La pas­sion des timbres

L'Express Ottawa - - VIE COMMUNAUTAIRE - Par Kris­ti­na Bra­zeau

Beau­coup plus qu’une simple his­toire de timbres, la philatélie est une pas­sion qui été trans­mise à Hen­ri Mas­son par son père. Membre du Club de philatélie d’Ottawa, il of­frait une confé­rence sur ce p a s s e - temps la se­maine der­nière, au Mu­séo­parc Va­nier.

M. Mas­son re­gorge d’his­toires en­tou­rant cha­cun de ses timbres et sait trans­mettre sa pas­sion. Pour lui, sa pas­sion ne re­pose pas sur les bé­né­fices mo­né­taires qu’il peut en re­ti­rer. C’est pour lui un passe-temps comme pour d’autres qui col­lec­tionnent les cartes d’ho­ckey, par exemple.

Par­mi ses nom­breux timbres – il en pos­sède en­vi­ron 10 000 – M. Mas­son compte le pre­mier timbre au monde qui ne re­pré­sen­tait pas un mo­narque ou la royau­té, soit nul autre que l’em­blème na­tio­nal, le cas­tor, qui a per­mis d’ou­vrir le Ca­na­da.

Alors que la plu­part des timbres ne valent pra­ti­que­ment rien, ce qui fait leur va­leur est la ra­re­té et non l’an­cien­ne­té, se­lon M. Mas­son.

À titre d’exemple, un timbre de Noël im­pri­mé en 1898 qui re­pré­sente l’em­pire bri­tan­nique a été ven­du 300 000$ en no­vembre der­nier alors qu’un autre re­pré­sen­tant la reine Vic­to­ria s’est en­vo­lé pour la somme de 935 000$ amé­ri­cains dans les an­nées 1980.

«Ce timbre avait été trou­vé par un éco­lier de 12 ans qui l’avait ven­du pour quelques dol­lars, s’ex­clame M. Mas­son. Si vous trou­vez des timbres bi­zarres, il faut les gar­der!», lance-t-il.

Outre la ra­re­té, cer­taines ca­rac­té­ris­tiques comme la per­fo­ra­tion des timbres peuvent faire mon­ter leur va­leur en flèche. Gé­né­ra­le­ment, un timbre est per­fo­ré de 12 points et de­mi par cen­ti­mètre alors que si le timbre est per­fo­ré de 13 points et de­mi, sa va­leur grimpe.

Alors que la plu­part des gens tentent de ré­cu­pé­rer le timbre seule­ment, en le re­ti­rant de l’en­ve­loppe, cer­tains timbres ont plus de va­leur s’ils y de­meurent. Deux timbres en­semble peuvent aus­si va­loir plus cher qu’un seul, par exemple.

Les timbres au ser­vice

de la pro­pa­gande

Fait in­té­res­sant, plu­sieurs pays ou co­lo­nies se sont dis­pu­té des ter­ri­toires par les timbres. En ef­fet, M. Mas­son pos­sède des timbres de plu­sieurs na­tions dif­fé­rentes re­pré­sen­tant le même ter­ri­toire.

Une his­toire sem­blable est aus­si ar­ri­vée lorsque le Ni­ca­ra­gua et le Pa­na­ma se dis­pu­taient l’ob­ten­tion du ca­nal re­liant les océans At­lan­tique et Pa­ci­fique, qui a fi­na­le­ment été construit à Pa­na­ma.

Des timbres d’un vol­can en érup­tion au Ni­ca­ra­gua avaient alors été dis­tri­bués aux po­li­ti­ciens qui ont par la suite vo­té pour le Pa­na­ma, alors qu’en fait, le vol­can était éteint de­puis des mil­lions d’an­nées. L’his­toire ne dit pas si l’ar­tiste qui avait illus­tré le pay­sage a connu des sanc­tions!

Pour M. Mas­son, la philatélie est ap­pe­lée à res­ter pour en­core long­temps et l’ave­nir du timbre n’est pas me­na­cé même à l’ère de l’In­ter­net.

«Il y a beau­coup moins de jeunes qu’ avant qui s’y in­té­ressent. Dans mon groupe, je suis l’un des plus jeunes. Avec les or­di­na­teurs, les jeunes font autre chose au­jourd’hui», croit-t-il.

Ce­lui-ci sou­haite tou­te­fois in­té­res­ser les jeunes à cette pas­sion. «À force de re­gar­der les timbres, on ap­prend des choses du point de vue his­to­rique. C’est bien plus qu’un timbre, c’est ce qui va avec», conclut-il.

Photo : Sté­phane Jo­bin

M. Mas­son est un fervent col­lec­tion­neur de timbres. Il en pos­sède en­vi­ron 10 000.

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