Les 4 com­man­de­ments à suivre pour une chaîne d’ap­pro­vi­sion­ne­ment zé­ro dé­chet

Les Affaires - - SPÉCIAL ENVIRONNEM­ENT -

em­bal­lages plus éco­res­pon­sables pour cer­tains ar­ticles, comme les sa­vons li­quides et les net­toyants tout usage ou en­core le tem­peh.

Même son de cloche du cô­té de Mont-Lau­rier, dans les Lau­ren­tides, où Prés­cil­lia Pi­lon a ou­vert la bou­tique VracÉ­co en 2017. « C’est un tra­vail d’édu­ca­tion au­près des four­nis­seurs, note-t-elle. Et ce sont les plus gros qui sont les plus dif­fi­ciles à faire chan­ger [de mé­thode]. »

Cette proxi­mi­té per­met aus­si aux com­mer­çantes de mieux com­prendre les dif­fé­rentes étapes de pro­duc­tion de leur mar­chan­dise et de faire af­faire avec cer­tains four­nis­seurs, même s’ils n’ont pas d’oné­reuses cer­ti­fi­ca­tions bio­lo­giques, par exemple. « On doit éta­blir un lien de confiance avec les pro­duc­teurs ou les im­por­ta­teurs. C’est comme ça qu’on sait que leurs pro­duits ré­pondent à nos cri­tères de qua­li­té », ex­plique Va­lé­rie Si­rois, fon­da­trice de l’épi­ce­rie Ô Bo­kal, à Cham­bly.

Les gros dis­tri­bu­teurs, comme le mont­réa­lais Toot­si Im­pex, sont plus ré­ti­cents à dé­ve­lop­per un nou­veau type de ser­vice de li­vrai­son, par exemple à l’aide de conte­nants consi­gnés, ob­serve la di­rec­trice gé­né­rale de Lo­co.

Pour­quoi te­nir ces pro­duits en stock, donc? « Le client va conti­nuer d’ache­ter des pé­pites de cho­co­lat même si nous n’en of­frons pas, mais ce ne se­ra peut-être pas bio, et ce se­ra sur­em­bal­lé », fait va­loir Mme Lau­rin.

Un com­pro­mis qui per­met aus­si de « li­bé­rer [le client] des struc­tures de prix et des poids im­po­sés » par les épi­ce­ries tra­di­tion­nelles, ré­dui­sant ain­si le gas­pillage ali­men­taire, ajoute Mme Si­rois.

À Mont-Lau­rier, Mme Pi­lon a trou­vé un ré­seau de com­mer­çants qui « at­tendent im­pa­tiem­ment » sa pro­chaine com­mande pour don­ner une deuxième vie aux boîtes et chau­dières qui ne sont pas re­prises par ses four­nis­seurs. « Même le pa­pier bulle qu’on re­çoit est re­fi­lé à quel­qu’un d’autre qui l’uti­lise pour ex­pé­dier des co­lis », af­firme la pro­prié­taire de VracÉ­co.

Son com­merce n’a même pas de bac de pou­belle, les dé­chets gé­né­rés men­suel­le­ment pou­vant en­trer dans un pe­tit sac de cas­so­nade en car­ton. Ce­lui-ci ne peut être re­cy­clé, puis­qu’il est re­cou­vert d’une pel­li­cule de plas­tique.

De son cô­té, Lo­co – qui est main­te­nant car­bo­neutre – re­file ses ali­ments lé­gè­re­ment trop mûrs à un trai­teur qui les trans­forme en plat. Ce dont Ô Bo­kal se charge à l’in­terne en agré­men­tant le me­nu de son ca­fé-bis­tro, ad­ja­cent à l’épi­ce­rie. Le lait fa­ti­gué y de­vient crème ca­ra­mel, et le me­nu du jour évo­lue au gré de son in­ven­taire, ce qui ré­duit gran­de­ment ses pertes sèches.

De­puis quelques an­nées, les four­nis­seurs com­prennent un peu mieux les be­soins des épi­ce­ries zé­ro dé­chet et tra­vaillent eux aus­si à ré­duire l’em­bal­lage de leur mar­chan­dise, « pro­ba­ble­ment parce que la de­mande est crois­sante; donc ils s’adaptent », croit Va­lé­rie Si­rois, fon­da­trice de l’épi­ce­rie Ô Bo­kal, à Cham­bly. Un phé­no­mène dont té­moigne éga­le­ment l’équipe de Lo­co (nos pho­tos).

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