Ser­vices de san­té en fran­çais : plus de pou­voir aux fran­co­phones

L'Express Ottawa - - ACTUALITÉS - Par Kris­ti­na Bra­zeau

Après 15 mois d’at­tente, les 600 000 fran­co­phones de l’On­ta­rio pour­ront en­fin par­ti­ci­per da­van­tage à la pla­ni­fi­ca­tion et à l’in­té­gra­tion des ser­vices de san­té en fran­çais au ni­veau lo­cal alors qu’au moins cinq nou­velles en­ti­tés de pla­ni­fi­ca­tion de langue fran­çaise se­ront créées à l’échelle de la pro­vince aux termes d’un nou­veau rè­gle­ment pris en ap­pli­ca­tion de la Loi de 2006 sur l’in­té­gra­tion du sys­tème de san­té lo­cal.

Ces en­ti­tés se­ront choi­sies par le mi­nistre de la San­té et des Soins de longue du­rée et col­la­bo­re­ront avec les 14 ré­seaux lo­caux d’in­té­gra­tion des ser­vices de san­té (RLISS) de la pro­vince afin de s’as­su­rer que la pla­ni­fi­ca­tion lo­cale des soins de san­té tienne compte des col­lec­ti­vi­tés fran­co­phones.

La mi­nistre de la San­té, Deb Mat­thews, en a fait l’an­nonce la se­maine der­nière à l’Hô­pi­tal Éli­sa­beth Bruyère en com­pa­gnie de la mi­nistre dé­lé­guée aux Af­faires fran­co­phones, Ma­de­leine Meilleur.

«Ça fai­sait long­temps que c’était at­ten­du par la com­mu­nau­té fran­co­phone et c’est un grand jour au­jourd’hui pour eux, parce qu’en­fin les fran­co­phones pour­ront dé­ci­der des soins de san­té dont ils ont be­soin. Le but est d’amé­lio­rer la san­té des fran­co­phones», a in­di­qué Mme Meilleur.

Le nou­veau rè­gle­ment est en vi­gueur dès main­te­nant et les en­ti­tés se­ront mises en place d’ici les six pro­chains mois. Ces en­ti­tés de­vront faire des re­com­man­da­tions au RLISS qui de­vra par la suite rendre compte à la mi­nistre Mat­thews des re­com­man­da­tions qui leur ont été faites et de ce qui a été mis en oeuvre.

Les conseils que les en­ti­tés four­ni­ront aux RLISS por­te­ront sur les mé­thodes pour faire par­ti­ci­per la com­mu­nau­té fran­co­phone dans la ré­gion, les be­soins et les prio­ri­tés en ma­tière de san­té de la com­mu­nau­té lo­cale, l’iden­ti­fi­ca­tion des ser­vices de san­té pour les fran­co­phones et des four­nis­seurs dé­jà pré­sents dans la col­lec­ti­vi­té et sur l’amé­lio­ra­tion de l’ac­cès aux ser­vices en san­té en fran­çais et à leur in­té­gra­tion dans la ré­gion.

La mise en place de ce rè­gle­ment est le fruit des re­com­man­da­tions du rap­port spé­cial sur la san­té du com­mis­saire aux ser­vices en fran­çais, Fran­çois Boi­leau.

«Je me ré­jouis de l’ex­cel­lente nou­velle pour la com­mu­nau­té fran­co­phone, car elle est la mieux pla­cée pour connaître ses propres be­soins et prio- ri­tés en ma­tière de ser­vices de san­té en fran­çais. Les en­ti­tés de pla­ni­fi­ca­tion fran­co­phones vont ré­pondre à ce be­soin et mettre fin à une la­cune qui exis­tait de­puis trop long­temps » , a-t-il ex­pli­qué.

«Il ne reste qu’à sou­hai­ter qu’on ac­corde les res­sources né­ces­saires aux en­ti­tés en ques­tion afin qu’elles ac­com­plissent plei­ne­ment leur tra­vail. Il fau­drait aus­si qu’un sui­vi ri­gou­reux s’ins­taure au su­jet de la créa­tion d’un poste de haute ges­tion de pla­ni­fi­ca­teur co­or­don­na­teur des ser­vices de san­té en fran­çais au sein d’un RLISS ou de grou­pe­ments de RLISS. Je compte pour­suivre mes dé­marches en ce sens», a ajou­té M. Boi­leau.

Le Com­mis­sa­riat aux ser­vices en fran­çais avait re­çu au-de­là d’une cen­taine de plaintes à l’au­tomne 2008 concer­nant la pu­bli­ca­tion d’un pro­jet de rè­gle­ment sur la san­té.

Ré­ac­tions po­si­tives

Plu­sieurs or­ga­nismes ont si­gni­fié leur ap­pui à ce nou­veau rè­gle­ment à la suite de l’an­nonce de la mi­nistre Mat­thews.

«Nous avons espoir que cette struc­ture se­ra beau­coup plus ef­fi­cace que les co­mi­tés consul­ta­tifs for­més de bé­né­voles que le gou­ver­ne­ment avait d’abord pro­po­sés » , a in­di­qué le pré­sident de l’As­so­cia­tion des en­sei­gnantes et des en­sei­gnants fran­co-on­ta­riens, Be­noit Mer­cier.

En no­vembre 2008, l’AEFO avait for­te­ment dé­non­cé la pro­po­si­tion ini­tiale du gou­ver­ne­ment de confier à des co­mi­tés consul­ta­tifs bé­né­voles la res­pon­sa­bi­li­té de pla­ni­fier les ser­vices de san­té en fran­çais ju­geant le do­maine trop com­plexe et sans res­sources hu­maines et fi­nan­cières spé­ci­fiées.

L’Assemblée de la fran­co­pho­nie de l’On­ta­rio (AFO) es­time éga­le­ment que le rè­gle­ment ré­pond aux in­quié­tudes sou­le­vées de­puis plus de 15 mois par la com­mu­nau­té. L’or­ga­nisme n’était pas lui non plus en fa­veur du pro­jet de rè­gle­ment dé­po­sé en 2008 qui fai­sait abs­trac­tion des or­ga­nismes et ins­ti­tu­tions fran­co­phones, tels que les Ré­seaux de ser­vices de san­té en fran­çais dé­jà en place.

«Do­ré­na­vant, la com­mu­nau­té se­ra im­pli­quée en ma­tière de san­té et au­ra son mot à dire sur les ser­vices re­quis pour com­bler ses propres be­soins dans ce do­maine. Les en­ti­tés se­ront di­rec­te­ment res­pon­sables de la pla­ni­fi­ca­tion, du dé­ve­lop­pe­ment et de l’éva­lua­tion des ser­vices de san­té en fran­çais en On­ta­rio», a in­di­qué la pré­si­dente de l’AFO, Ma­riette Car­rier-Fra­ser.

Photo : Kris­ti­na Bra­zeau

La mi­nistre de la San­té, Deb Mat­thews, a fait l’an­nonce la se­maine der­nière à l’Hô­pi­tal Éli­sa­beth Bruyère.

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