Zé­ro dé­chet : même les épi­ce­ries em­barquent

Les Affaires - - INDUSTRIE DE L’EMBALLAGE - Clau­dine Hé­bert re­dac­tion­le­saf­[email protected]

De­puis dé­jà 2006 que les épi­ce­ries en­cou­ragent les consom­ma­teurs à uti­li­ser leurs sacs réuti­li­sables pour trans­por­ter leurs achats à la mai­son. Voi­là qu’elles les in­vitent main­te­nant à ap­por­ter leur conte­nant.

De­puis le 22 avril, les épi­ce­ries Me­tro ac­ceptent les conte­nants des clients pour les achats de pain, de viande, de char­cu­te­rie, de fro­mage, de pois­son et de fruits de mer, de sa­lades et autres ali­ments ven­dus dans ses comp­toirs de ser­vices. Com­bien l’ont uti­li­sé jus­qu’ici? « Le concept de­meure, pour l’ins­tant, mar­gi­nal », se contente de ré­pondre Ge­ne­viève Gré­goire, chef des com­mu­ni­ca­tions chez Me­tro.

La porte-pa­role de l’en­tre­prise tient à pré­ci­ser que les conte­nants en verre sont re­fu­sés. Même chose pour les conte­nants de plas­tique qui af­fichent le code-barre d’un autre pro­duit (pot de mar­ga­rine, par exemple). Le conte­nant ne doit pas non plus avoir été abî­mé par la cha­leur d’un ali­ment, du four mi­cro-ondes ou du lave-vais­selle.

Cette ini­tia­tive, dit-elle, s’ins­crit dans la nou­velle po­li­tique de ges­tion des em­bal­lages et des im­pri­més de Me­tro, la pre­mière du genre au Qué­bec dans le sec­teur ali­men­taire. L’en­tre­prise compte no­tam­ment ré­duire le nombre de sacs d’em­plettes de plas­tique à usage unique de 50% dans les en­seignes d’ali­men­ta­tion et de phar­ma­cie de Me­tro d’ici la fin 2023. Elle veut éga­le­ment di­mi­nuer de 10% le poids to­tal du pa­pier uti­li­sé dans les cir­cu­laires d’en­seignes d’ali­men­ta­tion et de phar­ma­cie de Me­tro d’ici la fin de 2022.

Sans en être of­fi­ciel­le­ment par­mi les si­gna­taires, l’en­tre­prise adopte cer­taines me­sures pro­po­sées par l’en­ga­ge­ment mon­dial de la Fon­da­tion El­len MacAr­thur. D’ici 2025, tous les em­bal­lages des pro­duits d’ali­men­ta­tion de marques pri­vées se­ront ain­si en­tiè­re­ment re­cy­clables ou com­pos­tables. L’en­tre­prise veut aus­si aug­men­ter à 45% la part des ma­té­riaux post­con­som­ma­tion dans ses em­bal­lages de marques pri­vées. « On sou­haite éli­mi­ner, ou à tout le moins li­mi­ter tout em­bal­lage dont les ma­tières n’au­ront pas de dé­bou­chés dans une éco­no­mie cir­cu­laire. »

Me­tro, ajoute-t-elle, compte aus­si im­pli­quer ses four­nis­seurs de marques na­tio­nales dans son mou­ve­ment. « Nous pour­rions éven­tuel­le­ment, dans nos ma­ga­sins, pri­vi­lé­gier les marques qui se dis­tinguent par des em­bal­lages éco­res­pon­sables », sou­lève Mme Gré­goire.

Moins de conte­nants, moins de dé­chets

Com­bien coûte ce vi­rage à Me­tro? Mo­tus et bouche cou­sue, la chaîne d’épi­ce­rie re­fuse pour le mo­ment de dé­voi­ler les mon­tants liés à cette nou­velle po­li­tique. En fait, ré­pond la porte-pa­role de Me­tro, c’est da­van­tage une prise de po­si­tion qu’un exer­cice fi­nan­cier ou éco­no­mique qu’ef­fec­tue ac­tuel­le­ment Me­tro.

Cer­tains or­ga­nismes ont tou­te­fois dé­jà com­men­cé à cal­cu­ler l’im­pact du conte­nant réuti­li­sable. Le Cir­cuit Zé­ro Dé­chet a pro­cé­dé à une étude mai­son au­près de trois bou­tiques (l’épi­ce­rie bio Les 3 Fou­gères, à Jo­liette, l’épi­ce­rie éco­lo­gique VracÉ­co, à Mont-Lau­rier, et la bou­tique de pro­duits de beau­té Vert Es­sen­tiel, à Vau­dreuil-Do­rion). L’exer­cice a per­mis d’éva­luer à près de 135000 le nombre de conte­nants qui ont pu être évi­tés pen­dant un an. « Ce chiffre est consi­dé­rable quand on sait que la ma­jo­ri­té des conte­nants se re­trouvent dans un bac à re­cy­clage ou dans un site d’en­fouis­se­ment. Non seu­le­ment les en­tre­prises éco­no­misent sur les frais d’em­bal­lage, mais les mu­ni­ci­pa­li­tés sortent éga­le­ment ga­gnantes de ce pro­ces­sus en ré­dui­sant leur coût de ton­nage de ma­tières à re­cy­cler ou à en­fouir », ex­plique Cin­dy Trot­tier, fon­da­trice et ges­tion­naire du Cir­cuit Zé­ro Dé­chet au Qué­bec. Créé en 2017, le Cir­cuit compte au­jourd’hui plus de 300 en­tre­prises si­tuées un peu par­tout au Qué­bec. Près d’une di­zaine de mu­ni­ci­pa­li­tés fi­gurent par­mi les par­te­naires de ce cir­cuit.

Mme Trot­tier tient à sou­li­gner que seu­le­ment une tren­taine de ces bou­tiques sont réel­le­ment 100% zé­ro dé­chet. La grande ma­jo­ri­té, dit-elle, offre en par­tie des op­tions zé­ro dé­chet pour ac­com­mo­der les clients qui le de­mandent. « L’ob­jec­tif de ce cir­cuit, in­siste-t-elle, est d’éli­mi­ner les bar­rières pour toutes ces en­tre­prises qui veulent oser le zé­ro dé­chet, mais sans avoir à l’im­po­ser à l’en­semble de leurs consom­ma­teurs. » À ce pro­pos, Mme Trot­tier in­vite les épi­ce­ries qui ac­ceptent les conte­nants de leurs clients à se joindre au cir­cuit.

Outre les épi­ciers Me­tro, IGA pro­pose éga­le­ment une for­mule « ap­por­tez vos conte­nants » de­puis le 29 avril, dans un cadre tou

« Non seu­le­ment les en­tre­prises éco­no­misent sur les frais d’em­bal­lage, mais les mu­ni­ci­pa­li­tés sortent éga­le­ment ga­gnantes de ce pro­ces­sus en ré­dui­sant leur coût de ton­nage de ma­tières à re­cy­cler ou à en­fouir. » – Cin­dy Trot­tier, fon­da­trice et ges­tion­naire du Cir­cuit Zé­ro Dé­chet au Qué­bec

te­fois dans un cadre plus li­mi­té. Pour le mo­ment, seu­le­ment une dou­zaine d’éta­blis­se­ments dans les sec­teurs de Sher­brooke, Lon­gueuil, Lé­vis, La­chute et Mon­tréal par­ti­cipent à un pro­jet pi­lote. « Si la for­mule se pré­sente bien, nous pour­rions d’ici quelques mois l’étendre à tous nos ma­ga­sins au Qué­bec », in­dique Anne-Hé­lène La­voie, conseillèr­e prin­ci­pale des com­mu­ni­ca­tions chez So­beys.

Le Cir­cuit Zé­ro Dé­chet, créé en 2017, compte plus de 300 en­tre­prises si­tuées un peu par­tout au Qué­bec. Près d’une di­zaine de mu­ni­ci­pa­li­tés fi­gurent par­mi les par­te­naires de ce cir­cuit.

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