Les cols bleus de Vaudreuil-do­rion ma­ni­festent leur mé­con­ten­te­ment

L'Etoile - - ACTUALITÉ - - YVES LARRIVÉE, CONSEILLER SYN­DI­CAL

Il faut sa­voir que fin avril, dé­but mai, les tra­vailleurs avaient vo­té pour 24 heures de grève pou­vant être te­nue par bloc. Il s’agis­sait là d’un pre­mier bloc de trois heures. L’em­ployeur et le syn­di­cat ont conve­nu d’une en­tente de ser­vices es­sen­tiels à main­te­nir du­rant cette grève. Le Tri­bu­nal du tra­vail a éva­lué les ser­vices es­sen­tiels pré­vus et les a dé­cla­rés suf­fi­sants pour que la san­té et la sé­cu­ri­té de la po­pu­la­tion ne soient pas mises en dan­ger.

Pour la du­rée de la grève, donc, des ser­vices es­sen­tiels étaient pré­vus, no­tam­ment en cas de bris du ré­seau d’aque­duc, d’égout ou ad­ve­nant un bris de la chaus­sée.

L’en­tente pré­voyait éga­le­ment que le syn­di­cat four­nis­sait au be­soin des sa­la­riés qua­li­fiés afin d’as­su­rer le bon fonc­tion­ne­ment des vé­hi­cules du ser­vice des in­cen­dies ou autres vé­hi­cules re­quis pour le main­tien des ser­vices es­sen­tiels. Par ailleurs, l’opé­ra­teur-usine pour l’eau po­table était en poste pen­dant la du­rée de la grève et n’était donc pas pré­sent à la ma­ni­fes­ta­tion qui se dé­rou­lait de­vant les bu­reaux de l’hô­tel de ville sur la rue Du­tri­sac. NÉ­GO­CIA­TIONS AR­DUES

Mais quel est donc le li­tige qui op­pose les deux par­tis? « Les né­go­cia­tions ne pro­gressent pas comme on le vou­drait, men­tionne d’en­trée de jeu, Yves Larrivée, conseiller syn­di­cal à la CSN. La conven­tion col­lec­tive est échue de­puis dé­cembre 2017. L’em­ployeur tient à com­par­ti­men­ter la ques­tion de l’em­bauche et le temps sup­plé­men­taire et nous ne sommes pas d’ac­cord. En em­bauche, ha­bi­tuel­le­ment, peu im­porte le sec­teur, un em­ployé peut pos­tu­ler et la prio­ri­té va aux plus an­ciens. Là, la ville veut créer l’an­cien­ne­té par dé­par­te­ment. Même chose pour le temps sup­plé­men­taire. L’an­cien­ne­té en gé­né­ral ne tient plus si la per­sonne n’est pas dans le dé­par­te­ment où se fait le temps sup­plé­men­taire, par exemple la voi­rie », dé­crit Yves Larrivée. Et comme l’em­ployeur semble res­ter sur ses po­si­tions, ce­la rend les né­go­cia­tions plus ar­dues, se­lon lui.

AUTRES MOYENS DE PRES­SION

En plus des blocs de grève, les cols bleus n’uti­lisent pas les uni­formes four­nis par l’em­ployeur et ar­borent plu­tôt des cas­quettes aux cou­leurs du syn­di­cat et des pan­ta­lons de ca­mou­flage.

Y au­ra-t-il un autre bloc de grève? « Il faut d’abord faire une de­mande au Tri­bu­nal du tra­vail, au­tre­ment dit, en­tre­prendre la même dé­marche que pour le bloc de grève du 11 juin », ex­plique Yves Larrivée.

Le 19 juin pro­chain, une autre ronde de né­go­cia­tion doit se dé­rou­ler entre les deux par­tis.

Par ailleurs, lors des trois heures de grève, Yves Larrivée a dé­plo­ré l’at­ti­tude du maire de Vaudreuil-do­rion, le­quel est ve­nu ren­con­trer les em­ployés avec une fa­çon d’agir qu’il a in­ter­pré­té comme étant plu­tôt pro­vo­cante. « Il me semble qu’il au­rait dû adop­ter une at­ti­tude plus di­plo­mate », croit le conseiller syn­di­cal. Pas moins de 80 tra­vailleurs s’étaient réunis

Le lun­di 11 juin, les sa­la­riés cols bleus de Vaudreuil-do­rion, re­pré­sen­tés par le Syn­di­cat ma­nuel des tra­vailleurs et tra­vailleuses de Vaudreuil-do­rion (CSN), ont te­nu trois heures de grève de 11 h à 14 h. « La conven­tion col­lec­tive est échue de­puis dé­cembre 2017. Les né­go­cia­tions ne pro­gressent pas comme on le vou­drait.

» lors de ces trois heures de grèves de­vant les bu­reaux de l’hô­tel de ville, ex­cep­tion faite de ceux qui gar­daient le fort à l’usine de trai­te­ment de l’eau po­table.

Pas moins de 80 tra­vailleurs cols bleus te­naient leurs trois heures de grève de­vant les bu­reaux de l’hô­tel de ville de Vaudreuil-do­rion. PHO­TO GUILLAUME DE CHANTAL

La ma­ni­fes­ta­tion du 11 juin s’avère un pre­mier bloc de 3 heures sur les 24 heures vo­tées. PHO­TO GUILLAUME DE CHANTAL

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