Ho­ckey : ces titres peuvent-ils la mettre de­dans ?

Sur le ra­dar

Les Affaires - - Billet |Sommaire - Chro­nique Fran­çois Pou­liot fran­çois.pou­liot@tc.tc Chro­ni­queur | f_­pou­liot Re­com­man­da­tions Groupe TVA (TVA.B, 2,41$)

Les matchs hors con­cours sont lan­cés et la sai­son ap­proche à grands pas. Alors que les pools de ho­ckey se construisent, l’idée nous est ve­nue d’y al­ler d’un pe­tit exer­cice: éva­luer la force des titres liés à la Ligue na­tio­nale de ho­ckey (LNH).

Notre ali­gne­ment est consti­tué de so­cié­tés qui pour­raient ti­rer bé­né­fice de dif­fé­rents dé­ve­lop­pe­ments sur la glace. Notre clas­se­ment: pre­mier trio, deuxième trio, troi­sième trio, ou sur le banc.

Voyons-y de plus près.

Groupe TVA (TVA.B, 2,41$): ça dé­pen­dra du gar­dien

Le pa­ri est évi­dem­ment sur la fi­liale TVA Sports, dont les pertes plombent les ré­sul­tats du dif­fu­seur. Va­leurs mo­bi­lières TD éva­lue ces pertes à plus de 18 mil­lions de dol­lars en 2018. Le tout est à mettre en pers­pec­tive avec un bé­né­fice avant in­té­rêts, im­pôts et amor­tis­se­ment at­ten­du to­tal de 54 M$ pour TVA.

La grande ques­tion est de sa­voir si le CH se ren­dra en sé­ries éli­mi­na­toires. TVA Sports dé­tient les droits ex­clu­sifs de la LNH sur les matchs en sé­ries. Une par­ti­ci­pa­tion éten­due sti­mu­le­rait l’abon­ne­ment, les cotes d’écoute et les re­ve­nus pu­bli­ci­taires. Ce qui fe­rait fondre la perte et don­ne­rait aus­si vrai­sem­bla­ble­ment du to­nus aux mul­tiples ac­co­lés au titre.

Les doutes sont ce­pen­dant im­por­tants sur la par­ti­ci­pa­tion du CH aux sé­ries, à moins d’une per­for­mance ex­cep­tion­nelle de Ca­rey Price.

Ver­dict: sur le banc.

Sports­cene (SPS.A, 9,81$): une re­mon­tée en zone neutre

Le scé­na­rio est un peu le même que pour TVA. Le Ca­na­dien de Mon­tréal a un ef­fet de le­vier im­por­tant sur les 43 éta­blis­se­ments de La Cage. Si la sai­son est bonne, plus de fans fré­quentent les res­to-bars. S’il va en sé­rie, la sai­son se pro­longe avec en­core plus de monde dans les éta­blis­se­ments.

Une dif­fé­rence po­si­tive ce­pen­dant. La ré­or­ga­ni­sa­tion du ré­seau au cours des der­nières an­nées, avec de nou­veaux me­nus et de nou­velles fa­çons de faire, porte fruit. Même si le CH n’a pas fait les sé­ries et a connu une fort pé­nible sai­son en 2017-2018, les ré­sul­tats de Sports­cene après neuf mois sont sur­pre­nants: une aug­men­ta­tion des ventes de 6,8% et un bé­né­fice en hausse de 85%. Après neuf mois, le bé­né­fice par ac­tion est à 0,65$. En pos­tu­lant que le qua­trième tri­mestre se­ra neutre sur les ré­sul­tats comme l’an der­nier (bé­né­fice de zé­ro cent), c’est un titre qui se né­go­cie à près de 14 fois le bé­né­fice. Un ni­veau qui n’est pas une au­baine, mais qui n’est pas ex­ces­sif non plus, si la crois­sance se pour­suit.

Il y a aus­si de nou­veaux pro­jets. Une per­cée dans le dé­jeu­ner avec la chaîne L’Ave­nue, dans la­quelle Sports­cene dé­tient main­te­nant une par­ti­ci­pa­tion de 50% (pro­jet de 20 ou­ver­tures de res­tau­rants sur cinq ans), et le lan­ce­ment de À Do­mi­cile, une nou­velle ban­nière ré­créa­tive (tables de ping-pong, ba­by-foot, mis­sis­si­pi, etc.) qui cible les mil­lé­niaux et qui pour­rait éven­tuel­le­ment comp­ter une di­zaine d’en­seignes.

Ver­dict: troi­sième trio, avec pos­si­bi­li­té de pro­mo­tion vers le deuxième, dé­pen­dam­ment des pre­miers ré­sul­tats des nou­velles ini­tia­tives. Bos­ton Piz­za (BPF, 17,12$): pro­blème à l’at­taque Même genre de pa­ri que pour Sports­cene, sauf qu’il est à l’échelle na­tio­nale, avec 391 res­to-bars fran­chi­sés.

Il est vrai que la so­cié­té donne son 7,3%, cô­té di­vi­dende, mais ce­lui-ci re­pré­sente ac­tuel­le­ment 105% des bé­né­fices. Et Va­leurs mo­bi­lières Banque Lau­ren­tienne pré­voit une crois­sance des ventes des éta­blis­se­ments com­pa­rables de 0% cette an­née. Il fau­drait vrai­ment que toutes les équipes ca­na­diennes connaissent une forte sai­son cette an­née, de même qu’en sé­ries, ce qui n’ar­ri­ve­ra pas.

Ver­dict: sur le banc. Ma­di­son Square Gar­den (MSG, 313,37$ US): com­bien d’es­pace avant le pla­fond? Le pro­prié­taire du fa­meux am­phi­théâtre new-yor­kais (et de plu­sieurs autres grandes salles), des Knicks (bas­ket­ball) et des Ran­gers.

Il y a beau­coup d’ac­tion ces jours-ci, alors que la di­rec­tion songe à re­grou­per les équipes sportives dans une nou­velle en­ti­té et à l’es­sai­mer en Bourse.

Toute cette ac­ti­vi­té a ame­né les ana­lystes à re­voir leurs mo­dèles d’éva­lua­tion et à re­va­lo­ri­ser les com­po­santes. Les Ran­gers sont une va­leur as­sez sûre, ayant par­ti­ci­pé à sept sé­ries au cours des neuf der­nières an­nées. C’est moins re­lui­sant pour les Knights, avec seule­ment trois par­ti­ci­pa­tions de­puis 2004, mais on peut aus­si y voir que le meilleur est à ve­nir.

La cible moyenne des ana­lystes est au­tour de 340$ US. C’est un po­ten­tiel de 13%. Mais l’op­ti­misme at­ta­ché au pro­jet de spin-off a dé­jà contri­bué à faire avan­cer le titre de près de 35% sur un an. Le pla­fond pour­rait être plus rap­pro­ché qu’il n’y pa­raît.

Ver­dict: troi­sième trio.

Al­can­na (CLIQ, 9,77 $) : que fe­ra la re­crue?

Une his­toire qui res­semble à pre­mière vue à celle de Sports­cene et de Bos­ton Piz­za, mais on parle ici d’un dé­taillant d’al­cool. La so­cié­té est l’an­cien Li­quor Store. Elle pos­sède 172 éta­blis­se­ments en Al­ber­ta, 35 en Co­lom­bie-Bri­tan­nique, 23 en Alas­ka et 13 au Ken­tu­cky. La per­for­mance des Ca­nucks, des Oi­lers et des Flames peut of­frir un le­vier im­por­tant. Mal­heu­reu­se­ment, d’un point de vue pro­ba­bi­liste, ce­lui-ci semble faible: Van­cou­ver n’a pas fait les sé­ries de­puis trois ans, les Oi­lers les ont faites une fois en 12 ans et le pal­ma­rès de Cal­ga­ry n’est guère plus re­lui­sant.

Le mar­ché fonde beau­coup d’es­poir sur une nou­velle re­crue: le can­na­bis. La so­cié­té pour­ra no­tam­ment ou­vrir 37 éta­blis­se­ments en Al­ber­ta et a des plans pour une cen­taine en On­ta­rio, alors que le nou­veau gou­ver­ne­ment vient de dé­ci­der d’ou­vrir le mar­ché du dé­tail au pri­vé.

Ver­dict: il pour­rait bien y avoir un po­ten­tiel in­té­res­sant ici, mais il y a beau­coup d’in­con­nu (le nombre de li­cences qui se­ront ob­te­nues en On­ta­rio, les im­mo­bi­li­sa­tions qui se­ront né­ces­saires, les coûts d’ex­ploi­ta­tion).

Ver­dict: troi­sième trio. On ver­ra en­suite les pro­grès de la re­crue.

Conclu­sion gé­né­rale

On ne peut pas dire que ça sent tel­le­ment la coupe pour 2018-2019…

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