trois jours par se­maine. Notre taux d’oc­cu­pa­tion a même dé­jà fran­chi les 60 % », si­gnale Na­tha­lie La­belle, di­rec­trice des com­mu­ni­ca­tions de Réunion D Sens. La de­mande est d’ailleurs si grande que les concep­teurs veulent amé­na­ger un se­cond centre dès 2019, cette fois-ci avec un dé­cor de plage. Es­pace C2 De­puis no­vembre der­nier, le nou­veau som­met du Fair­mont Le Reine Eli­za­beth, à Mon­tréal, mul­ti­plie les ac­ti­vi­tés. In­clus dans la mé­ga­trans­for­ma­tion de l’hô­tel qui a coû­té 140 M $, ce nou­vel es­pace lu­mi­neux au dé­cor in­dus­triel contem­po­rain offre une vue pa­no­ra­mique sur Mon­tréal. On y re­trouve, entre autres, une ga­le­rie avec gra­dins ré­trac­tables, un stu­dio et sur­tout une ter­rasse pou­vant re­ce­voir 220 convives. Pe­tit conseil, aver­tit Joanne Pa­pi­neau, di­rec­trice des re­la­tions pu­bliques de l’hô­tel, pre­nez-vous à l’avance pour ré­ser­ver. Les lieux sont ré­gu­liè­re­ment oc­cu­pés jus­qu’à six jours par se­maine pour des réunions, des lan­ce­ments et des conférences. De plus, cet es­pace vient de rem­por­ter les grands hon­neurs du Ahead Award Amé­riques, un concours qui ré­com­pense les es­paces de réunion les plus au­da­cieux. Ce prix pro­pulse main­te­nant l’Es­pace C2 par­mi les fi­na­listes mon­diaux dont le grand ga­gnant se­ra connu cet au­tomne.

Cabaret C

Du cô­té de La­val, la nou­velle salle de lo­ca­tion Cabaret C fait un mal­heur. Ou­vert ce prin­temps, cet es­pace évé­ne­men­tiel qui oc­cupe une an­cienne boîte de nuit cu­mule dé­jà près de 200 lo­ca­tions à son ta­bleau de l’an­née 2018. L’en­droit, qui a né­ces­si­té un in­ves­tis­se­ment dans les six chiffres, pro­pose un en­vi­ron­ne­ment tech­no­lo­gie clé en main, avec écran DEL géant. Le ser­vice trai­teur n’est pas ex­clu­sif, mais le ser­vice de bar, si. Se­lon les évé­ne­ments, la ca­pa­ci­té va­rie de 50 à 350 per­sonnes. Et le sta­tion­ne­ment est gra­tuit. Le ves­tiaire c’est bien, mais le ca­sier per­son­nel, c’est en­core mieux. Lan­cé en juin 2018 lors du Grand Prix du Ca­na­da, à Mon­tréal, le nou­veau ser­vice LOKnCHARGE per­met de louer des ca­siers mo­biles avec ser­rure in­tel­li­gente. Pour le mo­ment, l’en­tre­prise mont­réa­laise dis­pose de trois uni­tés qui va­rient de 360 à 550 ca­siers. Des ca­siers dans les­quelles les uti­li­sa­teurs peuvent re­char­ger leurs ap­pa­reils mo­biles.

Après avoir at­teint un creux à l’au­tomne 2016, les taux d’in­té­rêt re­montent. Les banques cen­trales ont ces­sé leurs ra­chats mas­sifs de titres de dette compte te­nu de la reprise mon­diale. Elles haussent éga­le­ment leur taux di­rec­teur pro­gres­si­ve­ment. Ce­la est une mau­vaise nou­velle pour les titres à re­ve­nu fixe, car il existe une re­la­tion in­verse entre les taux d’in­té­rêt et le prix des obli­ga­tions. Lorsque les taux aug­mentent, les obli­ga­tions perdent de la va­leur.

Dans un tel contexte, com­ment l’in­ves­tis­seur doit-il gé­rer la par­tie obligataire de son por­te­feuille ? Rap­pe­lons d’abord que le rôle des titres à re­ve­nu fixe est de pro­té­ger le por­te­feuille contre une baisse du mar­ché des ac­tions. Du moins, ce fut le cas de­puis une tren­taine d’an­nées lorsque les taux d’in­té­rêt bais­saient conti­nuel­le­ment. Cette re­la­tion entre les obli­ga­tions et les ac­tions pour­rait chan­ger à l’ave­nir. Au­tre­ment dit, les bonnes an­nées dans le mar­ché obligataire sont der­rière nous. On pour­rait donc ob­ser­ver des pertes si­mul­ta­nées dans les por­te­feuilles d’ac­tions et d’obli­ga­tions des in­ves­tis­seurs. « Pour mi­ni­mi­ser ce risque, on mise sur des stra­té­gies qui vont pré­ser­ver le ca­pi­tal tout en gé­né­rant du re­ve­nu. On veut aus­si avoir une du­ra­tion plus courte du por­te­feuille, soit d’en­vi­ron quatre ans », pré­cise Pierre-Phi­lippe Ste-Ma­rie, chef des pla­ce­ments, re­ve­nu fixe, chez Op­ti­mum Ges­tion de Pla­ce­ments. No­tons que les ges­tion­naires de por­te­feuille obli­ga­taires ont gé­né­ra­le­ment le man­dat de battre l’in­dice obligataire uni­ver­sel FTSE/TMX Ca­na­da. Or, cet in­dice a pré­sen­te­ment une du­ra­tion su­pé­rieure à sept ans. Il est com­po­sé es­sen­tiel­le­ment de titres de dette gou­ver­ne­men­tale, pro­vin­ciale et de so­cié­té.

La du­ra­tion est la moyenne pon­dé­rée de la du­rée des dif­fé­rentes obli­ga­tions dé­te­nues en por­te­feuille ou dans un in­dice. Ex­pri­mée en an­nées, elle est une me­sure de sen­si­bi­li­té aux taux d’in­té­rêt. Ain­si, plus la du­rée avant l’échéance d’une obli­ga­tion est longue, plus cette der­nière se­ra sen­sible à un mou­ve­ment des taux d’in­té­rêt. Par exemple, si les taux de­vaient mon­ter su­bi­te­ment d’un point de pour­cen­tage (1 %), la va­leur d’une obli­ga­tion ayant une du­rée de sept ans su­bi­rait une perte équi­va­lente de 7 %.

D’après les re­cherches in­ternes de Fie­ra ca­pi­tal, « au cours des 50 der­nières an­nées, un por­te­feuille obligataire ayant une du­rée de quatre à cinq ans se voit sur­per­for­mer un por­te­feuille obligataire de type uni­vers, spé­cia­le­ment dans un contexte de hausse de taux d’in­té­rêt », sou­ligne Fran­çois Bour­don, chef des pla­ce­ments de la firme mont­réa­laise. Ce der­nier pré­co­nise éga­le­ment le choix de titres obli­ga­taires de plus courtes échéances pour l’in­ves­tis­seur de dé­tail, soit moins de cinq ans.

De plus, la ré­com­pense pour le risque qui ac­com­pagne la dé­ten­tion des obli­ga­tions à long terme a pra­ti­que­ment dis­pa­ru. « Au­jourd’hui, on se trouve dans une si­tua­tion dé­li­cate puisque la courbe des taux d’in­té­rêt est très plate, en par­ti­cu­lier entre les termes de 10 ans et de 30 ans. On n’a donc au­cun avan­tage à dé­te­nir des obli­ga­tions avec de longues échéances. Nous sommes, de plus, dans la dixième an­née d’un cycle éco­no­mique qui s’étire », pré­cise M. Ste-Ma­rie.

Ces der­niers temps, il a été ques­tion d’une pos­sible in­ver­sion de la courbe des taux d’in­té­rêt, no­tam­ment aux États-Unis. Ce­la si­gni­fie que les taux obli­ga­taires à court terme sont su­pé­rieurs aux taux obli­ga­taires de 10 ans et même de 30 ans. Une telle in­ver­sion pour­rait si­gna­ler qu’une ré­ces­sion se des­sine à l’ho­ri­zon. « Ce­la lais­se­rait en­tendre que la Banque du Ca­na­da de­vance la courbe en mon­tant trop agres­si­ve­ment ses taux et qu’elle étouffe l’économie », ajoute-t-il. Ce­la dit, nos ex­perts n’en­tre­voient pas de sé­rieux ra­len­tis­se­ment chez nous l’an pro­chain. Plai­doyer pour la qua­li­té En règle gé­né­rale, les dif­fi­cul­tés fi­nan­cières des en­tre­prises émergent lorsque l’économie ra­len­tit. « En fin de cycle éco­no­mique, la ges­tion active et l’ana­lyse de cré­dit de­viennent plus im­por­tantes à me­sure qu’on s’ap­proche d’une ré­ces­sion qui pour­rait sur­ve­nir dans deux ou trois ans », af­firme M. Bour­don.

Par ailleurs, beau­coup d’in­ves­tis­seurs ont fait la chasse au ren­de­ment au cours des der­nières an­nées en ache­tant des obli­ga­tions à haut ren­de­ment ou des obli­ga­tions de pa­co­tille, sans égard au risque de cré­dit. « Ces pla­ce­ments se­ront sous pres­sion dans les pro­chaines an­nées », dit Do­me­nic Bel­lis­si­mo, ges­tion­naire de por­te­feuille re­ve­nu fixe chez Ges­tion d’ac­tifs 1832 (fonds Dy­na­mique). Les obli­ga­tions de pa­co­tille (cote BBB faible ou moins) et les obli­ga­tions à ren­de­ment éle­vé sont des titres plus ris­qués, spé­cia­le­ment en fin de cycle éco­no­mique ou dans le cas d’une cor­rec­tion bour­sière ou même d’une ré­ces­sion. Ces obli­ga­tions se­ront d’au­tant plus vul­né­rables qu’elles ont très bien per­for­mé ces der­nières an­nées. Di­ver­si­fiez votre por­te­feuille Les dif­fé­rents types d’obli­ga­tions n’offrent pas le même pro­fil de risque ain­si faut-il di­ver­si­fier. Bien que les obli­ga­tions de so­cié­té offrent un ren­de­ment supérieur à une obli­ga­tion gou­ver­ne­men­tale fédérale, pro­vin­ciale ou mu­ni­ci­pale, elles ne de­vraient pas consti­tuer 100 % de notre por­te­feuille à re­ve­nu fixe. Con­trai­re­ment à une en­tre­prise qui peut dé­cla­rer faillite du jour au len­de­main, le cré­dit pro­vin­cial ré­agi­ra avec moins de vo­la­ti­li­té. Il faut donc te­nir compte du risque de cré­dit des titres ain­si que de leur li­qui­di­té, soit la pos­si­bi­li­té de ré­cu­pé­rer ra­pi­de­ment notre mise, no­tam­ment si on doit re­vendre les titres avant leur échéance.

Dans le cré­dit aux en­tre­prises, les écarts se sont beau­coup res­ser­rés de­puis deux ans. Ain­si, les ren­de­ments de ces obli­ga­tions sont re­la­ti­ve­ment moins at­trayants par rap­port aux autres cré­dits : gou­ver­ne­men­tal, pro­vin­cial et municipal. « Ce­la ne veut pas dire qu’on doit bou­der le cré­dit pour au­tant, mais plu­tôt qu’il faut être sé­lec­tif et re­gar­der du cô­té des obli­ga­tions de pre­mière qua­li­té ( in­vest­ment grade) », sou­ligne M. Bour­don. « On re­cherche des obli­ga­tions dont le terme est de cinq ans ou moins et on sur­pon­dère les sec­teurs dé­fen­sifs de l’économie, comme le sont les ser­vices pu­blics, par exemple », ajoute Hugues Sau­vé, vice-pré­sident, Ges­tion active, chez Op­ti­mum Ges­tion de Pla­ce­ments.

Les notes de dé­pôt ban­caire de pre­mier rang ont aus­si la cote de nos ex­perts. Ce sont des obli­ga­tions émises par les six grandes banques ca­na­diennes. On peut en trou­ver dont les termes sont in­fé­rieurs à cinq ans dans le mar­ché se­con­daire. « Cette dette senior se re­trouve dans le haut de la struc­ture du ca­pi­tal des banques », dit My­riam Me­chouat, vice-pré­si­dente, Ges­tion quan­ti­ta­tive, chez Op­ti­mum Ges­tion de Pla­ce­ments.

Il ne faut ce­pen­dant pas confondre ces titres avec de la dette ban­caire NVCC (Non Via­bi­li­ty Contin­gent Ca­pi­tal), qui existe de­puis 2014. Ces titres fi­nan­ciers peuvent être conver­tis en ac­tions en cas de risque de faillite de l’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière. Dans le cas qui nous in­té­resse, il s’agit plu­tôt d’obli­ga­tions non ga­ran­ties de pre­mier rang. On en­tend par « non ga­ran­ties » qu’il n’y a pas d’ac­tifs spé­ci­fiques ados­sés à ces dettes. Ces titres sont pré­sen­te­ment at­ti­rants en terme de cinq ans par rap­port aux obli­ga­tions pro­vin­ciales. « Lors­qu’on peut s’en pro­cu­rer à 40 points de base au-des­sus d’un cré­dit pro­vin­cial d’un terme équi­valent, c’est at­trayant », pré­cise M. Sau­vé.

Bien sûr, on peut éga­le­ment sou­hai­ter ache­ter des obli­ga­tions du gou­ver­ne­ment du Ca­na­da, le meilleur cré­dit du pays, ou des obli­ga­tions pro­vin­ciales. Dans le pre­mier cas, ces titres sont en­core re­la­ti­ve­ment chers, et ce, mal­gré la re­mon­tée ré­cente des taux d’in­té­rêt. Le ren­de­ment à l’échéance est d’en­vi­ron 2,3 % pour le terme de cinq ans, ce qui ne couvre même pas la hausse du coût de la vie, puisque le taux d’in­fla­tion a at­teint 3 % en rythme an­nua­li­sé en juillet der­nier au Ca­na­da.

Quant aux cré­dits pro­vin­ciaux, il n’y a pas d’au­baines non plus. Le cré­dit pro­vin­cial a très bien per­for­mé jus­qu’à la fin de l’an­née 2017. « Ce mar­ché est très dé­pen­dant de l’offre et de la de­mande. Il y avait du rat­tra­page à faire et on a vu beau­coup d’in­té­rêt du cô­té des ache­teurs étran­gers qui dé­tiennent en­vi­ron le quart de cette dette, ce qui est énorme. Pré­sen­te­ment, les prix de la plu­part des obli­ga­tions pro­vin­ciales sont, se­lon nous, à leur juste va­leur », constate Mme Me­chouat. Mal­gré tout, on pour­rait pos­sé­der des obli­ga­tions de la pro­vince de Québec ou de l’On­ta­rio, puisque ça rap­porte un meilleur ren­de­ment qu’une obli­ga­tion gou­ver­ne­men­tale fédérale équi­va­lente, ajoute-t-elle.

La ten­dance haus­sière des taux d’in­té­rêt se confirme. Que nous ré­serve l’ave­nir dans le mar­ché obligataire ? Où se­ront les oc­ca­sions d’in­ves­tis­se­ment ? Nos ex­perts se pro­noncent.

Pour ceux qui veulent bo­ni­fier leur ren­de­ment et qui peuvent dé­te­nir une par­tie un peu moins li­quide dans leur por­te­feuille obligataire, on peut en­vi­sa­ger d’y ajou­ter des obli­ga­tions mu­ni­ci­pales. « Elles sont re­la­ti­ve­ment plus at­trayantes que les obli­ga­tions pro­vin­ciales et il y a une offre abon­dante de titres qui ar­rivent à échéance d’ici deux à cinq ans », in­dique Mme Me­chouat. De­puis quelques mois, les écarts de ren­de­ment par rap­port aux obli­ga­tions de la pro­vince de Québec ont at­ti­ré l’at­ten­tion des ges­tion­naires. On peut ob­te­nir près de 60 points de base de plus de ren­de­ment en ache­tant un cré­dit municipal alors qu’on en ob­te­nait moins de 40 il y a quelques mois.

Les obli­ga­tions mu­ni­ci­pales ne sont ce­pen­dant pas ga­ran­ties ex­pli­ci­te­ment par la pro­vince de Québec. Et ex­cep­té les villes de Mon­tréal, de La­val et de Québec, elles n’ont pas, non plus, de cote de cré­dit. Il faut donc choi­sir soi­gneu­se­ment ces mu­ni­ci­pa­li­tés en ana­ly­sant leur bi­lan, leur pou­voir de taxa­tion et leur dé­pen­dance à une in­dus­trie, dans le cas par exemple d’une ré­gion éloi­gnée.

« Tech­ni­que­ment, nos mu­ni­ci­pa­li­tés n’ont pas le droit d’ac­cu­ser de dé­fi­cit, con­trai­re­ment aux pro­vinces », note Mme Me­chouat. Se­lon elle, il est sen­sé, pour un in­ves­tis­seur dont la moi­tié du por­te­feuille est en re­ve­nu fixe, d’en dé­te­nir 10 de cette part. Une bonne fa­çon d’in­ves­tir ce mar­ché se­ra d’ache­ter un por­te­feuille di­ver­si­fié d’obli­ga­tions mu­ni­ci­pales. Le ges­tion­naire de por­te­feuille chez RBC Ges­tion de pa­tri­moine, Fran­çois Tê­tu, aime bien le fonds né­go­cié en Bourse (FNB) Ho­ri­zons Ac­tif obli­ga­tions mu­ni­ci­pales ca­na­diennes (HMP), dont le frais de ges­tion est de 29 points de base.

Quant aux obli­ga­tions in­ter­na­tio­nales, on pour­rait vou­loir di­ver­si­fier le por­te­feuille ailleurs qu’au Ca­na­da, puisque notre mar­ché ne re­pré­sente que 3 % du re­ve­nu fixe mon­dial. Il n’y a ce­pen­dant pas de grandes au­baines ac­tuel­le­ment. Il fau­dra en plus te­nir compte des coûts liés à la cou­ver­ture de change puisque la vo­la­ti­li­té des de­vises est plus im­por­tante que la vo­la­ti­li­té des taux obli­ga­taires. « Plu­sieurs in­ves­tis- seurs sou­hai­te­ront ti­rer pro­fit de la di­ver­si­fi­ca­tion in­ter­na­tio­nale en dé­te­nant des ac­tions étran­gères plu­tôt que du re­ve­nu fixe », dit M. Tê­tu.

Les ac­tions pri­vi­lé­giées ont la cote

Pour ceux dont la to­lé­rance au risque est plus éle­vée, les ac­tions pri­vi­lé­giées sont éga­le­ment une ca­té­go­rie d’ac­tifs à consi­dé­rer. Les ac­tions pri­vi­lé­giées sont des titres hy­brides sou­vent re­gar­dés comme fai­sant par­tie de la par­tie à re­ve­nu fixe du por­te­feuille. Elles versent des di­vi­dendes fixes ou va­riables. Leur trai­te­ment fis­cal est avan­ta­geux grâce au cré­dit d’im­pôt pour le di­vi­dende. Ces titres ont été gran­de­ment mal­me­nés en 2015 et en 2016, mais ob­tiennent la fa­veur de plu­sieurs ges­tion­naires ac­tuel­le­ment.

La sé­lec­tion de ces titres né­ces­site ce­pen­dant une ex­per­tise en ana­lyse de cré­dit. Une même en­tre­prise peut émettre plu­sieurs types d’ac­tions pri­vi­lé­giées (per­pé­tuelle, à taux fixe ré­vi­sable, à taux flottant) ayant cha­cune ses propres clauses. Par exemple, cer­taines peuvent être ra­che­tables au gré de l’émet­teur, ou en­core, conver­tibles en ac­tions pri­vi­lé­giées à taux va­riables.

« Une bonne fa­çon de pro­fi­ter de cette ca­té­go­rie d’ac­tif com­plexe se­ra d’ache­ter un pa­nier di­ver­si­fié d’ac­tions pri­vi­lé­giées, no­tam­ment en se pro­cu­rant un fonds com­mun gé­ré ac­ti­ve­ment », sug­gère M. Sau­vé. Op­ti­mum offre ce genre de so­lu­tion d’in­ves­tis­se­ment à sa clien­tèle de ges­tion pri­vée. Il existe aus­si des FNB d’ac­tions pri­vi­lé­giées. M. Tê­tu pro­pose le FNB FNB ac­tif d’ac­tions pri­vi­lé­giées Dy­na­mique iS­hares (DXP), dont les frais de ges­tion sont de 58 points de base. « Il est éga­le­ment of­fert en ver­sion fonds com­mun de pla­ce­ment. On ac­cède ain­si à une ges­tion active où le ges­tion­naire peut in­ves­tir tant au Ca­na­da qu’aux États-Unis », pré­cise-t-il.

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6Con­cen­tra­tion sec­to­rielle et ab­sence de cer­tains sec­teurs bour­siers Cer­tains in­ves­tis­seurs tombent amou­reux de cer­tains sec­teurs en par­ti­cu­lier. C’est sou­vent le cas avec les ac­tions des banques ca­na­diennes à cause de leur gé­né­reux di­vi­dende ou en­core celles des so­cié­tés tech­no­lo­giques à cause de leur po­ten­tiel d’ap­pré­cia­tion per­çu très fa­vo­ra­ble­ment. Je l’ai dé­jà écrit dans cette chro­nique, je ne crois pas que les ac­tions à haut re­ve­nu de di­vi­dende soient in­trin­sè­que­ment su­pé­rieures aux autres (2). Les so­cié­tés du sec­teur des tech­no­lo­gies non plus. L’écla­te­ment de la bulle des tech­nos au dé­but des an­nées 2000 a mon­tré que les titres de ce sec­teur peuvent connaître de grands hauts et de grands bas. des frais de ges­tions des fonds com­muns et des FNB que vous dé­te­nez, ain­si que les com­mis­sions sur les achats et ventes ef­fec­tués dans votre por­te­feuille. Se­lon mes es­ti­més, un por­te­feuille équi­li­bré d’ac­tions et d’obli­ga­tions offre un ren­de­ment es­pé­ré d’en­vi­ron 5 %. Donc chaque tranche de 1 % en frais sous­trait 1/5 au ren­de­ment de votre por­te­feuille. Il faut que les ser­vices ren­dus en échange de ces frais (pla­ni­fi­ca­tion fi­nan­cière, autres conseils afin d’or­ga­ni­ser votre vie fi­nan­cière) en vaillent le coût. Si vous faites af­faires avec un conseiller et que la somme de tous ces frais dé­passe lar­ge­ment 1 %, po­sez-lui des ques­tions à propos des ser­vices ob­te­nus. Peut-être en conclu­rez-vous que le tra­vail ef­fec­tué vaut lar­ge­ment ces frais. Si, tou­te­fois, vous trou­vez les frais trop éle­vés, il est temps de dis­cu­ter d’une ré­duc­tion d’ho­no­raires ou de re­cher­cher un nou­veau conseiller. Si, par ailleurs, vous gé­rez votre por­te­feuille vous-même et que la somme de vos frais dé­passe 1 %, vous payez pro­ba­ble­ment trop cher.

À la lu­mière de la liste de vé­ri­fi­ca­tion ci-des­sus, il est fa­cile de com­prendre pour­quoi j’aime in­ves­tir à l’aide des FNB (3). Com­ment à la fois at­teindre des ob­jec­tifs exi­geants de di­ver­si­fi­ca­tion par titres, pays, tailles d’en­tre­prise et par sec­teurs, le tout en main­te­nant des frais qui ne ré­duisent pas trop le ren­de­ment ? C’est simple : la ma­jo­ri­té des autres pro­duits fi­nan­ciers ne peuvent même pas ri­va­li­ser avec ce qui se fait de mieux dans le mar­ché des FNB.

la (1) Dim­son, E., P. Marsh, M. Staun­ton, Cre­dit Suisse In­vest­ment Year­book, 2018. (2) Ker­zé­rho, R. « Pour ou contre les fonds d’ac­tions à di­vi­dende éle­vé ? », Les Af­faires, juillet 2017. (3) Pour une sug­ges­tion de por­te­feuille de FNB qui ré­pond aux cri­tères dis­cu­tés dans cette chro­nique, voir Ker­zé­rho, R., « Un por­te­feuille de FNB ré­sis­tant aux krachs im­mo­bi­liers et autres ca­la­mi­tés », Les Af­faires, juin 2017.

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