Les firmes s’ar­rachent les spé­cia­listes en TI

Les Affaires - - LES GRANDS DE LA COMPTABILI­TÉ -

Les équipes des grandes firmes comp­tables de­viennent de plus en plus éclec­tiques et les spé­cia­listes des tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion sont très de­man­dés. Mon­dia­le­ment, EY se targue d’avoir em­bau­ché plus de gens en science et tech­no­lo­gie que Google en 2018. À Mon­tréal, Ni­co­la Vi­zio­li, as­so­cié dé­lé­gué, Ser­vices consul­ta­tifs chez EY, rap­pelle que la stra­té­gie de la firme a bien chan­gé de­puis quelques an­nées. « Avant, nous af­fi­chions un poste en fonc­tion d’un be­soin très pré­cis à pourvoir pour notre ca­bi­net ou l’un de nos clients, alors que main­te­nant, nous éva­luons les be­soins pour plu­sieurs an­nées à ve­nir et re­cher­chons dès main­te­nant les ta­lents qui pour­ront y ré­pondre », ex­plique-t-il.

Se­lon lui, la de­mande est très forte pré­sen­te­ment pour des spé­cia­listes de la cy­ber­sé­cu­ri­té, de l’intelligen­ce artificiel­le, de l’au­to­ma­ti­sa­tion des pro­ces­sus, de la trans­for­ma­tion nu­mé­rique et des tech­no­lo­gies liées aux chaînes d’ap­pro­vi­sion­ne­ment.

Du côté des jeunes, il est sur­tout cru­cial de leur faire dé­cou­vrir la firme le plus tôt pos­sible. « Les étu­diants en pre­mière an­née de bac­ca­lau­réat connaissen­t les Ubi­soft et Google, mais ne pensent pas né­ces­sai­re­ment à une car­rière dans un ca­bi­net comp­table, alors il faut faire de l’éducation », ad­met M. Vi­zio­li. La firme est très pré­sente sur les cam­pus, de même que sur les ré­seaux so­ciaux. Elle or­ga­nise aus­si des ac­ti­vi­tés et n’hé­site pas à in­vi­ter les jeunes dans ses lo­caux afin de leur pré­sen­ter la culture or­ga­ni­sa­tion­nelle, l’un des grands atouts d’EY, se­lon M. Vi­zio­li.

Le re­cru­te­ment de tra­vailleurs ex­pé­ri­men­tés pré­sente des dé­fis bien dif­fé­rents. EY se fie alors à son ré­seau. Il peut s’agir de gens qui ont col­la­bo­ré à titre de tra­vailleurs au­to­nomes ou comme consul­tants avec la firme, ou en­core de per­sonnes sug­gé­rées par les em­ployés d’EY, une voie que ce ca­bi­net ap­pré­cie beau­coup, les em­ployés d’EY agis­sant comme des am­bas­sa­deurs afin d’y at­ti­rer des ta­lents.

Des be­soins pour une courte pé­riode de quelques se­maines à quelques mois se­ront com­blés par des consul­tants ex­ternes ou des tra­vailleurs au­to­nomes. EY n’hé­site pas non plus à pro­cé­der à des ac­qui­si­tions lorsque l’oc­ca­sion se pré­sente, pour ac­qué­rir des ta­lents ou des tech­no­lo­gies.

Elle n’est pas la seule. L’ac­qui­si­tion ré­cente de la firme qué­bé­coise de cy­ber­sé­cu­ri­té Egyde par KPMG, en 2018, montre bien que les ca­bi­nets n’hé­sitent pas à mettre la main sur des en­tre­prises ex­ternes dont l’ex­per­tise peut être utile dans le dé­ve­lop­pe­ment de leur offre en TI.

La main-d’oeuvre se ra­ré­fie

Chez PwC, l’as­so­cié spé­cia­li­sé en TI Marc Four­nier n’hé­site pas à ad­mettre que le re­cru­te­ment de tra­vailleurs dans ces dis­ci­plines de­vient de plus en plus ar­du en rai­son du plein em­ploi ré­gnant au Qué­bec et parce que toutes les en­tre­prises, dans tous les do­maines, se les ar­rachent. Le dé­fi se com­plique du fait que le bu­reau de Mon­tréal re­cherche sur­tout des gens bi­lingues, ce qui n’est pas tou­jours le cas des res­sources dis­po­nibles ailleurs au Ca­na­da ou même dans le monde. PwC n’hé­site pas, en ef­fet, à re­cru­ter en de­hors des fron­tières qué­bé­coises et ca­na­diennes.

« Nous avons des équipes des­ti­nées au re­cru­te­ment sur les cam­pus et d’autres qui se chargent de trou­ver des pro­fes­sion­nels ex­pé­ri­men­tés et nous fai­sons aus­si une vi­gie constante pour cer­ner des en­tre­prises spé­cia­li­sées en TI qui pour­raient consti­tuer des cibles d’ac­qui­si­tion in­té­res­santes », ajoute-t-il. PwC Ca­na­da peut aus­si bé­né­fi­cier de res­sources dé­ve­lop­pées dans les pra­tiques TI aux États-Unis ou dans le monde. Au to­tal, PwC compte plus de 3300 pro­fes­sion­nels qui se concentren­t seule­ment sur les ques­tions de cy­ber­sé­cu­ri­té et de pro­tec­tion des don­nées et de la vie pri­vée.

Se­lon Emi­lio Im­bri­glio, pré­sident et chef de la di­rec­tion de RCGT, la ra­re­té de la main-d’oeuvre en TI à un mo­ment où son ap­port à la crois­sance des ca­bi­nets de­vient cru­cial impose une pres­sion à la hausse des ré­mu­né­ra­tions. Elle pousse éga­le­ment les ca­bi­nets à re­voir leurs me­sures de mo­bi­li­sa­tion et de ré­ten­tion des em­ployés. C’est le cas chez RCGT et ce­la semble por­ter fruit. « Ce n’est pas simple, mais nous réus­sis­sons à at­teindre notre ob­jec­tif de tou­jours re­cru­ter par­mi les meilleurs can­di­dats d’un sec­teur », sou­tient M. Im­bri­glio. Une ac­qui­si­tion comme celle de FPM360 par RCGT re­pré­sente une autre voie pour of­frir des ser­vices tech­no­lo­giques de pointe aux clients du ca­bi­net.

– Jean-Fran­çois Venne

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