Bien­tôt, une nou­velle rente contre le risque de lon­gé­vi­té

Les Affaires - - INVESTIR -

Lors du dé­pôt de son bud­get, au prin­temps der­nier, le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral a an­non­cé qu’il ou­vrait la porte à ce qu’on ap­pelle dans le jar­gon la « rente via­gère dif­fé­rée à un âge avan­cé » (RVDAA). Dé­jà of­ferte aux États-Unis, ce pro­duit per­met de confier à un as­su­reur une somme d’ar­gent en échange d’une rente à vie dont les ver­se­ments ne dé­bu­te­ront que bien plus tard, à un âge dé­ter­mi­né au contrat.

Par exemple, ima­gi­nons qu’une per­sonne paie 50 000 $ au dé­but de la soixan­taine pour re­ce­voir une rente men­suelle de 1 000 $, non in­dexée, dont le ver­se­ment com­men­ce­ra à son 85e an­ni­ver­saire.

Au­cun doute, on parle alors d’une vraie as­su­rance contre le risque de lon­gé­vi­té. Si le re­trai­té meurt avant d’avoir en­cais­sé le pre­mier chèque, il per­drait les 50 000 $. Com­bien d’ar­gent avons-nous dé­pen­sé dans le vide pour pro­té­ger notre mai­son des vols et des in­cen­dies sans tou­cher le moindre dol­lar de dé­dom­ma­ge­ment de la com­pa­gnie d’as­su­rance ? Et en as­su­rance vie tem­po­raire ? C’est un peu le prin­cipe ici. Le contrat pour­rait pré­voir le ver­se­ment d’une par­tie du ca­pi­tal dans le cas d’un dé­cès pré­ma­tu­ré, mais la rente se­rait moins gé­né­reuse.

Les as­su­reurs pour­ront of­frir ce pro­duit à par­tir de l’an­née pro­chaine. Pour l’ins­tant, elles offrent seule­ment des rentes via­gères dont la pres­ta­tion dé­bute im­mé­dia­te­ment après l’achat du pro­duit. No­tons que la RVDAA ne pour­ra être ac­quise qu’avec des sommes pro­ve­nant d’un REER ou d’un FERR. La rente est donc im­po­sable.

Nous igno­rons comment se­ra ta­ri­fé ce pro­duit, mais nous avons sup­po­sé, comme si haut, que 50 000 $ pour­raient don­ner droit à une rente men­suelle de 1 000 $ une ving­taine d’an­nées plus tard. Bien qu’hy­po­thé­tiques, ces chiffres sont tout à fait plau­sibles.

Da­niel La­ver­dière, pla­ni­fi­ca­teur fi­nan­cier, ac­tuaire et di­rec­teur chez Banque Na­tio­nale Ges­tion pri­vée 1859, a concoc­té un scé­na­rio dans le­quel notre lec­trice Do­mi­nique, en plus de re­pous­ser au maxi­mum le mo­ment où elle tou­che­ra les pres­ta­tions du Ré­gime de rentes du Qué­bec et sa pen­sion de la Sé­cu­ri­té de la vieillesse, prend 100 000 $ de son REER au­jourd’hui pour ache­ter une rente dif­fé­rée à 85 ans de 24 000 $ par an­née (2 000 $/mois), sans la pos­si­bi­li­té de ré­cu­pé­rer quoi que ce soit dans le cas d’un dé­cès pré­ma­tu­ré.

Avec son épargne REER am­pu­té de 100 000 $ dès l’an 1 pour ac­qué­rir la RVDAA, son bas de laine baisse ra­pi­de­ment au cours des cinq pre­mières an­nées, sans pour au­tant être épui­sé. Lorsque les ver­se­ments du RRQ et de la SV dé­butent à 70 ans, le rythme au­quel fondent ses ré­serves di­mi­nue dras­ti­que­ment. À 85 ans, lors­qu’elle com­mence à pro­fi­ter de la RVDAA, il lui reste en­core des ré­serves dans son REER. En fait, ce qui se pro­duit alors, c’est que son épargne se sta­bi­lise ; elle n’ar­ri­ve­ra ja­mais au bout de ses res­sources.

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