Fin de L’Échap­pée bleue : Any Tru­chon de­meure se­reine

L'Etoile du Lac - - ACTUALITÉS - Da­niel Mi­gneault

L’aven­ture de l’Échap­pée bleue de Saint-Prime est main­te­nant ter­mi­née. Ce pro­jet, c’était avant tout ce­lui d’Any Tru­chon qui sou­hai­tait faire les choses dif­fé­rem­ment. Plu­sieurs em­bûches se­ront ve­nues frei­ner ses ar­deurs.

Any Tru­chon a consa­cré plu­sieurs an­nées de sa vie à la concré­ti­sa­tion de son rêve. C’est en 2006 que le pro­jet a vé­ri­ta­ble­ment pris son en­vol. Au dé­part, L’Échap­pée bleue de­vait of­frir des gites d’étape pour les usa­gers de la Vé­lo­route des Bleuets.

« L’idée était bonne et je crois qu’elle l’est en­core. Mon but était de créer un ré­seau d’hé­ber­ge­ment al­ter­na­tif pour les usa­gers de la Vé­lo­route des Bleuets. L’Échap­pée bleue s’est éloi­gné de sa mis­sion pre­mière en opé­rant un site à Saint-Prime où il y avait une mul­ti­tude de ser­vices », re­late Any Tru­chon.

Des vices de construc­tion

En 2010, c’était la pre­mière sai­son où le cam­ping, les cha­lets et le gîte d’étape étaient plei­ne­ment en opé­ra­tion. Les ré­sul­tats ont été su­pé­rieurs aux at­tentes, réa­li­sant même des pro­fits pour le sec­teur de l’hé­ber­ge­ment. C’est l’opé­ra­tion du res­tau­rant qui a été plus dif­fi­cile à ren­ta­bi­li­ser.

« On s’était im­po­sé un dé­fi, soit d’ache­ter des pro­duits lo­caux. Ils sont plus chers, donc tu dois vendre plus cher. Mais mon idée était d’ap­pli­quer les prin­cipes du dé­ve­lop­pe­ment du­rable. Le fait qu’il y ait eu plu­sieurs conces­sion­naires pour le res­tau­rant au fil des an­nées n’a sû­re­ment pas ai­dé L’Échap­pée bleue », men­tionne Mme Tru­chon. Ayant tou­jours comme ob­jec­tif d’ap­pli­quer les prin­cipes du dé­ve­lop­pe­ment du­rable, L’Échap­pée bleue a vou­lu uti­li­ser le bois à grande échelle pour son pro­jet. En­core une fois, cette dé­ci­sion noble a ap­por­té son lot de pro­blèmes.

« Il y a eu des dé­pas­se­ments de coûts im­por­tants. Il y a eu des er­reurs dans la concep­tion du res­tau­rant et du gite d’étape. Il a même fal­lu dé­bâ­tir ce qui avait été construit parce que les normes n’avaient pas été res­pec­tées. Je croyais que c’était la res­pon­sa­bi­li­té des pro­fes­sion­nels de s’as­su­rer que tout était fait dans les règles de l’art! », dé­plore Any Tru­chon.

« On a gru­gé notre fonds de rou­le­ment en rai­son de ces dé­pas­se­ments, pour­suit-elle. Nous se­rions pro­ba­ble­ment en­core en opé­ra­tion au­jourd’hui si ce­la ne s’était pas pro­duit. Sur ce point, je de­meure très amère. »

Any Tru­chon es­père que la population de Saint-Prime se ren­dra compte du bi­jou dont elle dis­pose. Les gens doivent dé­ve­lop­per une fier­té en­vers ce site. Mal­gré tout, elle croit qu’il y au­ra un pro­mo­teur qui se­ra en me­sure de re­prendre ces in­fra­struc­tures et de les opé­rer, sou­hai­tonsle, avec suc­cès.

« Le pro­jet de L’Échap­pée bleue a po­sé un pre­mier ja­lon en terme de tou­risme so­cial. Nous avons rem­por­té plu­sieurs prix, même au ni­veau in­ter­na­tio­nal, ce qui prouve le po­ten­tiel de l’idée », conclut-elle.

Pho­to : Da­niel Mi­gneault)

Any Tru­chon.(

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