MISE SUR PC OP­TI­MUM

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Chez Lo­blaw, la crois­sance des ventes par épi­ce­rie com­pa­rable laisse en­core à dé­si­rer, mais l’épi­cier dis­pose de plu­sieurs le­viers pour ra­vi­ver sa crois­sance, es­timent la plu­part des fi­nan­ciers.

« Avec Shop­pers, son pro­gramme de fi­dé­li­té PC Op­ti­mum, sa fi­liale ban­caire, ses en­seignes à bas prix et sa marque Choix du pré­sident, son éco­sys­tème lui pro­cure un avan­tage à long terme », af­firme Er­nest Wong, de Bas­kin Wealth Ma­na­ge­ment.

« Son pro­gramme de loyau­té est le plus vaste par­mi les épi­ciers du pays. Pour le mo­ment, sa stra­té­gie nu­mé­rique et de ventes en ligne est aus­si la plus avan­cée », croit aus­si Keith How­lett, de Des­jar­dins Mar­ché des ca­pi­taux.

Lo­blaw est aus­si bien pla­cée pour of­frir la sim­pli­ci­té de la col­lecte en ma­ga­sin des com­mandes en ligne grâce aux 2 400 points de vente par­tout au pays. « Lo­blaw en­tend bien ti­rer avan­tage de son vaste parc im­mo­bi­lier », dit Ste­phen Groff, ges­tion­naire chez Cam­bridge Ges­tion mon­diale d’ac­tifs.

De­puis la fin de 2018, Lo­blaw a ac­cru de 500 à 700 le nombre de ma­ga­sins ca­pables de pré­pa­rer les pa­niers d’épi­ce­rie en moins de deux heures après la com­mande, in­cluant l’op­tion d’ajou­ter des ar­ticles une heure avant la col­lecte.

Lo­blaw re­joint ain­si 75% de la po­pu­la­tion ca­na­dienne. Elle offre la li­vrai­son à do­mi­cile dans 18 mar­chés ci­blés où ha­bitent 65% des Ca­na­diens.

L’ajout de caisses libre-ser­vice dans

1 000 ma­ga­sins a pu li­bé­rer des em­ployés qui ont été ré­af­fec­tés au ser­vice de ré­cu­pé­ra­tion des achats, si bien qu’il faut seu­le­ment cinq mi­nutes aux clients pour re­par­tir avec leurs sacs d’épi­ce­rie.

De­puis peu, Lo­blaw offre aus­si la pos­si­bi­li­té à 92 de ses éta­blis­se­ments en On­ta­rio d’ajou­ter des plats pré­pa­rés à la com­mande en ligne.

À ce­la s’ajoutent des offres et des for­faits de plus en plus per­son­na­li­sés conçus pour les plus loyaux des 18 mil­lions de membres au pro­gramme PC Op­ti­mum com­mun à Shop­pers Drug Mart Phar­ma­prix, ajoute Mi­chael Van Ael­st de TD Va­leurs mo­bi­lières.

Les membres peuvent par exemple ac­cu­mu­ler des points ad­di­tion­nels s’ils achètent en ligne des ali­ments à prix ré­duit qui ap­prochent de la date de pé­remp­tion.

« Ces so­lu­tions exigent peu de ca­pi­tal, dif­fé­ren­cient son ser­vice et amé­liorent le ren­de­ment po­ten­tiel des ventes en ligne », sou­tient Irene Nat­tel, de RBC Mar­chés des Ca­pi­taux

Lo­blaw Me­dia teste aus­si un ser­vice de pu­bli­ci­té mieux ci­blé en fonc­tion des achats. Le client qui s’ins­crit ob­tient des points en vi­sion­nant des pu­bli­ci­tés. PC Fi­nance, pour sa

part, dé­ve­loppe une ap­pli­ca­tion de paie­ment. « Lo­blaw com­mence à pui­ser dans les don­nées pour en ti­rer un avan­tage concur­ren­tiel. L’ana­lyse plus pous­sée fi­dé­lise les clients à faible coût tout en maxi­mi­sant l’ef­fi­ca­ci­té des pro­mo­tions en cir­cu­laire, en ma­ga­sin, en ligne et pour les membres les plus ac­tifs », ex­plique l’ana­lyste de TD. Ces in­ves­tis­se­ments rap­portent peu pour l’ins­tant, in­dique M. Wong, mais ils cultivent la loyau­té des clients.

C’est d’ailleurs ce qui fait dé­chan­ter Jim Dur­ran, de Bar­clays, pour qui les dé­penses de toutes ces ini­tia­tives freinent la crois­sance des bé­né­fices de l’épi­cier.

« Lo­blaw de­vra dé­pen­ser en­core plus en mar­ke­ting pour at­ti­rer plus de clients à PC Express. Il lui se­ra donc dif­fi­cile d’at­teindre la crois­sance pro­mise de 8 % à 10% des pro­fits en 2019 », pré­vient-il. Les di­ri­geants qua­li­fient eux-mêmes ces me­sures de « dé­fen­sives », re­lève Dan Wa­sio­lek, ana­lyste de Mor­ning­tar. Elles visent sur­tout à « pro­té­ger des parts de mar­ché ».

MmeNat­tel pense au contraire que la crois­sance des bé­né­fices peut s’ac­cé­lé­rer à par­tir du deuxième se­mestre puisque le pire de l’ef­fet de la hausse du sa­laire mi­ni­mum et de la ré­duc­tion im­po­sée des prix des mé­di­ca­ments se dis­si­pe­ra.

« Le re­tour de ventes com­pa­rables à la hausse, sans l’ef­fet de l’in­fla­tion, et de meilleures marges de­vraient voir l’éva­lua­tion de son titre se rap­pro­cher gra­duel­le­ment de celle de Me­tro », es­père-t-elle.

Keith How­lett ap­pré­cie sur­tout les flux de tré­so­re­rie « sub­stan­tiels » que gé­nère la so­cié­té. Ces fonds fi­nancent des di­vi­dendes ac­crus (7% au pre­mier tri­mestre) et le ra­chat an­nuel de 1,1 mil­liard de dol­lars de ses ac­tions.

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