Les par­ties im­pli­quées ne né­go­cient plus

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

La grève dans le trans­port sco­laire qui vient d’être dé­clen­chée en est une d’une du­rée illi­mi­tée, se­lon le syn­di­cat. Les piètres condi­tions

de ces tra­vailleurs contri­buent à ag­gra­ver la pé­nu­rie de main-d’oeuvre

dans cette in­dus­trie.

Dès le dé­but —TRANS­PORT SCO­LAIRE de l’avant-mi­di du 23 avril, les tra­vailleurs de la com­pa­gnie Lu­cien Bis­son­nette étaient tous pré­sents et dé­fi­laient de­vant les bu­reaux de l’en­tre­prise, pan­cartes à la main, sous les en­cou­ra­ge­ments des au­to­mo­bi­listes qui fai­saient hur­ler leur klaxon. Et le tout s’est pour­sui­vi en après-mi­di.

« Nous n’avons rien à perdre, nos condi­tions sont dé­plo­rables », de dé­cla­rer l’un des gré­vistes.

« Au­cune né­go­cia­tion n’est pré­vue à court terme. Les né­go­cia­tions sont rom­pues et le conflit ne se­ra cer­tai­ne­ment pas ré­glé de­main », men­tionne Sté­phane La­croix, porte-pa­role du syn­di­cat des Team­sters.

UN CONFLIT QUI POUR­RAIT DU­RER Lorsque la Com­mis­sion sco­laire des Trois-Lacs donne l’illu­sion que la grève ne du­re­ra pas lors­qu’elle s’adresse aux pa­rents en af­fir­mant que « le ser­vice de trans­port sco­laire des cir­cuits de ce trans­por­teur (Lu­cien Bis­son­nette) se­ra donc sus­pen­du pour toute la jour­née le lun­di 23 avril » et qu’elle ajoute que « dès que nous au­rons l’in­for­ma­tion, nous vous tien­drons in­for­més à sa­voir si la grève se pour­suit au-de­là de lun­di, elle se veut par trop op­ti­miste et a l’heur d’éton­ner Sté­phane La­croix.

Se­lon le syn­di­cat, elle risque de se pour­suivre bien au-de­là. « Nous sommes bien loin d’une en­tente, très loin même », de dire Sté­phane La­croix, peu op­ti­miste de voir un rè­gle­ment ra­pide dans ce conflit.

Des ren­contres de der­nières chances, ain­si que la pré­sen­ta­tion d’offres pa­tro­nales aux quelque 50 tra­vailleurs oeu­vrant pour l’en­tre­prise, n’ont pas per­mis de dé­nouer l’im­passe, le wee­kend der­nier.

Soixante-dix-huit pour cent des membres de la Sec­tion lo­cale 106 des Team­sters chez Au­to­bus Lu­cien Bis­son­nette qui étaient pré­sents à l’as­sem­blée ont vo­té contre les der­nières pro­po­si­tions pa­tro­nales. QUES­TION DE SA­LAIRES

Une fois de plus, ce sont les sa­laires qui sont au centre du li­tige entre les par­ties. Rap­pe­lons que les sa­la­riés oeu­vrant dans le trans­port sco­laire gagnent entre 20 000 $ et 25 000 $ par an­née. Le contrat de tra­vail au­rait dû per­mettre un cer­tain rat­tra­page, ne se­rait-ce qu’en ce qui a trait à l’In­dice des prix à la consom­ma­tion. De fait, ces piètres condi­tions contri­buent à ag­gra­ver la pé­nu­rie de main-d’oeuvre dans cette in­dus­trie.

Les com­mis­sions sco­laires des TroisLacs à Vau­dreuil-Do­rion et Les­ter B. Pear­son à Dor­val sont tou­chées par cet ar­rêt de tra­vail. En­vi­ron 4000 élèves se­ront pri­vés de trans­port sco­laire. On se rap­pel­le­ra que les membres du syn­di­cat des Team­sters avaient don­né une der­nière chance aux né­go­cia­tions en re­pous­sant la grève de deux se­maines. Se­lon les Team­sters, ils étaient donc dans l’obli­ga­tion de dé­clen­cher une grève gé­né­rale illi­mi­tée puisque les pour­par­lers sont dans une im­passe.

LES ÉCOLES TOU­JOURS OU­VERTES La com­mis­sion sco­laire a te­nu à pré­ci­ser que, pen­dant la du­rée du conflit, les écoles de­meu­re­ront ou­vertes et les cours se dé­rou­le­ront se­lon l’ho­raire ré­gu­lier. Con­sé­quem­ment, les pa­rents sont ap­pe­lés à trou­ver d’autres moyens de trans­port pour re­con­duire leurs en­fants à l’école.

Quant au conflit en tant que tel, la com­mis­sion sco­laire se dit bien im­puis­sante. « Cette si­tua­tion est hors de notre contrôle. Il s’agit d’un four­nis­seur de trans­port sco­laire. On ne peut que consta­ter la si­tua­tion et, en ce qui nous concerne, nous n’avons pas eu de com­men­taires à l’ef­fet que des né­go­cia­tions n’ont pas lieu, in­dique Co­lette Frap­pier du Ser­vice du se­cré­ta­riat gé­né­ral et des com­mu­ni­ca­tions de la Com­mis­sion sco­laire des Trois-Lacs. Nous al­lons in­for­mer les gens sur une base quo­ti­dienne, mais pour l’ins­tant, nous sommes dans l’in­cer­ti­tude », de pour­suivre Co­lette Frap­pier.

Compte te­nu de la pos­si­bi­li­té d’un acha­lan­dage ac­cru aux abords de l’école, la com­mis­sion sco­laire de­mande aux pa­rents d’être vi­gi­lants afin d’as­su­rer la sé­cu­ri­té des élèves.

« C’est sûr que c’est em­bê­tant pour les pa­rents et les grands-pa­rents et ils ne sont pas con­tents », lance Fran­cine St-De­nis, pré­si­dente de la com­mis­sion sco­laire. Cette der­nière s’est fait un de­voir d’être sur le ter­rain en cette pre­mière jour­née de grève. « Tous ont bien col­la­bo­ré. Le per­son­nel des écoles s’est re­trous­sé les manches pour s’as­su­rer que tout se passe bien, que la cir­cu­la­tion soit bien gé­rée. Il y avait éga­le­ment une sur­veillance po­li­cière aux abords des écoles afin d’as­su­rer la sé­cu­ri­té de tous », a consta­té la pré­si­dente qui se dit contente que les équipes-écoles se soient aus­si ef­fi­ca­ce­ment mo­bi­li­sées.

Plu­sieurs pa­rents com­prennent tou­te­fois la si­tua­tion des chauf­feurs. « Je com­prends leur dé­bat, mais ce n’est pas évident de de­voir se li­bé­rer du tra­vail pour al­ler cher­cher nos en­fants. C’est loin d’être la ma­jo­ri­té des pa­rents qui ont un ho­raire flexible. Une fois de temps à autre ça peut pas­ser, mais le fait que ce soit une grève illi­mi­tée, c’est as­sez in­quié­tant et dé­sta­bi­li­sant. Il me semble que le fait que nos taxes sco­laires soient tou­jours aug­men­tées chaque an­née, les chauf­feurs d’au­to­bus sco­laires de­vraient avoir de meilleures conven­tions col­lec­tives », croit Ma­rie-An­drée Sé­guin, un pa­rent.

Tous ne par­tagent pas cette opi­nion, mais plu­sieurs pas­sants ont en­cou­ra­gé les gré­vistes sur la ligne de pi­que­tage.

STÉ­PHANE FOR­TIER

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