La plus an­cienne ins­ti­tu­tion cultu­relle fran­co­phone d’ot­ta­wa

Ins­ti­tut ca­na­dien-fran­çais d’ot­ta­wa

L'Express Ottawa - - CHRONIQUE - Ben­ja­min Va­chet

L’ex­press pré­sente des chro­niques his­to­riques écrites en col­la­bo­ra­tion avec l’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa, Mi­chel Pré­vost, dans l’es­prit de la pré­pa­ra­tion des États gé­né­raux de la fran­co­pho­nie, afin de tra­cer un por­trait de la fran­co­pho­nie de la ca­pi­tale à tra­vers le temps et les em­preintes qu’elle a lais­sées et laisse en­core dans le pay­sage ot­ta­vien.

Plus an­cienne ins­ti­tu­tion cultu­relle fran­co­phone d’ot­ta­wa, l’ins­ti­tut ca­na­dien­fran­çais d’ot­ta­wa se­rait éga­le­ment le plus an­cien or­ga­nisme fran­co-on­ta­rien en­core pré­sent dans la ré­gion. Il est au­jourd’hui ins­tal­lé au 316, rue Dal­hou­sie.

« Le fon­da­teur de l’ins­ti­tut, Jo­seph-bal­su­ra Tur­geon, est un des per­son­nages les plus mar­quants de l’his­toire des Fran­co­phones, puis­qu’il a été le pre­mier d’entre eux à oc­cu­per le pres­ti­gieux poste de maire », note l’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa, Mi­chel Pré­vost.

Jo­seph-bal­su­ra Tur­geon

Né vers 1810 à Ter­re­bonne, dans le BasCa­na­da, de­ve­nu au­jourd’hui le Qué­bec, Jo­seph-bal­su­ra Tur­geon ar­rive à By­town en 1836 pour pour­suivre une car­rière de for­ge­ron et tra­vailler dans l’in­dus­trie du bois.

En 1848, il dé­cide de se lan­cer en po­li­tique mu­ni­ci­pale. Il oc­cupe à plu­sieurs re­prises le poste de conseiller, avant d’ac­cé­der aux pres­ti­gieuses fonc­tions de maire de By­town, en 1853.

« À l’époque, les man­dats ne du­raient qu’un an, re­marque Mi­chel Pré­vost. Il est in­té­res­sant de no­ter que c’est lui qui pro­pose que By­town ob­tienne le sta­tut de ville et prenne le nom d’ot­ta­wa ».

Son voeu se­ra fi­na­le­ment exau­cé deux ans plus tard. Le vi­sion­naire Tur­geon meurt en 1897, à Hull. Il est en­ter­ré aux cô­tés de tous les pionniers et élites fran­co­phones au ci­me­tière Notre-dame d’ot­ta­wa.

Les dé­buts de l’ins­ti­tut

L’idée de créer un Ins­ti­tut ca­na­dien-fran­çais à Ot­ta­wa naî­tra dans l’es­prit de Jo­seph-bal­su­ra Tur­geon lorsque le Me­cha­nics Ins­ti­tute, pour­tant bi­lingue au dé­part, dé­cide de re­fu­ser l’ac­cès à son ca­bi­net de lec­ture aux membres fran­co­phones.

« Ces der­niers quittent alors l’ins­ti­tut. L’an­née sui­vante, M. Tur­geon et quelques autres per­sonnes sen­sibles au fait fran­co­phone créent le Cercle de lit­té­ra­ture, un club d’hommes ins­pi­ré de la So­cié­té St-jean­Bap­tiste de Mon­tréal », ra­conte M. Pré­vost.

Le but de l’ins­ti­tut est le dé­ve­lop­pe­ment mo­ral, in­tel­lec­tuel et phy­sique de ses membres, alors que la com­mu­nau­té fran­co­phone re­pré­sente le tiers de la ville.

En 1856, l’or­ga­nisme prend le nom d’ins­ti­tut ca­na­dien-fran­çais de la Ci­té d’ot­ta­wa, puis en 1926, il de­vient l’ins­ti­tut ca­na­dien-fran­çais d’ot­ta­wa.

Au fil du temps, l’or­ga­nisme est de­ve­nu très ac­tif avec, entre autres, le Cercle lit­té­raire de la jeu­nesse ca­tho­lique, les soi­rées lit­té­raires du Cercle des fa­milles, le Club des dé­bats et le Cercle dra­ma­tique d’ot­ta­wa.

« L’or­ga­nisme est à l’ori­gine des deux pre­miers jour­naux fran­co­phones de la ville, rap­pelle l’ar­chi­viste en chef de l’uni­ver­si­té d’ot­ta­wa. Le Pro­grès est fon­dé en 1858 et Le Cour­rier d’ot­ta­wa, en 1861. L’ins­ti­tut offre aus­si des confé­rences, des ma­ni­fes­ta­tions cultu­relles de toute sorte, et il met une bi­blio­thèque à la dis­po­si­tion de ses membres. J’ai d’ailleurs eu le pri­vi­lège de don­ner plu­sieurs confé­rences là-bas ».

Le nombre de membres s’ac­croît pro­gres­si­ve­ment pas­sant de 200 per­sonnes en 1894, à 600 membres en 1925. Il at­teint un som­met de quelque 1000 membres en 1983 et ac­tuel­le­ment, il compte en­core plus de 600 ins­crits.

Au­jourd’hui, l’ins­ti­tut ca­na­dien-fran­çais d’ot­ta­wa se veut un or­ga­nisme aux ser­vices des in­té­rêts de la langue et de la culture de l’on­ta­rio fran­çais. En 2012, il cé­lè­bre­ra son 160e an­ni­ver­saire.

« Nous en sa­vons plus sur l’his­toire de l’ins­ti­tut grâce au tra­vail de l’his­to­rien Jean Yves Pel­le­tier que je tiens à re­mer­cier », glisse M. Pré­vost.

M. Pel­le­tier a pu­blié un livre en 2006, in­ti­tu­lé « L’ins­ti­tut ca­na­dien-fran­çais d’ot­ta­wa : 1852-2002 ». Un autre est ac­tuel­le­ment en pré­pa­ra­tion.

Pho­to : Ben­ja­min Va­chet

L’ins­ti­tut ca­na­dien-fran­çais d’ot­ta­wa.

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