Un clin d’oeil aux ori­gines no­mades des Pre­mières Na­tions

L'Etoile du Lac - - ACTUALITÉS - HÉ­LÈNE GA­GNON he­lene.ga­gnon@tc.tc

FORCE. Le por­tage est une dis­ci­pline ty­pique de la culture des Pre­mières Na­tions. Cette pra­tique est un clin d’oeil aux ori­gines no­mades des Il­nus qui ins­tal­laient leur camp en été sur les rives du Pe­kua­ka­mi [lac St-jean].

« Une fois l’été ter­mi­né, nos an­cêtres re­tour­naient en fo­rêt avec leur ba­gage sur le dos. Ils re­mon­taient les ri­vières et de­vaient faire du por­tage à quelques re­prises. Au­jourd’hui, notre pra­tique du por­tage fait ré­fé­rence à nos ori­gines no­mades. Uni­que­ment quelques com­mu­nau­tés pra­tiquent cette dis­ci­pline. Pour nous, c’est une ma­nière de faire per­du­rer la tra­di­tion », sou­ligne Jo­na­than Ger­main.

À Ma­sh­teuiatsh, c’est dans le cadre du Grand ras­sem­ble­ment des Pre­mières Na­tions qu’il est pos­sible d’as­sis­ter à des com­pé­ti­tions de por­tage. Le por­tage se dé­cline en quatre ca­té­go­ries. Il y a le tri­ath­lon qui se dé­cline en trois dis­ci­plines.

« C’est l’une des plus grosses com­pé­ti­tions, car elle mo­bi­lise beau­coup de par­ti­ci­pants, mais éga­le­ment un plus large ter­ri­toire. Elle dé­bute sur un par­cours de 500 mètres avec une charge de 100 lb pour les hommes et 50 lb pour la femme, sui­vie d’une étape de ca­not sur le lac et fi­na­le­ment par le por­tage du ca­not des rames et des flottes par la der­nière équipe du re­lais, et ce, jus­qu’à la ligne d’ar­ri­vée », ex­plique M. Ger­main.

Il y a éga­le­ment la com­pé­ti­tion de vi­tesse. L’ob­jec­tif est de fran­chir le plus ra­pi­de­ment pos­sible une dis­tance de 100 mètres avec pour les hommes une charge de 200 lb et de 100 lb pour les femmes.

« Il y a éga­le­ment l’en­du­rance, il ne s’agit pas d’une course, mais d’une marche lente. Les par­ti­ci­pants ont une charge de 300 lb. Cette épreuve cou­ronne le der­nier par­ti­ci­pant tou­jours en ac­tion. La der­nière com­pé­ti­tion est la charge lourde. Elle dé­bute à 600 lb chez les hommes et 400 lb chez les femmes. Le par­cours est une dis­tance de 50 pieds (en­vi­ron 15 mètres). Le pre­mier qui dé­pose la charge dé­cide si elle se­ra aug­men­tée de 100 lb ou de 200 lb. Ain­si à la deuxième étape, on peut se re­trou­ver avec des charges entre 800 et 500 lb. Le vain­queur est le par­ti­ci­pant qui ap­por­te­ra la charge fi­nale le plus loin pos­sible », sou­ligne Jo­na­than Ger­main.

UN ENTRAINEMENT SÉ­RIEUX

Les par­ti­ci­pants à ce type de com­pé­ti­tion sont des ath­lètes, ils s’en­trainent et tentent d’amé­lio­rer leur tech­nique.

« Il est dif­fi­cile de s’ima­gi­ner à quel point les charges sont lourdes. J’aime bien dire pour ima­ger qu’une fois en ac­tion, avec la charge sur le dos, on res­sent toutes les pe­tites roches sous la se­melle de nos chaus­sures. Cette dis­ci­pline fait tra­vailler des muscles qui ne sont pas sou­vent sol­li­ci­tés, soit le cou et le dos. Il est im­pos­sible de par­ti­ci­per à une com­pé­ti­tion si on n’est pas en­trai­né. Quelques par­ti­ci­pants par­ti­cipent à des com­pé­ti­tions d’hommes forts. De mon cô­té, je m’en­traine à l’an­née afin de gar­der la forme et par­ti­ci­per à notre évé­ne­ment à Ma­sh­teuiatsh », sou­ligne Jo­na­than Ger­main.

Ce der­nier suit les traces de son père, qui a par­ti­ci­pé à plu­sieurs com­pé­ti­tions de por­tage. Quand Jo­na­than parle du por­tage, on res­sent sa fier­té de pour­suivre cette tra­di­tion fa­mi­liale.

« J’ai vu mon père en com­pé­ti­tion et j’ai tel­le­ment en­ten­du de belles his­toires sur les com­pé­ti­tions qu’il a par­ti­ci­pé. C’est dans cette li­gnée que je me suis en­ga­gé dans cette dis­ci­pline. Mon père était spé­cia­liste en en­du­rance et j’ai mi­sé sur cet as­pect. Par contre, cette dis­ci­pline s’épuise ac­tuel­le­ment. Je tente de trou­ver une re­lève dans la com­mu­nau­té et je suis dis­po­nible pour les ac­com­pa­gner, mais ce n’est pas fa­cile », ex­plique M. Ger­main.

Ayant at­teint ses ob­jec­tifs dans la dis­ci­pline de l’en­du­rance, Jo­na­than Ger­main mise ac­tuel­le­ment sur la charge lourde. Ce­lui-ci a comme ob­jec­tif per­son­nel de dé­cro­cher lors d’une même com­pé­ti­tion, une pre­mière place dans la dis­ci­pline de l’en­du­rance, mais éga­le­ment de la charge lourde. Pour cette an­née, Jo­na­than Ger­main ne pren­dra pas part aux com­pé­ti­tions de por­tage dans le cadre du Grand Ras­sem­ble­ment des Pre­mières Na­tions.

Le tri­ath­lon se dé­rou­le­ra le sa­me­di soir sur le site du Grand ras­sem­ble­ment et le di­manche, c’est à l’aré­na que les gens peuvent as­sis­ter aux épreuves de vi­tesse, d’en­du­rance et de charge lourde.

« L’évé­ne­ment est ou­vert à tous, c’est im­pres­sion­nant de voir les ath­lètes en ac­tion. C’est l’une des par­ti­cu­la­ri­tés de notre culture et le grand ras­sem­ble­ment nous per­met de la par­ta­ger avec les tou­ristes et nos voi­sins », conclut Jo­na­than Ger­main.

(Photo gra­cieu­se­té Pierre Gill) (Photo TC Me­dia – Hé­lène Ga­gnon)

Jo­na­than Ger­main pour­suit une tra­di­tion fa­mi­liale. Les ath­lètes re­poussent leurs li­mites.

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