Les conseils nu­tri­tion de Char­lotte

Est-ce que les pro­bio­tiques aident à perdre du poids ?

Les plaisirs MINCEUR de Caty - - SOMMAIRE - Par Char­lotte Ge­rou­det, nutritionniste, www.nu­tri­tion­que­bec.com Re­cherche et texte Ra­phaële St-laurent Pelletier

On en­tend de plus en plus par­ler des pro­bio­tiques, ces bac­té­ries vi­vantes van­tées pour leurs bien­faits sur la san­té di­ges­tive, no­tam­ment. Mais com­ment agissent-elles et sur­tout, est-il avan­ta­geux d'en consom­mer dans le cadre d'un pro­ces­sus de perte de poids? Notre nutritionniste nous aide à ré­pondre à la ques­tion. Les pro­bio­tiques ré­fèrent à une co­lo­nie de mi­cro-or­ga­nismes qui peuplent l’in­tes­tin. Ce­lui-ci com­prend na­tu­rel­le­ment des mil­liards de bac­té­ries bonnes et mau­vaises. Lorsque la flore mi­cro­bienne est en bonne san­té, le ra­tio entre ces dif­fé­rentes bac­té­ries est nor­ma­le­ment bien équi­li­bré, contri­buant à l’équi­libre de la flore in­tes­ti­nale ain­si qu’au bon fonc­tion­ne­ment du sys­tème di­ges­tif et du sys­tème im­mu­ni­taire. Mais cet équi­libre peut être per­tur­bé par di­vers fac­teurs: la prise de mé­di­ca­ments (comme les an­ti­bio­tiques), les ma­la­dies, l’ali­men­ta­tion, le stress, etc. Un dé­ba­lan­ce­ment de la flore peut af­fec­ter notre ca­pa­ci­té à nous dé­fendre contre les mau­vaises bac­té­ries. C’est ici que les pro­bio­tiques peuvent nous don­ner un coup de pouce: lors­qu’elles sont consom­mées en quan­ti­té suf­fi­sante et sur une base ré­gu­lière, ces bac­té­ries vi­vantes fa­vo­risent la pré­sence de bonnes bac­té­ries, maxi­mi­sant ain­si nos fonc­tions di­ges­tives en équi­li­brant la flore et en la ren­dant plus ré­sis­tante aux mau­vaises bac­té­ries.

Les études ne per­mettent pas en­core d'éta­blir un lien clair entre pro­bio­tiques et perte de poids, mais elles de­meurent tout de même pro­met­teuses. Par­mi elles, on compte une étude pu­bliée dans le Bri­tish Jour­nal of Nu­tri­tion et me­née au­près de 125 hommes et femmes en sur­plus de poids. Les par­ti­ci­pants étaient sou­mis à un ré­gime amai­gris­sant d'une du­rée de douze se­maines: la moi­tié des par­ti­ci­pants de­vait consom­mer chaque jour deux com­pri­més de pro­bio­tiques de la fa­mille des Lac­to­ba­cil­lus rham­no­sus, tan­dis que l'autre moi­tié in­gé­rait un pla­ce­bo. Au terme de cette étude, les femmes ayant pris des pro­bio­tiques avaient per­du en moyenne 4,4 kg ; celles du groupe pla­ce­bo en avaient per­du 2,6 kg. Les cher­cheurs ont aus­si ob­ser­vé une baisse de la pro­duc­tion de lep­tine (une hor­mone qui in­fluence l'ap­pé­tit) ain­si qu'une di­mi­nu­tion des bac­té­ries in­tes­ti­nales liées à l'obé­si­té chez ces su­jets. Au­cune dif­fé­rence n'a été ob­ser­vée entre les groupes mas­cu­lins, mais la rai­son de­meure in­con­nue à ce jour 1.

Re­te­nez que les pro­bio­tiques ne sont pas mi­ra­cu­leux à l’égard de la perte de poids. Bien que des études dé­montrent qu'ils ont un ef­fet no­table sur la flore in­tes­ti­nale, on en sait trop peu sur leur ef­fet sur le poids. On de­vrait sur­tout les uti­li­ser dans une op­tique de pré­ven­tion et s'in­for­mer avant de les consom­mer.

Par ailleurs, comme les pro­bio­tiques contri­buent à la san­té in­tes­ti­nale, on peut conclure que plus un in­tes­tin est sain, meilleurs sont la di­ges­tion, l’éner­gie et le sen­ti­ment de bien-être. Ces fac­teurs sont fa­vo­rables à la perte de poids et à son main­tien. Plus on a d'éner­gie et mieux on se sent dans notre peau, plus il est fa­cile de main­te­nir de saines ha­bi­tudes au quo­ti­dien (pra­tique d'ac­ti­vi­té phy­sique, ali­men­ta­tion saine et va­riée, etc.). Cer­taines souches de bac­té­ries contri­bue­raient aus­si à ré­gu­ler les hor­mones de faim et de sa­tié­té.

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