Le dan­ger des che­mins de fer est sou­vent sous-es­ti­mé, se­lon un po­li­cier du CN

Il es­time que trop de gens les ba­na­lisent

L'Express Montcalm - - ACTUALITÉ - GE­NE­VIÈVE GEOF­FROY

Mouh­cine Ay­nouche, 27 ans, est l’un des 90 po­li­ciers pour le che­min de fer Ca­na­dien Na­tio­nal (CN). Il fait ce tra­vail de­puis trois ans. Son rôle, en grande par­tie, consti­tue à faire de la pré­ven­tion au­près de la po­pu­la­tion quant aux dan­gers des che­mins de fer et des com­por­te­ments adé­quats à adop­ter.

PLUS CONSCIENCE

D’ailleurs, au cours de ses an­nées de ser­vice, il a pu consta­ter, lors de ses nom­breuses pa­trouilles et in­ter­ven­tions le long des rails, que trop de gens ba­na­lisent les dan­gers liés aux che­mins de fer.

Avec ses 48 000 km de rails, le ré­seau de che­mins de fer au Canada est l’un plus vaste au monde. Les ci­toyens co­ha­bitent avec ce ré­seau de­puis plus d’un siècle, ce qui peut, se­lon lui, avoir une in­ci­dence sur la per­cep­tion du dan­ger que re­pré­sente ce moyen de trans­port.

Tous les ans au Canada, au moins 100 per­sonnes sont bles­sées et tuées parce qu’elles s’aven­turent sur les pro­prié­tés fer­ro­viaires ou à la suite d’ac­ci­dents à des pas­sages à ni­veau, in­dique Trans­port Canada.

« Les gens n’en ont plus conscience. Par exemple, ceux qui vivent dans un en­droit où il y a un che­min de fer après un cer­tain mo­ment, viennent à l’ou­blier », avance le po­li­cier.

Il donne pour exemple que trop de gens tiennent pour ac­quis, à tort, qu’ils connaissent les heures de pas­sage des trains, par exemple.

« Or, un train, ça n’a ni de di­rec­tion, ni d’heure », pré­vient-il.

IN­TRUS EN HAUSSE

Pour Mouh­cine Ay­nouche, cette ba­na­li­sa­tion du dan­ger des che­mins de fer peut me­ner à l’adop­tion de com­por­te­ments à risque, comme l’in­tru­sion, c’est-à-dire se trou­ver sans ex­cuse lé­gi­time dans l’em­prise d’un l’un d’eux, un geste pou­vant va­loir une amende de 149 $.

« On prend un rac­cour­ci, on cueille des fleurs près des rails, on fait des pho­tos, on fait une pro­me­nade, puis c’est là qu’est le dan­ger », donne-t-il pour exemple.

L’AU­TO­ROUTE DES TRAINS

Pour le po­li­cier, tra­ver­ser ou se trou­ver car­ré­ment sur un che­min de fer outre qu’à un en­droit au­to­ri­sé, c’est l’équi­valent de se trou­ver en plein coeur d’une au­to­route.

« Le che­min de fer, c’est l’au­to­route des trains. On n’ira cer­tai­ne­ment pas cir­cu­ler sur la rue Beau­dry, à Jo­liette, ou bien sur l’au­to­route 40. Alors, le ma­tin, est-ce qu’on va se dire qu’on va al­ler faire son jog­ging sur l’au­to­route ? C’est in­sen­sé », sou­lève-t-il.

SEN­SI­BI­LI­SA­TION

En 2016, se­lon un rap­port du Bu­reau de la sé­cu­ri­té des trans­ports du Canada, 47 in­trus ont per­du la vie au cours d’ac­ci­dents fer­ro­viaires, une hausse par rap­port aux 30 pertes de vie en 2015 et à la moyenne de 38 des cinq der­nières an­nées. Les ac­ci­dents liés à des in­trus concernent prin­ci­pa­le­ment des pié­tons, se­lon le rap­port.

Mouh­cine Ay­nouche in­dique d’ailleurs que les in­tru­sions font ré­gu­liè­re­ment par­tie de son tra­vail.

« Il y en a beau­coup, mal­heu­reu­se­ment, com­mente-t-il. Et par rap­port à ça, une grosse

PRÉ­VEN­TION. Parce qu’ils oc­cupent le pays de­puis si long­temps, plu­sieurs per­sonnes en viennent à ou­blier ou à sous-es­ti­mer les dan­gers des che­mins de fer, se­lon un po­li­cier du CN qui es­time que cette ba­na­li­sa­tion est sou­vent à la source de com­por­te­ments dan­ge­reux pou­vant me­ner à de graves bles­sures et par­fois même, à la mort.

par­tie de notre tra­vail, c’est l’édu­ca­tion, la pré­ven­tion et la sen­si­bi­li­sa­tion. Notre but, c’est de prio­ri­ser le dia­logue et de pas­ser un mes­sage clair pour que la per­sonne ait une prise de conscience quant au dan­ger de son ac­tion. »

(Photo L'ex­press Mont­calm – Ge­ne­viève Geof­froy)

Mouh­cine Ay­nouche est po­li­cier pour le Ca­na­dien Na­tio­nal (CN) de­puis trois ans.

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