Li­ber­té d’ex­pres­sion et sa­voir vivre

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

La se­maine der­nière, —ÉDI­TO­RIAL

Wal­mart an­non­çait qu’il met­tait fin à son pro­gramme d’em­bauche pour per­sonnes ayant une dé­fi­cience in­tel­lec­tuelle ou at­teintes d’un trouble du spectre de l’au­tisme. Dé­jà que je n’étais pas une grande fan de cette mul­ti­na­tio­nale, je suis main­te­nant désa­bu­sée face à leur com­por­te­ment de ci­toyen cor­po­ra­tif. Mais je suis en­core plus ou­trée par les com­men­taires hai­neux émis par cer­tains im­bé­ciles dan­ge­reux der­rière leur écran. De la haine pure et gra­tuite face à ces gens dif­fé­rents. Dans la fou­lée du tol­lé sou­le­vé par le com­men­taire hai­neux et in­ap­pro­prié re­çu par Charles La­for­tune sur les ré­seaux so­ciaux, je me per­met de par­ta­ger avec vous le com­men­taire d’un ami, Etienne Da­no. Un com­men­taire qui ral­lie plu­sieurs d’entres-vous et j’en pro­fite pour vous in­vi­ter à lire en page 5, cette his­toire po­si­tive par Sté­pha­nie La­croix sur la ri­chesse de ces gens dif­fé­rents en en­tre­prise. Oui, oui, mon « in­sé­cure », tu réus­sis à bles­ser, oui, oui, tu at­teins sou­vent la cible… mais hon­nê­te­ment, qu’est-ce que t’en re­tires? T’es en­vieux, mon vieux? T’es ja­loux, mon loup?

Sais-tu quoi mon « ve­ni­meux », moi aus­si je suis ja­loux de la car­rière de Charles La­for­tune, mais au lieu de l’en­voyer chier, je le re­garde al­ler, je prends des notes, je m’ins­pire de son tra­vail et je ma­ga­sine dans les bou­tiques où y’achète ses ja­ckets de cuir!

Un peu de cou­leur et de lé­gè­re­té dans ta vie mon « eux » cre­vé, ça ne peut pas te faire de tort. Ajoute donc des Lu­cky Charms dans l’ome­lette bru­nâtre de ton âme. Pis si tu veux, je te laisse toutes les gui­mauves roses, ce sont les meilleures… pis NON, con­trai­re­ment à ce que tu peux pen­ser, c’est pas « fif » ai­mer le rose.

Oui, t’es dans un pays libre, t’as le droit de t’ex­pri­mer, t’as le droit de dire que t’es pas d’ac­cord, oui t’as le droit… mais dans le res­pect, ça aus­si t’as le droit. Si tu com­mences par t’ai­mer, tu vas peu­têtre fi­nir par moins haïr.

Si t’in­sistes pour don­ner ton opi­nion. Si tu veux exer­cer ton droit, fais-le dans le res­pect et SIGNE! Mettre une pho­to d’un tigre pis t’in­ven­ter un nom comme « Cha­cal Vaire » pour in­sul­ter gra­tui­te­ment les gens, ça c’est le sum­mum de la lâ­che­té. C’est aus­si ré­pu­gnant que de ki­cker un chi­hua­hua aveugle qui boite dans une pis­cine un soir d’orage élec­trique. Que ton opi­nion soit po­si­tive ou bour­rée de fautes, s’il te plaît, au mi­ni­mum, SIGNE!

Pour­quoi je prends de mon temps pour écrire ces mots? Parce que moi aus­si, j’ai fait des er­reurs et j’ai ap­pris. Mais sur­tout, parce que moi aus­si, j’ai été vic­time et que j’es­saie d’en ti­rer du po­si­tif. Pas fa­cile, mais j’es­saie. Je lis du Pau­lo Coeh­lo!

Plu­sieurs di­ront que de leur ré­pondre, c’est de leur don­ner rai­son, de leur don­ner ce qu’ils veulent. Je com­prends, mais de fer­mer sa yeule, ça veut aus­si dire d’ar­rê­ter la dé­non­cia­tion, la sen­si­bi­li­sa­tion. Que tu t’en prennes à Da­ny Tur­cotte, à Charles La­for­tune ou à toutes autres per­son­na­li­tés connues… c’est bles­sant, c’est lâche, mais je ne crois pas que ça va em­pê­cher Charles de conti­nuer d’ani­mer l’émis­sion de té­lé­vi­sion la plus po­pu­laire au Qué­bec. Tou­te­fois, y’existe des per­sonnes à la ca­ra­pace fra­gile, voire in­exis­tante… je pense entre autres aux ado­les­cents, aux en­fants, etc… C’est sur­tout pour eux, en toute hu­mi­li­té, que je vou­lais dé­ver­ser mon fiel sur tous ces eux… brouillés. » ETIENNE DA­NO

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