Les chauf­feurs de taxi sont tou­jours à risque

L'Etoile - - ACTUALITÉ -

On parle sou­vent de ceux qui pra­tiquent des mé­tiers à risque comme les po­li­ciers, les pom­piers, mais ce­lui de chauf­feur de taxi com­porte aus­si ses risques.

Da­niel Fi­lion est pro­prié­taire d’une flotte de taxis et de li­mou­sines et couvre le sec­teur Saint-la­za­re­hud­son. Il a 14 chauf­feurs à son ser­vice et est lui-même chauf­feur. Au cours des der­nières se­maines, il a été aux prises avec un client qui vou­lait le payer avec un faux billet de 50 $, et un autre qui, au lieu de payer sa course, ou­vrait la por­tière, une fois ar­ri­vé à des­ti­na­tion et fi­lait à toutes jambes sans payer. Et ce n’était pas la pre­mière fois que cet in­di­vi­du fai­sait le même coup à d’autres chauf­feurs et il s’ad­joint sou­vent des com­plices. « Il y a des clients qui sont ci­blés in­dé­si­rables et il m’est ar­ri­vé d’en bar­rer », avoue Da­niel Fi­lion.

L’an­cien pro­prié­taire de l’en­tre­prise ache­tée par Da­niel Fi­lion a vu l’un de ses chauf­feurs se faire sé­vè­re­ment ta­bas­ser par un client. « Les dan­gers sont tou­jours là. On est sus­cep­tible de se faire agres­ser et ce­la se pro­duit trop sou­vent et pour une somme de 50 $ ou 60 $. C’est mal­heu­reux, mais il y en a des agres­sions », dé­plore-t-il. Du même souffle, il ad­met que le ter­ri­toire Saint-la­zare/hud­son ren­ferme une belle clien­tèle. « Mais il fait tou­jours être sur ses gardes, être tou­jours vi­gi­lant. Avec l’ex­pé­rience, tu peux jau­ger les gens qui em­barquent dans ton taxi, dé­tec­ter quel genre d’in­di­vi­dus à qui tu as af­faire. Tu ne peux pas les em­pê­cher de mon­ter, mais tu les sur­veilles beau­coup plus. Et en ce qui me concerne, il est rare que je me trompe. »

Mais il y a tou­jours la po­lice? « J’en ai rap­por­té des choses, mais faire une plainte, en fin de compte, c’est une grosse perte de temps. Ils vont s’oc­cu­per de ta plainte si tu es in­sis­tant et en­core », ré­vèle Da­niel Fi­lion à qui il est ar­ri­vé sou­vent de faire les sor­ties de bar. Pas fa­cile non plus de con­vaincre quel­qu’un qui est en état d’ébrié­té de se lais­ser conduire.

SYS­TÈME DE PRO­TEC­TION

Da­niel Fi­lion a mis au point un sys­tème de pro­tec­tion en­core plus ef­fi­cace que tous les autres sys­tèmes que l’on peut ima­gi­ner.

Bien sûr, les taxis sont do­tés de ca­mé­ras et d’un sys­tème qui peut en­re­gis­trer les conver­sa­tions. Mais Da­niel Fi­lion croit que le bou­clier d’ondes so­nores haute pres­sion (BOSHP) pré­sente un ef­fet en­core plus dis­sua­sif. Rien qu’à en su­bir les ef­fets ne se­rait-ce qu’une seule se­conde, on ne peut guère en dou­ter. Les oreilles bour­donnent pen­dant un cer­tain temps et on peut même dé­ve­lop­per un mal de tête. On parle quand même d’un son al­lant jus­qu’à 133 dé­ci­bels « Le sys­tème, qui peut être in­té­gré à la voi­ture taxi, va dé­sta­bi­li­ser les mal­frats, juste à lui faire en­tendre la fré­quence. Ils changent com­plè­te­ment de com­por­te­ment et ce­la ré­duit leurs ar­deurs, ex­plique-t-il. Heu­reu­se­ment, je n’ai pas en­core eu l’oc­ca­sion de m’en ser­vir », ad­met ce­lui qui peut aus­si bien ap­pli­quer ce sys­tème pour les in­tro­duc­tions à do­mi­cile que pour le contrôle des foules lors d’émeutes. Ce sys­tème peut en coû­ter 850 $ pour l’ins­tal­ler sur une voi­ture.

STÉ­PHANE FORTIER

JOUR­NA­LISTE

Da­niel Fi­lion et son sys­tème de bou­clier d’ondes so­nores haute pres­sion. PHO­TO STÉ­PHANE FORTIER

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