« Le S&P 500 pour­rait se rendre à 3 000 points »

– Ron Mei­sels, PDG de Phases & Cycles

Les Affaires - - Marchés En Action | Analyse - Sté­phane Rol­land stephane.rol­land@tc.tc srol­land_­la

STÉ­PHANE ROL­LAND – Après la cor­rec­tion du dé­but de l’an­née, le S&P 500, à New York, est par­ve­nu, en août, à fran­chir de nou­veau son som­met his­to­rique. Qu’est-ce que ce­la si­gni­fie? RON MEI­SELS

– C’est très po­si­tif, en ligne avec ce que nous avions pré­vu, c’est-à-dire que ce qui est ar­ri­vé en jan­vier-fé­vrier était une cor­rec­tion, rien de dra­ma­tique, pas le dé­but d’un mar­ché bais­sier. Ce­la fai­sait par­tie des mou­ve­ments nor­maux du mar­ché. Le fait qu’on soit au-des­sus de 2873 points dé­montre que le mar­ché est très vi­gou­reux.

S.R. – Pour com­bien de temps ce­la in­fluen­ce­ra-t-il la ten­dance? R.M.

– En ana­lyse tech­nique, on dit sou­vent qu’on ne peut pas pré­voir la dis­tance et la du­rée en même temps. Pour la dis­tance, nous pen­sons qu’il est pos­sible d’at­teindre les 3000 points as­sez fa­ci­le­ment.

S.R. – Nous ap­pro­chons du scru­tin de mi-man­dat aux États-Unis. Des études ont mon­tré que les ren­de­ments étaient ha­bi­tuel­le­ment bons dans les mois qui suivent une élec­tion de mi-man­dat. Pre­nez-vous en compte le scru­tin dans votre ana­lyse? R.M.

– C’est cer­tain que les élec­tions de mi­man­dat sont un fac­teur im­por­tant. Par contre, on ne pour­ra faire une pré­dic­tion que lorsque nous se­rons beau­coup plus près de no­vembre. Si les ren­de­ments montent ra­pi­de­ment avant les élec­tions et qu’on touche les 3000 points, le S&P 500 pour­rait être dû pour une cor­rec­tion. Si le mar­ché ne fait rien d’ici là, il pour­rait être prêt à pro­gres­ser da­van­tage.

S.R. – Qu’en est-il pour les pers­pec­tives du S&P/TSX? R.M.

– En rai­son de la hausse du S&P/TSX d’avril à juillet, il ne se­rait pas sur­pre­nant que nous ayons une cor­rec­tion. Par la suite, je pense que le S&P/TSX peut al­ler jus­qu’à 17000 points (à 16134 points au mo­ment du pro­nos­tic).

S.R. – Nom­breux sont ceux qui se de­mandent si nous ap­pro­chons du som­met du mar­ché haus­sier. Qu’est-ce qui vous per­met­trait de l’an­ti­ci­per? R.M.

– En ce mo­ment, le mar­ché s’in­quiète de trois choses: Trump, les ta­rifs et la Tur­quie. Il fau­drait com­men­cer à s’in­quié­ter quand les in­ves­tis­seurs dé­ci­de­ront d’en­trer mas­si­ve­ment dans le mar­ché. Nous ne voyons pas ça. Il y a en­core beau­coup d’ar­gent non in­ves­ti. Quand il y au­ra trop de gens au front, ce se­ra le mo­ment où je vais com­men­cer à être né­ga­tif.

S.R. – Quelles so­cié­tés trou­vez-vous at­trayantes en ce mo­ment? R.M.

– En­ca­na (ECA, 16,28$ ) est at­trayante. Si elle fran­chit les 18$, je crois que ce se­rait bon pour le titre. Pa­son Sys­tems (PSI, 20,67$ ) était sous les 20$ de­puis long­temps et vient de fran­chir ce seuil. Nous cher­chons des so­cié­tés qui ont per­cé un cer­tain seuil qui n’a pas été tou­ché de­puis un cer­tain temps. Le Ca­na­dien Na­tio­nal (CNR, 114,09$) a bien per­for­mé ré­cem­ment, ce qui le rend at­trayant. L’ac­tion de Dom­tar (UFS, 52,33$ US) est at­trayante, mais sa pro­gres­sion est un peu éti­rée. Elle pour­rait avoir be­soin d’une cor­rec­tion. Évi­dem­ment, il y a les titres du sec­teur de la ma­ri­jua­na. Leur per­for­mance est in­croyable.

S.R. – Sous l’angle de l’ana­lyse fon­da­men­tale, on en­tend sou­vent que les éva­lua­tions du sec­teur de la ma­ri­jua­na sont exa­gé­rées. Sous l’angle tech­nique, la forte hausse du sec­teur n’est pas plu­tôt un signe qu’il faut se mon­trer prudent? R.M.

– C’est im­pos­sible d’éva­luer ces ac­tions se­lon un ra­tio cours/ bé­né­fice, car c’est un sec­teur qui en est à ses tout dé­buts. Il y a suf­fi­sam­ment d’in­té­rêt de la part des in­ves­tis­seurs pour lui faire tou­cher de nou­veaux som­mets. C’est vrai que ça de­vient un peu fou et qu’il y a de très gros mou­ve­ments. Ce sont des ac­tions très spé­cu­la­tives. Seuls ceux qui com­prennent ce­la de­vraient s’y aven­tu­rer, et avec beau­coup de pru­dence.

Ron Mei­sels est le PDG de Phases & Cycles, qu’il a fon­dée en 1990. Il compte plus de 40 ans d’ex­pé­rience en ana­lyse tech­nique. Au­pa­ra­vant, il a tra­vaillé chez Nes­bitt Thom­son (de­ve­nue BMO Nes­bitt Burns).

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