MX Wind­sor, la PME qui ne pou­vait pas gran­dir

Les Affaires - - SPÉCIAL 300 - Matthieu Cha­rest re­dac­tion­le­saf­[email protected]

De­puis la fer­me­ture de l’usine Ge­ne­ral Mo­tors (GM), à Bois­briand, au dé­but des an­nées 2000, le ter­reau éco­no­mique qué­bé­cois s’ap­pa­rente à un vé­ri­table dé­sert pour l’in­dus­trie au­to­mo­bile. Pour­tant, une oa­sis per­siste. MX Wind­sor, en Es­trie, tourne à plein ré­gime afin de four­nir des équi­pe­ments aux plus grands constructe­urs de vé­hi­cules de la pla­nète.

Les 300 em­ployés de MX Wind­sor fa­briquent des bandes d’étan­chéi­tés en ca­ou­tchouc pour les vé­hi­cules au­to­mo­biles à ses deux sites de pro­duc­tion, l’un à Coa­ti­cook et l’autre à Wind­sor. L’en­tre­prise fon­dée il y a une ving­taine d’an­nées se consacre no­tam­ment aux fe­nêtres, aux portes et aux ca­pots des vé­hi­cules. « Il peut il y avoir plus de 3000 pièces en ca­ou­tchouc sur un seul vé­hi­cule, dé­taille son vice-pré­sident et co­pro­prié­taire, Bru­no Du­puis. Nous four­nis­sons des pro­duits à toutes les grandes marques connues: BMW, Toyo­ta, Ford, GM, Ch­rys­ler... »

C’est par l’en­tre­mise de Wa­ter­ville TG, en­tre­prise pour la­quelle

MX Wind­sor agit en tant que sous-trai­tant, que la PME ob­tient ses contrats. « La rai­son est simple : ça leur coûte moins cher de nous en­voyer ces com­mandes, ré­sume M. Du­puis. Les coûts sont moins éle­vés parce que les sa­laires sont moins im­por­tants chez nous. »

Et ça fonc­tionne du feu de Dieu. MX Wind­sor af­fiche un chiffre d’af­faires de 11 mil­lions de dol­lars de­puis une di­zaine d’an­nées, et a em­bau­ché 100 em­ployés sup­plé­men­taires de­puis un an. Même les fa­meuses re­né­go­cia­tions de l’ALÉNA – de­ve­nu de­puis l’Ac­cord

Ca­na­da-États-Unis-Mexique (ACEUM) – n’ont pas af­fec­té la PME es­trienne. « Toutes ces dis­cus­sions-là [au­tour de l’ac­cord] n’ont eu au­cun im­pact sur nous, ex­plique son vice-pré­sident. Nous ven­dons tout à Wa­ter­ville TG, et ce sont eux qui se chargent de l’ex­por­ta­tion. Ce sont plu­tôt les grèves, comme celle chez GM aux États-Unis, qui peuvent faire en sorte que la de­mande pour cer­tains mo­dèles de vé­hi­cules di­mi­nue. »

Son en­jeu prin­ci­pal – et de loin – est le manque de main-d’oeuvre. « Je pour­rais fa­ci­le­ment en­vi­sa­ger une crois­sance pour l’en­tre­prise, mais je ne peux pas prendre de l’ex­pan­sion parce que des em­ployés, c’est très dif­fi­cile à trou­ver, ex­plique M. Du­puis, ré­si­gné. Même si je pou­vais les for­mer, il n’y en a pas, de main-d’oeuvre, il n’y a pas de monde. »

Pro­blèmes de crois­sance

Pas de doute, le manque de tra­vailleurs freine les es­poirs d’ex­pan­sion de la PME. Il y a bien des firmes qui pro­posent leurs ser­vices afin de fa­ci­li­ter les pro­cé­dures d’im­mi­gra­tion pour al­ler trou­ver de la main-d’oeuvre à l’étran­ger, mais ce n’est pas la pa­na­cée. « J’y pense, as­sure M. Du­puis. Mais ce n’est pas non plus évident de faire concor­der la for­ma­tion de plu­sieurs di­zaines de nou­veaux em­ployés avec le dé­mar­rage d’un nou­veau contrat. C’est très ar­du. »

Pour­tant, MX Wind­sor fait de son mieux pour re­cru­ter de nou­veaux em­ployés et les re­te­nir. « Nous avons tout de même un bon noyau de tra­vailleurs, des gens qui sont avec nous de­puis 15 ou 20 ans », af­firme le co­pro­prié­taire. Ceux-ci sont es­sen­tiel­le­ment des ré­si­dents de la ré­gion. « Nos gens viennent de Rich­mond, de Wind­sor, d’As­bes­tos, de Saint-Fran­çois-Xa­vier-deB­romp­ton, et quelques-uns de Sher­brooke », énu­mère-t-il.

Aux deux sites de pro­duc­tion, les em­ployés per­çoivent une ré­mu­né­ra­tion sup­plé­men­taire s’ils dé­passent les ob­jec­tifs de pro­duc­tion – le nombre de mor­ceaux fa­bri­qués, par exemple. Ce­pen­dant, l’em­ployeur a beau of­frir des mas­sages sur chaise, des dî­ners men­suels lorsque les ob­jec­tifs de l’en­tre­prise – con­cer­nant soit la qua­li­té, la li­vrai­son ou le taux de pré­sence – sont at­teints, in­ves­tir dans des causes lo­cales, comme le sou­tien aux fa­milles d’en­fants han­di­ca­pés, no­tam­ment pour le Centre de ré­pit Théo Val­lières et la Fon­da­tion du Centre de san­té et de ser­vices so­ciaux (CSSS) du Val-Saint-Fran­çois, le plus ar­du est de re­cru­ter. « Je ne pense pas que ce se­rait plus fa­cile dans d’autres ré­gions du Qué­bec, conclut M. Du­puis. Quel que soit le sa­laire ver­sé aux em­ployés. »

Pas de doute, le manque de tra­vailleurs freine les es­poirs d’ex­pan­sion de la PME es­trienne.

MX Wind­sor pos­sède deux sites de pro­duc­tion en Es­trie. Le sous-trai­tant in­dus­triel fa­brique des bandes d’étan­chéi­tés en ca­ou­tchouc pour les voi­tures.

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