LE DÉ­TAILLANT AU LO­GO DE CASTOR SUR LE BANC DES PU­NI­TIONS

Roots Corp., ROOT, 5,60 $

Les Affaires - - Investir -

es at­tentes trop éle­vées et de trop grandes am­bi­tions ont ten­du un piège au dé­taillant de vê­te­ments rus­tiques chics. Le plon­geon de l’ac­tion si­gnale que cer­tains in­ves­tis­seurs ont per­du confiance dans sa re­lance, après un deuxième tri­mestre et des pers­pec­tives dé­ce­vants.

« La marque a de la va­leur et exige des in­ves­tis­se­ments pour en ex­traire tout le po­ten­tiel à moyen terme. Les di­ri­geants courent peut-être trop de lièvres à la fois », craint Vi­shal Sh­reed­har, de Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, qui sou­haite une meilleure ré­par­ti­tion des res­sources du dé­taillant.

L’ana­lyste si­gnale que les dé­penses gé­né­rales ont crû de 11 % au deuxième tri­mestre par rap­port à une hausse de 3,6 % des ventes, ce qui a en­traî­né une perte de 0,06 $ par ac­tion.

Dé­pi­té par la per­for­mance du mar­chand, Mi­chael Bi­net­ti, de Cre­dit Suisse, a char­cu­té ses pré­vi­sions de bé­né­fices, et son cours cible est pas­sé de 8,50 $ à 6 $.

Il doute que Roots sau­ra ra­vi­ver la fré­quen­ta­tion de ses ma­ga­sins, dont les ventes avaient été souf­flées par le 150e an­ni­ver­saire du Ca­na­da, en 2017.

L’ana­lyste de New York se de­mande éga­le­ment si la marque gagne as­sez en no­to­rié­té aux États-Unis pour jus­ti­fier les loyers éle­vés des nou­velles bou­tiques si­tuées dans des quar­tiers hup­pées de Chi­ca­go, Bos­ton et Wa­shing­ton, entre autres. En d’autres mots, si les ventes n’y sont pas au ren­dez-vous, le cous­sin de ren­ta­bi­li­té de Roots pour­rait vite dis­pa­raître.

Les in­ves­tis­seurs ont tort de re­mettre en ques­tion tout le po­ten­tiel de la trans­for­ma­tion de Roots en rai­son de un ou deux tri­mestres dé­ce­vants, font ce­pen­dant va­loir les ana­lystes de Banque Sco­tia, TD et Ca­nac­cord Ge­nui­ty.

Le titre est une au­baine, as­sure Pa­tri­cia Ba­ker, de Banque Sco­tia. À ses yeux, la hausse de 3 % de la marge brute à ce jour, en 2018, confirme que l’épu­ra­tion des col­lec­tions et du nombre de four­nis­seurs fonc­tionne dé­jà.

Les clients ap­pré­cient aus­si l’ajout d’ar­ticles en cuir, de robes et de vê­te­ments plus lé­gers, ajoute-t-elle.

L’an pro­chain, Roots lan­ce­ra of­fi­ciel­le­ment une gamme de chaus­sures et de bottes d’ins­pi­ra­tion ar­ti­sa­nale, un seg­ment ren­table très pro­met­teur à long terme, ren­ché­rit Ca­mi­lo Lyon, de Ca­nac­cord Ge­nui­ty.

Roots ac­cé­lère de 8 à 33 le nombre de ré­no­va­tions pré­vues, d’ici la fin de 2019. Chaque bou­tique ré­no­vée aug­mente ses ventes de 20 %.

Les nou­velles fonc­tion­na­li­tés nu­mé­riques fa­ci­litent aus­si les tran­sac­tions en ligne, dit-il.

Un nou­veau centre de dis­tri­bu­tion, fonc­tion­nel à la mi-2019, amé­lio­re­ra l’ap­pro­vi­sion­ne­ment des ma­ga­sins et pren­dra en charge la ges­tion des com­mandes en ligne.

« Roots amorce un long cycle de re­vi­ta­li­sa­tion de sa marque. Sa pe­tite taille, le dif­fi­cile mar­ché amé­ri­cain et le prix éle­vé des ar­ticles res­tent tout de même des fac­teurs de risque », ex­plique M. Sh­reed­har.

Au cours ac­tuel, l’éva­lua­tion d’à peine 7 fois les bé­né­fices pré­vus en 2019 re­flète am­ple­ment ces risques, es­time-t-il.

« Le ra­len­tis­se­ment de la crois­sance des ventes com­pa­rables est tem­po­raire, mais le titre risque de vé­gé­ter jus­qu’à ce qu’elles s’amé­liorent à nou­veau. Les at­tentes abais­sées de­vien­dront de nou­velles fon­da­tions », in­dique M. Lyon, qui ra­mène son cours cible de 12 $ à 9 $.

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