Mar­chés en ac­tion

– Re­na­to An­zo­vi­no, ges­tion­naire de por­te­feuille chez So­cié­té de ges­tion d’in­ves­tis­se­ment He­ward

Les Affaires - - BILLET SOMMAIRE - Stéphane Rol­land ste­phane.rol­[email protected] C @@ srol­land_­la

Re­na­to An­zo­vi­no : « Ca­na­dian Tire est sous-éva­luée »

STÉPHANE ROL­LAND – Vous cher­chez des en­tre­prises qui aug­mentent ré­gu­liè­re­ment leurs di­vi­dendes et qui ont un pro­fil de crois­sance à un prix rai­son­nable. Quelle so­cié­té trou­vez-vous at­trayante en ce mo­ment? RE­NA­TO AN­ZO­VI­NO – Je pense que Ca­na­dian Tire (CTC-A, 139,29$) est une en­tre­prise sous-éva­luée. Il y a de l’in­quié­tude au su­jet du Ca­na­da et du consom­ma­teur ca­na­dien, ce qui fait en sorte que l’ar­gent ne se di­rige pas vers ce titre. Ça pren­dra un peu de temps, mais le mar­ché va se rendre compte qu’il s’agit d’une en­tre­prise de qua­li­té. Plu­sieurs ca­ta­ly­seurs pour­raient contri­buer à l’ap­pré­cia­tion du titre. Le dé­taillant gé­nère d’im­por­tants flux de tré­so­re­rie; il aug­mente ré­gu­liè­re­ment son di­vi­dende et ra­chète des ac­tions. Les aug­men­ta­tions du di­vi­dende sont une marque de confiance de la di­rec­tion. L’ac­qui­si­tion d’Hel­ly Han­sen de­vrait com­men­cer à porter ses fruits. Elle leur pro­cure d’ailleurs une pla­te­forme pour vendre à l’in­ter­na­tio­nal. La va­leur du por­te­feuille im­mo­bi­lier est éga­le­ment sous-es­ti­mée et cette va­leur pour­rait être li­bé­rée si l’im­mo­bi­lier est sé­pa­ré de l’en­tre­prise. En fait, si on sé­pa­rait l’im­mo­bi­lier, le com­merce de dé­tail et les ser­vices fi­nan­ciers, l’en­tre­prise vau­drait beau­coup plus.

S.R – Ca­na­dian Tire reste un dé­taillant dis­cré­tion­naire. On parle de plus en plus de la possibilit­é qu’il y ait une ré­ces­sion. N’est-ce pas un risque pour l’en­tre­prise?

R.A. – C’est vrai que ce se­rait né­ga­tif si nous tom­bions en ré­ces­sion, mais ce n’est pas ce que nous pré­voyons. La crois­sance éco­no­mique est lente, mais ça ne va pas si mal. Les in­ves­tis­seurs étran­gers évitent le Ca­na­da en rai­son des dif­fi­cul­tés du sec­teur éner­gé­tique et des dé­bats en­tou­rant la construc­tion de pi­pe­lines. Nous pen­sons que ça fi­ni­ra par dé­blo­quer. Nous étions in­quiets que les taux d’in­té­rêt aug­mentent trop ra­pi­de­ment, mais cette in­quié­tude s’est main­te­nant dis­si­pée. Aus­si, le mar­ché de l’em­ploi s’en tire bien. De plus, nous avons une des meilleures po­li­tiques d’im­mi­gra­tion du monde tan­dis que nous re­cru­tons des im­mi­grants dé­jà qua­li­fiés, qui sont en me­sure de tra­vailler et de contri­buer à l’éco­no­mie.

S.R. – Cer­tains in­ves­tis­seurs craignent le risque lié au por­te­feuille de prêts des Ser­vices fi­nan­ciers Ca­na­dian Tire. Com­ment éva­luez-vous ce risque?

R.A. – C’est vrai qu’il s’agit d’un risque si nous tom­bons en ré­ces­sion. Comme je vous ai men­tion­né, ce n’est pas ce que nous an­ti­ci­pons. Ces craintes font tou­te­fois en sorte que la va­leur de la di­vi­sion n’est pas re­flé­tée dans la va­leur du titre. La di­rec­tion a d’ailleurs des stra­té­gies pour mi­ti­ger les risques, comme la vente des prêts à des tiers. Dans le pas­sé, ils ont fait un tra­vail ex­cep­tion­nel dans la ges­tion de cette di­vi­sion. Nous la voyons donc bien plus comme un point po­si­tif que né­ga­tif.

S.R. – La concur­rence d’Ama­zon re­pré­sente un risque pour presque tous les dé­taillants. De Re­na­to An­zo­vi­no a plus d’une ving­taine d’an­nées d’ex­pé­rience dans l’in­dus­trie. Il est éga­le­ment un membre ac­tif de la So­cié­té des ana­lystes fi­nan­ciers, à Mon­tréal. So­cié­té de ges­tion d’in­ves­tis­se­ment He­ward gère un ac­tif de 735 mil­lions de dol­lars.

quelle ma­nière ce­la touche-t-il Ca­na­dian Tire? R.A – Les craintes qu’Ama­zon dé­trône Ca­na­dian Tire ne se sont pas ma­té­ria­li­sées. Ca­na­dian Tire est une marque po­pu­laire au Ca­na­da. Elle a mis l’accent sur le dé­ve­lop­pe­ment de ses propres marques. Si vous vou­lez leurs pro­duits pour al­ler cam­per ou vous ache­ter un BBQ , vous ne pou­vez pas trou­ver la même marque ailleurs. Elle dé­ve­loppe aus­si sa stra­té­gie en ligne, qui pour­rait éven­tuel­le­ment porter ses fruits.

S.R. – En en­tre­vue il y a quelques an­nées, vous nous aviez dé­jà par­lé de votre op­ti­miste pour Ca­na­dian Western Bank (CWB,$). Un peu plus tôt, vous nous par­liez de votre es­poir que le sec­teur éner­gé­tique ca­na­dien prenne du mieux. Ce­la vous ren­drait-il plus op­ti­miste pour cette banque ré­gio­nale de l’Ouest?

R.A – Oui, c’est une autre en­tre­prise qui est sur notre écran ra­dar. Nous avons aug­men­té un peu notre po­si­tion der­niè­re­ment. Il y a plu­sieurs en­tre­prises en Al­ber­ta qui sont sous-éva­luées, et si les choses s’amé­liorent un peu, ça pour­rait être très po­si­tif pour Ca­na­dian Western Bank. Comme nous le men­tion­nions, il y a une in­quié­tude am­biante qui flotte sur l’éco­no­mie canadienne et, plus par­ti­cu­liè­re­ment, sur le sec­teur éner­gé­tique dans l’Ouest, et nous pen­sons que les choses vont s’amé­lio­rer. Il faut men­tion­ner que la banque a beau­coup d’ac­ti­vi­tés à l’ex­té­rieur de l’Al­ber­ta et qu’elle conti­nue de dé­voi­ler de bons ré­sul­tats. Quand les gens vont avoir plus confiance dans le sec­teur éner­gé­tique, ça pour­rait être plus fa­vo­rable.

S.R. – Nous avons par­lé de ce que vous ai­mez. Main­te­nant, quel sec­teur évi­tez-vous?

R.A. – Nous n’avons pas d’ac­tions dans le sec­teur du can­na­bis. Nous le re­gar­dons quand même avec at­ten­tion. Quand les en­tre­prises com­men­ce­ront à être ren­tables, nous y pen­se­rons de ma­nière plus sé­rieuse. Leurs mo­dèles d’en­tre­prises ne sont pas ren­dus à un point où nous se­rions à l’aise d’y in­ves­tir. Si ja­mais la si­tua­tion chan­geait, nous pour­rions y in­ves­tir un jour. Ce­la dit, le dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur est une autre bonne nou­velle pour l’éco­no­mie, car les en­tre­prises doivent in­ves­tir dans l’équi­pe­ment.

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