Deux soeurs réa­lisent le sou­hait de tra­vailler en­semble

Mal­gré un han­di­cap de non-voyance

L'Express Montcalm - - ACTUALITÉS - SA­RAH ELI­SA­BETH AU­BRY

EN­TRE­PRE­NEU­RIAT. Il y a trois ans, Lau­ra et Clau­dia Ni­grel­li se lan­çaient en af­faire. Grâce à l’aide de sa soeur, Clau­dia, non-voyante, a su s’in­té­grer au sein de son équipe et at­teindre ses ob­jec­tifs de tra­vail; une belle fier­té pour les deux soeurs qui ont main­te­nant la chance de cô­toyer le même en­vi­ron­ne­ment et de par­ta­ger leur ex­pé­rience.

Après son congé de ma­ter­ni­té, Lau­ra n’avait pas en tête de re­tour­ner tra­vailler. Ayant tou­ché au mi­lieu de la pu­bli­ci­té, cette der­nière cher­chait un em­ploi plus sti­mu­lant cor­res­pon­dant à ses at­tentes. À la tête de sa propre com­pa­gnie de gâ­teaux, Pic­co­li, une de ses clientes lui parle po­si­ti­ve­ment de l’en­tre­prise Ar­bonne.

N’étant pas per­sua­dée de vou­loir s’in­ves­tir dans une en­tre­prise de vente di­recte, Lau­ra as­siste à une pre­mière ren­contre qui l’a laisse dans le doute. « Mais j’ai com­pris qu’il s’agis­sait d’un tra­vail et non d’un hob­by », sou­ligne-t-elle.

C’est en tes­tant quelques pro­duits que le dé­clic se fait pour elle. Elle re­marque ra­pi­de­ment les ré­sul­tats de ces der­niers et dé­cide de se lan­cer. « Le fait d’es­sayer les pro­duits seule chez soi en­lève de la pres­sion que nous pou­vons res­sen­tir de­vant la per­sonne qui veut nous les vendre, comme à la phar­ma­cie », re­lève-t-elle.

DES VA­LEURS D’EN­TRAIDE

Ce qui l’a sé­duit dès le dé­part sont les va­leurs liées à la com­pa­gnie; Ar­bonne cor­res­pon­dait à sa vi­sion. « Nous ne sommes pas lais­sés à nous-même. Nous nous en­trai­dons; le sen­ti­ment d’équipe et d’ap­par­te­nance est bien pré­sent. Il n’y a pas de com­pé­ti­tion, au contraire, nous nous ai­dons pour nous rendre plus loin. »

Chaque per­sonne s’in­ves­tis­sant dans la com­pa­gnie a l’op­por­tu­ni­té de se fixer des buts dif­fé­rents se­lon sa réa­li­té. Lau­ra, elle, a comme sou­hait de s’in­ves­tir da­van­tage dans la com­mu­nau­té et contri­buer à des fon­da­tions, elle fait dé­jà du bé­né­vo­lat pour Femme d’ac­tion La­nau­dière.

L’en­tre­pre­neur confie avoir lu beau­coup sur le su­jet de la crois­sance per­son­nelle et pour­suit cette ini­tia­tive. « La lec­ture me per­met de ga­gner de la confiance en moi et me pousse en de­hors de ma zone de confort. » À son avis, il ne faut pas com­men­cer à dou­ter et il faut se lan­cer pour réus­sir.

SOLIDIFIER L’ÉQUIPE

À la re­cherche d’un em­ploi, la soeur de Lau­ra, qui est non­voyante a pu mettre à contri­bu­tion son ex­per­tise mal­gré sa si­tua­tion d’han­di­cap. Pour être ca­pable de re­con­naître les pro­duits, Clau­dia uti­lise une ma­chine pour non-voyant per­met­tant de scan­ner l’item avec un code barre et en­tend le nom du pro­duit à l’aide d’un ap­pa­reil. Au jour le jour, elle uti­lise le trans­port adap­té, s’or­ga­nise pour trans­por­ter son ma­té­riel dans un seul sac et ef­fec­tue ses com­mandes par té­lé­phone pour ses clients.

« Ç’a été de l’or­ga­ni­sa­tion, mais nous avons réus­si. Ça per­met à l’équipe d’être plus à l’écoute et d’avoir plus de com­pas­sion. Pour ma part, j’ai tou­jours vou­lu tra­vaillé avec ma soeur », sou­tient Lau­ra.

Ce tra­vail a ame­né Clau­dia à par­ta­ger son his­toire et à réa­li­ser un de ses rêves, ce­lui d’être confé­ren­cière. « Le fait de se lan­cer dans cette com­pa­gnie lui a ap­por­té plus qu’elle ne l’au­rait pen­sé », constate Lau­ra.

(Pho­to gra­cieu­se­té - Lau­ra Ni­grel­li)

Lau­ra Ni­grel­li sou­ligne qu’elle a tou­jours vou­lu tra­vailler avec sa soeur.

(Pho­to gra­cieu­se­té - Lau­ra Ni­grel­li)

Mal­gré son han­di­cap de non-voyance, Clau­dia Ni­grel­li (à droite) à réus­sit à faire sa place dans le do­maine de l’en­tre­pre­na­riat. Elle tra­vaille pour la même com­pa­gnie que sa soeur, Lau­ra, de­puis trois ans.

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