Pé­nu­rie de main-d’oeuvre: nos de­voirs à l’égard de la jeune gé­né­ra­tion

Les Affaires - - ÉNERGIE -

Cour­rier des lec­teurs — Les craintes de nos en­tre­prises à l’égard du manque de main-d’oeuvre qua­li­fiée sont fré­quentes. Si jus­ti­fiées soient-elles, ces craintes oc­cultent ce­pen­dant une réa­li­té dont on parle moins : la res­pon­sa­bi­li­té de ces mêmes en­tre­prises dans le che­mi­ne­ment de la jeune gé­né­ra­tion vers le mar­ché du tra­vail.

Car on ne doit pas s’y trom­per: dans le contexte d’une éco­no­mie en crois­sance, la pé­nu­rie de main-d’oeuvre est un pro­blème réel, no­tam­ment dans le sec­teur ma­nu­fac­tu­rier hau­te­ment tech­no­lo­gique. L’in­dus­trie aé­ro­spa­tiale compte plus de 40000 em­plois di­rects au Qué­bec et pour l’an­née 2019, plus de 4 700 postes se­ront à pourvoir dans cette in­dus­trie. Par ailleurs, 51% des en­tre­prises in­diquent que leurs dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment sont liées au manque de can­di­dats dis­po­nibles.

Une meilleure adé­qua­tion de la for­ma­tion de la main-d’oeuvre avec les be­soins de l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique est pro­ba­ble­ment une des so­lu­tions les plus ef­fi­caces pour com­bler la pé­nu­rie ac­tuelle. Mais comment don­ner en­vie aux jeunes Qué­bé­cois et Qué­bé­coises de s’in­té­res­ser à ces for­ma­tions? Comment les ins­pi­rer, les convaincre qu’ils peuvent eux aus­si contri­buer au pro­grès tech­no­lo­gique, de­ve­nir des ac­teurs de chan­ge­ment et en ti­rer une im­mense sa­tis­fac­tion? Nous croyons qu’une bonne par­tie de la ré­ponse à ces ques­tions re­lève de la res­pon­sa­bi­li­té des en­tre­prises elles-mêmes à sus­ci­ter cet in­té­rêt au­près des pro­chaines gé­né­ra­tions.

Toute grande en­tre­prise canadienne ou qué­bé­coise so­cia­le­ment res­pon­sable de­vrait au­jourd’hui avoir un pro­gramme de sou­tien à la re­lève. C’est ce que fait Bom­bar­dier, avec le sou­tien de son bras phi­lan­thro­pique, la Fon­da­tion J. Ar­mand Bom­bar­dier, en in­ves­tis­sant temps et sa­voir-faire au­près des jeunes.

Le Mu­sée de l’in­gé­nio­si­té cé­lèbre l’hé­ri­tage de l’in­ven­teur de la mo­to­neige et cherche à ins­pi­rer les jeunes gé­né­ra­tions. Le Centre cultu­rel Yvonne L. Bom­bar­dier donne ac­cès à des res­sources en arts vi­suels à tous. Plus près de nous, Bom­bar­dier af­fiche l’un des pro­grammes de stages les plus dé­ve­lop­pés de l’in­dus­trie. De plus, elle sou­tient de­puis ses dé­buts, en 2010, l’or­ga­nisme Ro­bo­tique FIRST Qué­bec et son Fes­ti­val de ro­bo­tique dont la hui­tième édi­tion s’est te­nue les 1er et 2 mars der­nier au Stade olym­pique. Une cen­taine d’em­ployés bé­né­voles de l’en­tre­prise y par­tagent chaque an­née leur pas­sion pour la science avec plus de 3 000 jeunes par­ti­ci­pants à cette grande fête de la ro­bo­tique.

Cette initiative de Ro­bo­tique FIRST Qué­bec, en par­te­na­riat avec Fu­sion Jeu­nesse, un or­ga­nisme sans but lu­cra­tif qui en­cou­rage la prochaine gé­né­ra­tion d’in­no­va­teurs à per­sé­vé­rer dans leurs études, vise à lut­ter contre le dé­cro­chage sco­laire par l’ini­tia­tion à la ro­bo­tique et à la tech­no­lo­gie. Et l’initiative porte ses fruits: plus de 88% des par­ti­ci­pants à FIRST se disent plus mo­ti­vés à réus­sir à l’école et 92% sou­haitent plus fré­quen­ter un col­lège.

Le mo­dèle de Fu­sion Jeu­nesse et de Ro­bo­tique FIRST s’ap­puie sur le dé­ve­lop­pe­ment de pro­grammes pé­da­go­giques uniques, en col­la­bo­ra­tion avec les écoles et les com­mis­sions sco­laires et la par­ti­ci­pa­tion de cen­taines de mentors (étu­diants uni­ver­si­taires, tra­vailleurs de l’in­dus­trie, pro­fes­seurs, etc.). Les jeunes ont be­soin de modèles. C’est jus­te­ment pour te­nir ce rôle que

Toute grande en­tre­prise canadienne ou qué­bé­coise so­cia­le­ment res­pon­sable de­vrait au­jourd’hui avoir un pro­gramme de sou­tien à la re­lève.

les em­ployés de Bom­bar­dier offrent chaque an­née temps et pas­sion à ces mil­liers de jeunes.

Les évé­ne­ments comme le Fes­ti­val de ro­bo­tique sont des le­viers for­mi­dables pour sus­ci­ter des vo­ca­tions. Ils sti­mulent l’es­prit de com­pé­ti­tion et la col­la­bo­ra­tion… des réa­li­tés du monde du tra­vail qu’il est im­por­tant de dé­ve­lop­per. Sur­tout, ils sti­mulent le goût pour l’ap­pren­tis­sage et le jeu, goûts qui, une fois ap­pli­qués au monde de tra­vail, font d’un simple em­ploi une vé­ri­table pas­sion.

Des études montrent l’im­por­tance de l’as­so­cia­tion avec des pairs pour lut­ter contre le dé­cro­chage sco­laire, et l’ému­la­tion res­sen­tie lors de la com­pé­ti­tion de ro­bo­tique FIRST en est l’in­car­na­tion. Par­mi les va­leurs mises en avant pour la com­pé­ti­tion: l’en­traide.

L’en­ga­ge­ment des grandes en­tre­prises d’ici au­près de la re­lève est es­sen­tiel. Il est de leur res­pon­sa­bi­li­té de par­ta­ger leur sa­voir-faire avec les plus jeunes et de leur don­ner les ou­tils pour dé­ve­lop­per leurs pas­sions.

Il est ir­réa­liste de lais­ser l’in­té­gra­li­té de cette res­pon­sa­bi­li­té aux pou­voirs publics et aux or­ga­nismes à but non lu­cra­tif. On le voit au­jourd’hui : la pé­nu­rie de main-d’oeuvre touche tout le monde et la mise en place d’ac­tions pour la per­sé­vé­rance sco­laire est une res­pon­sa­bi­li­té col­lec­tive.

Pierre Beau­doin, pré­sident du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion, Bom­bar­dier Inc. et Ro­bo­tique FIRST Qué­bec

Rose Lynd­say Dau­dier, di­rec­trice gé­né­rale, Fu­sion Jeu­nesse et Ro­bo­tique FIRST Qué­bec Les pro­pos tenus dans cette ru­brique n’en­gagent que leurs au­teurs.

Les per­sonnes sou­hai­tant pu­blier une lettre d’opinion dans la ru­brique Fo­rum sont in­vi­tées à sou­mettre leur texte à

cour­rier­le­saf­[email protected]

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